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Jibrail

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  1. Fait particulièrement intéressant : dans le cadre de la controverse sur le Levothyrox, l'Association de malades de la thyroïde a financé une étude scientifique sur la composition de la nouvelle formule du Lévothyrox. Un mode d'action relativement inédit et intéressant. Cependant, malgré le fait que 3 millions de patients soient concernés en France, et que plusieurs médecins dont un ancien député les soutiennent, l'association n'a semble-t-il pas réussi à financer une étude au-delà de 15.000€, ce qui reste malheureusement anecdotique. L'association a cependant indiqué grâce à l'étude la présence anormale d'une autre molécule, la dextrothyroxine, sa jumelle symétriquement inversée, qui pourrait jouer un rôle dans les effets indésirables de la nouvelle formule du médicament. L'étude est désormais dans les mains de la justice. Ci-dessous à ce sujet l'article du journal en ligne Les Jours, en accès payant, de l'excellente journaliste Aurore Gorius - et dont je ne peux qu'inviter ceux qui en ont les moyens à s'y abonner. ---------------------- Levothyrox : les malades livrent la bataille de la science « Les Jours » se sont procuré l’étude, financée par des patients, qui pointe des anomalies dans la nouvelle formule. La crise sanitaire autour de la nouvelle formule du Levothyrox n’en finit pas de rebondir. Les associations de malades, loin de déposer les armes face à l’immobilisme du ministère de la Santé, veulent comprendre l’origine des effets indésirables ressentis par des dizaines de milliers de patients depuis plus d’un an. Elles se sont donc lancées dans la bataille scientifique sur la composition des comprimés. La semaine dernière, l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) rendait publics les résultats d’une analyse commandée par ses soins. Pas l’étude elle-même, qu’elle a réservée à la justice, qui instruit plus de 2 000 plaintes. Rien que les résultats, à travers un communiqué en date du 14 juin. Quelles sont les conclusions de cette analyse ? Le principe actif du médicament, la lévothyroxine, serait en quantité adéquate dans l’ancienne formule mais sous-dosé dans la nouvelle. Celle-ci contiendrait également une autre molécule, la dextrothyroxine, autrefois employée pour lutter contre le cholestérol mais désormais écartée des traitements car responsable de nombreux effets secondaires. Des résultats troublants. L’association y voit un potentiel « début d’explication rationnelle » à la crise en cours autour du Levothyrox. Merck et l’Agence du médicament ont rapidement réagi à l’étude commandée par l’AFMT, le laboratoire l’accusant d’être « infondée scientifiquement » En face, la contre-offensive n’a pas tardé. Merck, qui fabrique le Levothyrox, n’a pas manqué de fustiger une étude « infondée scientifiquement ». Le laboratoire a aussi dénoncé l’absence de « présentation exhaustive des résultats ». Même réaction du côté de l’Agence du médicament (ANSM), qui a demandé la nouvelle formule et autorisé sa commercialisation. Les résultats ne sont « ni détaillés, ni accompagnés d’informations sur le laboratoire ou la méthode utilisée », a-t-elle déploré. Ces derniers mois, l’organisme a diligenté plusieurs contrôles qui ont conclu à la conformité de la nouvelle formule. Sur RTL, le 17 juin, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a demandé à recevoir l’étude de l’AFMT afin de pouvoir « comparer avec les études faites en France ». Les Jours ont cherché et se sont procuré la synthèse de cette étude, qui apporte des éclaircissements sur la méthode employée et les résultats. Ironiquement, le document indique que c’est une filiale de Merck, Sigma-Aldrich, qui a fourni la lévothyroxine pure nécessaire à l’étude. Le laboratoire ayant effectué l’analyse, lui, reste secret. « Nous avons eu beaucoup de mal à trouver un labo acceptant notre demande. C’est finalement un laboratoire américain qui l’a réalisée, via un intermédiaire français », explique Chantal L’Hoir, la directrice de l’AFMT. L’étude a porté sur trois boîtes : une de l’ancienne formule et deux de la nouvelle, choisies par l’association parmi celles ayant causé des effets secondaires. L’échantillon est mince. « Pour obtenir des résultats significatifs, il faudrait au moins huit échantillons dans chaque groupe, afin de pouvoir réaliser une analyse statistique. Et il serait bien, aussi, d’avoir un autre groupe de patients prenant la nouvelle formule mais n’ayant pas eu de symptômes », explique William Rostène, ancien président de la commission endocrinologie de l’Inserm. Quant à la présence de dextrothyroxine, ce n’est qu’une hypothèse émise par le laboratoire… Pas une certitude. L’AFMT croit tenir le bon bout. Mais veut rester prudente : « Nous ne prétendons pas avoir trouvé l’explication des effets secondaires. Simplement, les résultats montrent quelque chose de surprenant dans la composition de la nouvelle formule. Cela justifie de déclencher des analyses supplémentaires. Et c’est le rôle de l’ANSM de vérifier ! », estime le docteur Jacques Guillet, conseil scientifique de l’association. L’Agence du médicament ayant opposé une fin de non-recevoir à ces résultats, les espoirs de l’AFMT se portent plutôt vers la juge d’instruction du parquet de Marseille, Annaïck Le Goff, en charge de l’affaire. Sur la foi de l’étude, qui lui a été transmise, décidera-t-elle de diligenter des expertises ? Rien n’est certain car, selon nos informations, elle s’apprête à quitter le parquet de Marseille pour prendre de nouvelles fonctions dès septembre. L’association, elle, manque d’argent pour commander de nouvelles analyses. Selon sa directrice, l’AFMT a dépensé 15 000 euros, via les dons de ses membres, pour financer trois études : 5 000 et 4 000 euros pour les précédentes études sur les nanoparticules et les métaux lourds, dévoilées en mai dernier. « Le reste, c’est le coût de la troisième étude », explique Chantal L’Hoir, soit 6 000 euros. Un nouvel appel aux dons a été lancé pour tenter de reconstituer un trésor de guerre. L’association demande aussi aux malades de lui envoyer les boîtes de Levothyrox nouvelle formule ayant généré des effets secondaires afin de pouvoir procéder à d’autres analyses, le plus vite possible car les comprimés se détériorent avec le temps. L’étude interroge aussi le procédé de fabrication et l’origine des composants de la nouvelle formule, dont la traçabilité n’est pas un modèle de transparence Cette course contre la montre se joue sur fond de questions récurrentes. La présence éventuelle de dextrothyroxine interroge sur le procédé de fabrication de la nouvelle formule. Un document de l’agence britannique du médicament (MHRA), datant de janvier 2013, stipulait déjà qu’un changement de procédé de fabrication pouvait modifier la biodisponibilité de la lévothyroxine – c’est-à-dire la façon dont elle est absorbée par l’organisme. « Beaucoup des problèmes rencontrés depuis un an en France étaient déjà synthétisés dans ce rapport. Il est incroyable que l’ANSM n’en ait pas tenu compte pour organiser le changement de formule il y a un an », estime Gérard Bapt, ancien député et cardiologue, qui conseille l’AFMT. Autre interrogation : d’où viennent les composants ? La question de la sous-traitance hante l’industrie pharmaceutique. Environ 80 % des composants présents dans les médicaments vendus en Europe sont produits en Chine et en Inde. Jusqu’ici, Merck en reste à sa version, la même depuis des mois : la nouvelle formule est fabriquée en Allemagne et les composants viennent d’Europe. Mais la traçabilité de la nouvelle formule n’est pas un modèle de transparence. « Merck nous a laissé entendre qu’il ne produisait aucun composant lui-même et ne faisait qu’assembler le médicament », explique Chantal L’Hoir. Aucun nouveau contrôle n’a été publiquement demandé par les autorités de santé, en dépit de la crise en cours. Laissant les malades se débattre avec leurs questions. En attendant la vérité de la procédure judiciaire en cours, qui s’inscrit dans un temps (très) long, ils continuent de la chercher eux-mêmes.
  2. Jibrail

    Françoise Barré-Sinoussi sur France-Culture

    Effectivement, Robert Redfield était un chercheur au "Walter Reed Army Institute", un centre de recherche médical militaire, et il a cosigné (avec DS Burke) en 1988 une des études les plus importantes concernant la reproductibilité des tests dit VIH et le taux de faux positifs. En effet, il pouvait s'appuyer sur une énorme cohorte de 135.000 jeunes hommes appelés au service militaire américain. Le Perth Group avaient démonter en long et en large la méthodologie et l'interprétation de cette étude dans leur séminal article sur les tests dits VIH de 1993 (Is a positive Western Blot proof of HIV infection?), et on peut regretter une fois encore que David Crowe ne consent pas à les créditer sur son site. Ce que je ne connaissais pas en revanche, et que les articles sur la nomination de Redfield m'ont permis d'apprendre, c'est l'envers "humain" de ce type d'étude : c'est que sous l'impulsion de Redfield et consorts, des millions de militaires américains avaient subi un dépistage obligatoire avec une diffusion des résultats à toute la hiérarchie militaire, et que les 6000 qui ont reçu un résultats positifs ont été parfois virés, emprisonnés, privés de couverture médicale; avec de nombreux suicides ou tentatives. Un traitement d'autant plus cruel que le Perth Group rappelle dans son décorticage l'inconsistance des tests réalisés lors de l'étude (probablement le même type de test pour tous les appelés) : un test Western Blot était déclaré positif avec seulement une bande (Gp41), alors que par exemple, trois bandes sont toujours nécessaires pour un résultat positif en France. A ce titre, on ne peut être que frappé par le fait que l'invention du concept du Sida ait permis à ce type d'individu sinistre de gravir tous les échelons des institutions scientifiques américaines, tout en publiant dans les plus grands journaux scientifiques (l'article cité avait été publié dans le NEJM) : à sa conception totalement fasciste et guerrière de la société (ils voulaient instituer des tests obligatoires généralisés et supprimer leur licence professionnelle si le résultat était positif), sans aucune considération pour les relations sociales et l’interdépendance entre les individus, répond une conception identique à la base du concept de VIH/SIDA : un virus venu d'ailleurs, comme un corps étranger qui vient envahir et tuer invariablement un individu initialement sain - sans aucune considération pour les mécanismes biologiques d'équilibres et d'interactions à l'intérieur du corps et de ses cellules, dont le rôle est pourtant à bien des égards bien plus crucial. Bref le VIH est sans aucun doute aussi trumpiste qu'il était reaganien; mais vous le saviez déjà.
  3. Une nouvelle étude vient hélas confirmer le déclin accéléré des fonctions rénales sous l'effet des multi-thérapies antisida. Le Tenofovir n'est pas le seul médicament impliqué même si son effet négatif est largement souligné. Pendant que Jean-Michel Molina succombe aux charmes bourgeois de la discrétion, les analystes financiers demeurent les vigies les mieux informées et les plus sincères de notre époque. Ainsi les perspectives financières de Gilead sur le TAF (c'est moi qui souligne certains passages) :
  4. Je ne me sens pas suffisamment spécialiste pour me risquer à des conseils particuliers, mais tes remarques sur l'alimentation m'ont remémoré que les régimes de type végan sont connus pour générer des déficits en vitamine B12, qui génèrent des anémies et thrombopénies (déficit de plaquettes) chez ceux qui ne se supplémentent pas. Je ne sais pas si tu suis ce genre de régimes, et cela n'en donne pas l'impression car souvent l'anémie qui survient également génère plutôt de la fatigue, mais en tout cas il faut au minimum veiller à ne pas être en déficit de B12 ce qui demande soit de se supplémenter, soit de consommer un minimum de produits laitiers, d'oeufs ou de viandes animales, afin de ne pas accroître le déficit en plaquettes.
  5. Deux nouveaux patients américains viennent à leur tour de porter plainte contre Gilead pour avoir retardé le développement du Tenefovir Alafenamide (TAF), dont les effets secondaires sur les os et les reins sont supposés plus faibles que sur la version initiale du Tenofovir (TDF) approuvée en 2001. L'un est atteint d'ostéoporose avancée, l'autre d'ostéroporose et d'une rare pathologie des reins. Pour rappel, les premières études qui suggéraient des effets indésirables plus faibles du TAF comparé au TDF date de 2001, et pendant 15 ans, Gilead l'a soigneusement remisé dans son placard pour le ressortir au moment où le brevet du TDF expirait. Pendant ce temps, des millions de patients prenaient la version supposée la plus nocive, tandis que la firme engrangeait des dizaines de milliards de dollars de bénéfices. L'AIDS Healthcare Foundation avait finalement perdu son action en 2016 contre Gilead, le juge du tribunal californien ayant jugé l'affaire ayant sans surprise priorisé le bon fonctionnement du capitalisme : le juge avait ainsi indiqué que "Gilead avait un brevet qui lui donnait un monopole sur les deux versions du Tenofovir et qu'il n'avait aucune obligation d'introduire un produit amélioré à une date plus précoce", et que "n'importe quel concurrent aurait pu battre Gilead sur le marché en proposant un meilleur médicament". A l'époque, un remarquable article du Los Angeles Time avait résumé l'affaire. Outre le fait que les avocats de Gilead ont rappelé très sincèrement que la firme n'avait pas "le devoir de développer, tester, chercher l'approbation et le lancement de ces nouveaux produits dans un calendrier particulier", et que la firme ne s'est pas gênée pour publier en 2014 les résultats d'une étude clinique de 2002 sur le Tenofovir Alafenamide, il est intéressant de constater que Gilead est contesté même par ses plus fidèles relais au sein des patients. Ainsi, le fondateur de POZ, une des principales publications des gays séropositifs américains, est contraint de constater que sa prise du Tenofovir depuis une décennie a mis ses os dans le même état que celui d'une "femme de 85 ans" en raison des complications d'ostéoporose liées au Tenofovir, et qu'il a du subir de la chirurgie (broches, etc...) pour réparer sa cheville fracturée. L'affaire se complique ainsi, et aujourd'hui, POZ rend compte d'une étude critique de chercheurs anglais, pour qui le bénéfice du Tenofovor Alafenamide serait douteux : le bénéfice en terme d'effets secondaires ne serait vraiment significatif que lorsque la molécule est "boostée" en combinaison avec d'autres molécules (Cobicistat ou Norvir notamment), qui augmente sa concentration dans le plasma sanguin (de 20 à 30%), et cela pourrait être dû au fait que dans les études cliniques comparant les deux molécules en version "boostée", la dosage du TAF est significativement moins importante que celle du TDF. Moins de molécule, moins d'effets secondaire, de l'arithmétique élémentaire... Au minimum expliquent les chercheurs, Gilead aurait du cherché à diminuer le dosage du TDF en version "boostée" afin de limiter les effets secondaires tout en conservant son "efficacité antivirale", ce que le laboratoire n'a jamais fait. Comme la plupart du temps, le TDF est actuellement prescrit sans booster (notamment dans sa formule ATRIPLA ou TRUVADA), le bénéfice sanitaire du changement de molécule en terme de réduction d'effets indésirables pourrait au mieux limité, voire nul. Bref, POZ en est à se demander si la stratégie entière de GILEAD n'est pas basée sur une "fausse promesse". Dans un tel brouillard où s'entremêlent les enjeux de santé et les enjeux financiers sur fond de milliards de dollars, on aimerait compter sur nos meilleurs scientifiques pour y voir plus clair, et en particulier le bon docteur Jean-Michel Molina, notre spécialiste hexagonal incontesté du Tenofovir. Mais celui-ci semble avoir définitivement choisi son camp, en multipliant l'encadrement d'essais cliniques liées au TAF pour le compte des firmes pharmaceutiques. Le labo JANSSEN, producteur du Darunavir, lui offre une jolie possibilité, début 2018, d'être le 2ème auteur d'une publication dans LANCET, revue située dans le Top2 des revues médicales, à propos de l'étude d'une combinaison entre Darunavir et TAF. GILEAD lui avait déjà offert cette possibilité pour un essai clinique d'une combinaison incluant le TAF en 2017, mais en tant qu'auteur plus accessoire. Ces deux études font partie de celle critiquées par les chercheurs anglais. On aurait aimé qu'il s'exprime publiquement sur les problèmes moraux, sanitaires et financiers liés au "switch" entre le TDF et le TAF, qu'il passe une bonne partie de sa carrière à évaluer. On aurait aimé qu'il nous convainque, en grand scientifique désintéressé, qu'il est absolument nécessaire de ruiner les sécurités sociales du monde entier (et la française en particulier, qui la rémunère et lui fournit toutes ses opportunités de carrière), pour des motifs vraiment impérieux, en transférant encore quelques dizaines de milliards de dollars dans les années à venir dans les poches de GILEAD. Si quelqu'un l'a entendu ne serait-ce que murmurer à ce sujet, qu'il n'hésite pas à se manifester ici.
  6. Salut Elixandre, La thrombopénie est fréquente dans le contexte "VIH", c'est même régulièrement un des premiers symptômes observés. Pas de panique pour autant, notamment s'il n'y a pas de déficit de lymphocyte ou de neutrophiles, et que le traitement par cortisone marche bien. Par contre, c'est vrai que la question de prendre la tri doit à nouveau sérieusement être posée, car ce type de déficit, sévère, sur plusieurs mois et avec des symptômes (des bleus) bien réels d'après ce que tu nous décrit, n'intervient pas après une alimentation inégale ou un coup de stress. Pour tout un tas de raison, la question de l'existence du supposé VIH mérite toujours d'être posée. Néanmoins, l'intérêt d'approfondir cette question n'apporte pas de réponse à court terme aux problèmes de santé rangés à tort ou à raison sous l'étiquette "VIH", tant qu'on n'a pas de réponse claire sur les mécanismes non-viraux qui les causeraient. La thrombocytopénie associée au "VIH" est selon les scientifiques liée principalement à un mécanisme auto-immune, qui conduirait à la destruction de plaquettes par des anticorps. D'autres y voient un excès de monoxyde d'azote qui inhiberait les plaquettes; d'autres tentant de combiner les deux. Selon d'autres auteurs, le rôle des plaquettes dépasse largement la prévention des hémorragies, et on ne sait plus dire qui de l'oeuf ou de la poule entre les plaquettes et le système immunitaire. Toutes ces questions sont importantes et pourraient d'ailleurs être cohérente avec diverses théories dissidentes, notamment l'excès d'exposition aux agents oxydants azotés. On peut aussi se rappeler que pour les immunologues, la survenue de maladies auto-immunes reste le plus souvent mystérieuse et généralement sans lien avec des infections quelconques, virales ou non (comme la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique ou thyroïdite de Hashimoto...). Mais la question cruciale dans l'immédiat est de savoir si un traitement est nécessaire, et si oui lequel, pour rétablir un bon fonctionnement des plaquettes dans l'organisme.
  7. L'émission "à Voix Nue" de France-Culture propose cette semaine une série de 5 entretiens avec Françoise Barré-Sinoussi, conduite par le journaliste Michel Alberganti. Le principe de l'émission est en général de faire un bilan rétrospectif de la carrière de personnalités reconnues, et ne se prête du coup pas particulièrement à l'entretien critique ou à la remise en cause. A l'écoute des trois premières émissions, au-delà d'éléments factuels parfois intéressants sur son début de carrière et l'organisation de la recherche de l'époque, on est cependant frappé par le conformisme et le manque de recul généralisé de l'entretien, qui déroule sans heurts l'histoire canonisée sur la transcriptase inverse, l'isolation, les tests ou l'AZT, comme si aucune critique dissidente n'avait jamais questionné ses piliers du supposé "VIH", si des recherches mainstream parfois anciennes n'avaient déjà pas sévèrement mis à mal ce puzzle global, et si Luc Montagnier, pour le meilleur et pour le pire, n'avait pas lui-même contribué à essayer à élargir un peu la focale. Cet entretien reste important car la paternité franco-américaine du concept de VIH reste après toutes ses années un élément fondamental à décrypter pour toute vision alternative sur le sida, et qui reste peu analysé en profondeur malgré l'abondance des sources, en raison du conflit scientifique et financier largement médiatisé entre les Américains et les Français. D'un point de vue scientifique, l'importance de la contribution française demeure une énigme car comme le souligne d'ailleurs Françoise Barré-Sinoussi, comme tous les autres acteurs de l'époque, les Américains jouent alors au moins deux ou trois divisions au-dessus compte-tenu de leurs moyens humains, financiers et organisationnels alors sans équivalent. Ce qui me paraît fondamental, et qui est rapidement abordé dans le 3ème entretien sur la "découverte du virus", c'est l'étroitesse du réseau social parisien qui va plancher sur la question, et pour une grande partie constitué de jeunes baby-boomers, soixante-huitards, relativement marginaux dans l'institution médicale : Françoise Barré-Sinoussi, jeune chercheuse à Pasteur au joli parcours mais arrivée par hasard et sans aucun appui familial; Willy Rozenbaum, fils d'émigrés juifs et ex-militant sandiniste, médecin qui accueillera les premiers cas de sida à l'Hôpital Claude-Bernard; Françoise Brun-Vézinet, qui jouera le rôle crucial de faire le pont entre cliniciens et chercheurs, Elisabeth Bouvet, qui travaillait au ministère, et quelques autres, encadrés par une poignée d'aînés gentiment anticonformistes (Montagnier, Leibowitch, Chermann). Tous étaient là au même endroit, chercheurs, cliniciens, ministère, patients, (qu'ils soient homosexuels, hémophiles ou africains francophones), et de la même génération, se connaissaient, se rencontraient, échangeaient.... En face, les américains étaient à des milliers de kilomètres les uns des autres (Gallo à Washington, la CDC à Atlanta, les patients à New-York, San Francisco ou Miami), et étaient déjà sévèrement englués dans des jeux de pouvoir entre institutions, et pour cause : à la différence de Paris, c'était là qu'il y avait du pouvoir, qu'était concentré le pouvoir scientifique réel, les Prix Nobel, l'industrie pharmaceutique, les revues prestigieuses, toutes les structures majeures, etc... Peut-être tout cela a contribué à faire une certaine différence de part et d'autre de l'Atlantique : à Paris, le dynamisme et l'homogénéité de ce collectif faisait qu'ils y croyaient vraiment. Quelque chose comme le transfert de l'élan révolutionnaire du politique vers le scientifique, là où les enjeux de pouvoir dans la science américaine imposait d'autres procédures, d'autres récits, plus âpres, plus cyniques, mais peut-être aussi plus rigoureux. Gallo n'annonce rien, tant qu'il ne craint pas de se faire doubler par Montagnier, puis ensuite sort la grosse artillerie en 1984 pour s'imposer. Tout en ayant toujours le sentiment que cette invention du VIH était une erreur sans précédent, je n'arrive pas malgré tout à me départir d'une certaine tendresse pour cette génération de chercheurs et médecins parisiens, sans doute car ils ont exactement l'âge de mes parents et une dynamique similaire de leur parcours de vie, par nostalgie sans doute de leur côté soixante-huitard disruptif de l'institution de l'époque, qui se sont coltinés les patients alors marginaux et ont impulsé des transformations tellement souhaitables (par rapport à la place des patients, à la mise en place de réseaux de chercheurs et de patients que l'on trouverait sans doute voisin, dans leurs pratiques concrètes, de réseaux politiques ou militants de la même période). Et pourtant, c'est aussi bien là le coeur du problème; comment, malgré toute cette sincérité initiale impossible à remettre en cause, cette compassion réelle vis-à-vis de leurs patients, ce détachement à l'époque par rapport aux enjeux de pouvoir, comment se sont-ils retrouvé à donner naissance au "VIH", à donner massivement de l'AZT à leurs patients et à ne jamais le reconnaître comme erreur fondamentale, y compris quelques décennies plus tard ? Il y a dans ce naufrage, tellement métaphorique de la société française, aujourd'hui parvenue paradoxalement au stade macronien, un aveuglement collectif et persistant qu'il faudrait arriver à dater et nommer, pour pouvoir espérer s'en débarrasser. Après toutes ces années, on ne peut que constater que la force du supposé VIH, c'est qu'il reste bien plus puissant comme concept que comme maladie, et que c'est aussi en partie un leg du Paris post-68. J'écouterai attentivement les deux autres entretiens de Françoise Barré-Sinoussi, jeudi et vendredi, malgré tout sans trop d'espoir que cela puisse contribuer à percer le mystère.
  8. Jibrail

    Mort de Lindsey Nigel

    Jardinier je réponds assez tardivement parce que je ne suis pas forcément très à l'aise dans ces champs conceptuels mais qui m'ont frappé et qu'il me paraissait intéressant de relayer. Pour autant je partage tes inquiétudes concernant l'émergence d'une bio-technocratie. Je souhaitais surtout souligner que finalement on se trouvait dans la question de la mort des dissident-e-s dans un certain terrible "ordinaire" de la répression dont a vu ces dernières années comment il se généralisait à tous les niveaux. Je voudrais ajouter une réflexion concernant les hommes que tu cites ayant pris des positions publiques en faveur de la dissidence. Sans rien nier de leur mérite, il y a un fossé avec la situation des femmes que j'ai cité. En effet ces hommes étaient des militants par choix et séronégatifs. Les femmes dissidentes qui ont subi la répression l'ont subi à la fois en tant que malade et en tant que mère, et étaient militantes pas tellement par choix que par nécessité. C'est radicalement différent et ça explique aussi la sévérité et l'inhumanité de la répression qu'elles ont subi. Et également une imprécision de mon message quand à Christine Maggiore : elle a été accusée d'avoir provoqué la mort de sa fille en refusant de la dépister (et le cas échéant de lui donner un traitement) mais ce n'est que la version de l'orthodoxie (d'après elle sa fille est décédée d'un choc anaphylactique rare mais bien connu à la pénicilline, qui n'a rien a voir avec une éventuelle séropositivité).
  9. Jibrail

    Virus Zika, nouvelle hystérie collective?

    Dans les news du jour, une brève (en anglais) relate les résultats d'une nouvelle étude : un traitement antioxydant permettrait de prévenir la transmission par voie sexuelle d'un modèle animal du supposé virus ZIKA chez la souris, notamment en réduisant les dommages liées à l'inflammation au niveau des testicules et sur les spermatozoïdes. Le traitement permettrait de neutraliser les radicaux libres produits par l'inflammation dans les testicules (même si pas forcément dans les autres organes), et notamment de réduire l'augmentation de production NO (oxyde nitrique) dans le sperme Bon, c'est juste une étude qui demande à être confirmée et approfondie, mais à ce stade et pour les familiers "hardcore" du forum, ce n'est pas inintéressant qu'un traitement antioxydant puisse être susceptible de diminuer la production de NO (ce qui résulte de la pure logique biochimique), mais aussi de prévenir la transmission sexuelle d'un supposé virus infectieux, et ce en dépit de toute action anti-infectieuse directe (l'action antioxydante n'est censée que réduire l'inflammation, qui est indiquée comme conséquence de l'infection, et et pas cibler l'agent infectieux comme cause en tant que telle). Là où c'est encore plus intéressant, c'est quand on regarde d'un peu plus près la molécule en question. Il s'agit de l'EBSELEN, qui aurait été sauvée de l'oubli par des chercheurs de la célèbre université d'Oxford. Ceux-ci auraient fait "les poubelles" en recherchant les molécules qui avaient échoué mais qui avaient déjà franchi des étapes, notamment celle d'une relative innocuité chez les humains. Et sa structure est aussi particulière. Un bloggeur commente ainsi la "bizzarerie" de l'EBSELEN : "Je pense que la plupart des chimistes médicaux regarde la molécule et disent : ce n'est pas un médicament". En cause notamment un atome de sélénium, "qui, on s'imagine, n'est pas du domaine des médicaments", et qui donne son nom à la molécule. Bref, un médicament hors du champ de la recherche pharmaceutique habituelle. Ce sera sans doute pourtant assez peu "bizarre" pour les habitués du forum, qui savent bien que le sélénium est indispensable dans le maintien de la concentration de glutathion intracellulaire et donc dans le maintien de l'équilibre redox des cellules. La structure de la molécule ne surprendra pas davantage ceux qui avaient lu avec attention les messages de Cheminot et qui sauront aussi reconnaître au premier coup d'oeil les deux groupes phényls qui caractérisent la molécules, c'est-à-dire pour reprendre ses termes, deux "cycles aromatiques super sensibles à la nitration", et qui constituent "un des meilleurs pièges à peroxynitrites" qui puissent exister. Sans surprise, de nombreux travaux depuis la fin des années 90 ont montré que l'EBSELEN est un efficace "piège à peroxynitrites", par exemple dans la protection de l'ADN contre les peroxynitrites. Il semblerait néanmoins que l'EBSELEN agisse moins directement que par mimétisme de l'action du glutathion peroxidase, par des mécanismes biochimiques complexes et discutés qui ont donné lieu à des dizaines de publications, et qui permettrait en tout cas de maintenir dans de nombreux contextes in vivo et in vitro l'équilibre redox intracellulaire. Une lecture rapide des articles scientifiques et de leurs résumés laissent penser que l'action antioxydante de ce composé est potentiellement beaucoup plus puissante et efficace que le seul apport de composés antioxydants plus classiques (N-Acétylcsytéines, vitamine C+E, etc...), car il agirait en boostant le mécanisme enzymatique d'oxydo-réduction du glutathion et donc plus directement à la source. Des chercheurs portugais et brésiliens estiment même qu'une molécule encore plus simple, composée de deux atomes de sélénium et deux groupes phényles auraient une efficacité antioxydante encore supérieure à l'EBSELEN, du moins in vitro et contre les peroxynitrites. Cette molécule étudiée depuis... 1984 fait l'objet aujourd'hui d'une étude clinique contre les troubles bipolaires (en remplacement du lithium), pourrait être efficace contre le clostridium difficile, contre les dommages auditifs liés au bruit excessif, et donc peut-être aussi contre le virus Zika. Mais aujourd'hui, elle n'est produite qu'à des fins de recherche et n'est mise sur le marché nulle part. L'avenir dira si cette molécule, ou une de ses analogues, réussite à concrétiser dans la vraie vie ses succès in vitro et sur des modèles animaux. Grâce à l'étroitesse de vue des chercheurs du sida bloqués sur le supposé VIH, aucune recherche ne semble prévue pour les malades du sida dont le déficit en glutathion est pourtant connu depuis au moins 1989, dès que des chercheurs ont cherché à confirmer le premier article d'Eleopulos (du Perth Group) paru l'année précédente sur le rôle de l'oxydation dans le sida. Il n'y a qu'à espérer que par une suite de hasard, et pour en avoir le coeur net, les recherches contre le supposé Zika inspirent celles contre le supposé VIH.
  10. Salut, Concernant le Blastocystis Humanis j'ai trouvé cet article en français très intéressant qui relate également le cas d'un jeune homme qui perd du poids. A voir s'il y a des similitudes avec la situation de ton ami ? L'intensité des effets, assez modérée en général, peut sembler assez variable selon les situations. Tu as indiqué qu'il avait des vers; sur les résultats que tu as publié je n'ai vu que la présence de Blastocystis mis en évidence (c'est un parasite intestinal mais un protozoaire, c'est-à-dire un organisme composé d'une seule cellule, et non un ver en tant que tel qui sont des organismes plus évolués). Je ne suis pas expert en détection des parasites mais comme indiqué sur le test il est indispensable de faire plusieurs examens de selle à intervalles rapprochés. En même temps il y a peu d'éosinophiles (qui souvent sont plus élevés en cas d'infections parasitaires, mais apparemment pas toujours). Il n'avait jamais fait aucune recherche de parasite depuis son retour du Burkina Faso ? Concernant la neutropénie, qui persiste et semble s'être accentuée si on se réfère à son premier test, qui est peut-être lié à l'infection intestinale chronique causée par les Blastocystis (ou d'autres organismes non repérés à ce jour). Il peut y avoir beaucoup d'autres causes cependant, difficile d'en dire plus par internet.
  11. Bonsoir Pirate, Je reconnecte ton dernier message avec les premiers de ta présentation. C'est vrai que je n'avais pas percuté, mais tu indiquais que lors de son séjour en Afrique qu'il avait eu une hygiène assez pauvre, que j'entends comme une hygiène sanitaire (eau notamment) assez pauvre. C'est un facteur qui me semble a priori assez déterminant, pour une raison à la fois simple et complexe, qui tient à la modification du système immunitaire sous l'effet de l'infections par des parasitoses tropicales qui sont très courantes en Afrique subsaharienne. C'est à mon sens bien plus déterminant que des relations sexuelles protégées, en particulier si elles sont hétérosexuelles. Quant aux fellations, elles ne sont jamais protégées ou par un extrême minorité et si elles peuvent transmettre tout un lot de MST assez désagréables, des gonocoques à la syphilis, elles n'ont jamais été sérieusement considérées comme présentant la moindre corrélation avec l'acquisition d'une séropositivité. Parmi les parasitoses tropicales, il y a bien entendu le paludisme et la tuberculose, mais aussi de nombreuses autres infections moins connues au nord, et notamment les infections par les vers (bilharziose, filariose, et tous les helminthes), mais aussi par d'autres agents infectieux, comme la leishmaniose, la maladie de Chagas ou même la lèpre. Toutes ces infections ont en commun de déséquilibrer et d'affaiblir le système immunitaire et sans doute de favoriser l'apparition d'un profil d'anticorps qui rend positif le test dit VIH. Cela avait été clairement mis en évidence dans le cas de la lèpre par un des pontes de la rétrovirologie (Essex), qui a été largement cité par le Perth Group et qui est décrit dans le documentaire Sida le doute (voir sur ce lien entre la 32ème et la 35ème minute). La tuberculose, qui est une mycobactérie proche de la lèpre, peut théoriquement poser les mêmes problèmes. Le lien est également clairement fait entre une infection de bilharziose active et le test dit VIH (multiplié par 3 ou 4 selon cet article), et même le niveau de charge virale. L'orthodoxie y voit le signe qu'une infection active "facilite l'acquisition du VIH", du fait des lésions des muqueuses génitales par le parasite. Une lecture "dissidente" issue des écrits du Perth Group et d'Heinrich Kremer y verrait plus simplement les effets directs du parasite sur le système immunitaire et la production d'anticorps réagissant avec le test dit VIH. Je n'ai pas le temps de développer davantage ce soir, je ne sais pas si on ami a contracté l'une ou l'autre infection, même de façon peu intense, en tout cas je suis intimement persuadé que ces infections jouent un rôle certain dans le développement d'un résultat positif au test dit VIH.
  12. Jibrail

    Mort de Lindsey Nigel

    Le 30 décembre dernier, Erica Garner, une militante antiraciste américaine, figure du mouvement "Black Lives Matter", est décédée d'une crise cardiaque. Quel rapport avec la dissidence, me demanderez-vous ? En fait, Erica Garner avait à peine 27 ans, et son décès soudain a surpris nombre de commentateurs. Son parcours m'a rappelé dans un certain sens le destin de Lindsay Nagel, dont la survie, l'existence même, contradictoire avec la science dominante (elle aurait dû mourir enfant du sida) était une défiance perpétuelle pour le pouvoir d'État. Vivre avec pareil fardeau est tout sauf naturel. Erica Garner était la fille d'Eric Garner, un homme noir américain tué par un policier à New-York en 2014 (et ultérieurement acquitté pour cela), et dont la vidéo de l'interpellation fatale avait déclenché une vague de colère. Elle était devenue ensuite militante par nécessité, en ayant parfaitement conscience que sous certaines circonstances, comme celles qu'a connu son père, la survie dépend aussi du bon vouloir du pouvoir d’État et de sa police; et comme Lindsay Nagel qui le portait à travers sa séropositivité, elle-même le portait aussi dans son corps, celui de la fille de son père et de l'identité raciale qui lui était assignée. Une universitaire américaine, Kristen Smith, a publié un texte en anglais dans la revue the Conversation, où elle relate la mort d'Erica Garner. Elle le décrit comme un témoignage de la violence traumatique qui rejaillit à retardement notamment sur les femmes noires, "séquelle" de la violence policière d’État qui s'exerce d'abord (même pas si exclusivement) sur les hommes noirs, et dont les nombreuses victimes silencieuses ne sont jamais recensées en tant que telle. Dans un article antérieur, toujours en anglais, Kristen Smith s'attardait sur la situation particulière des mères noires en convoquant le concept de Nécropolitique d'Achille Mbembe (en français). Ce concept désigne un régime moderne de terreur (une "politique de la mort"), dans lequel la mort - infligée sans règle ni sans autre objectif rationnel immédiat par la puissance d’État ou occupante - est la forme ultime de domination mais devient aussi celle de la résistance. En effet, ces régimes, qui se sont épanouis dans les formes les plus extrêmes de l'esclavage, de la colonisation et de la guerre, font que l'acte de résistance et de mort ne font plus qu'un, et le choix de la mort - tel un sacrifice - un des seuls exercices de la liberté pour les populations auxquelles la liberté est totalement niée. Kristen Smith ajoute que dans ces populations dominées, les femmes et les mères en particulier ont une place particulièrement vulnérable, parce que l'enfantement s'oppose frontalement à ce régime de mort. Elle cite le cas de deux mères noires, l'une tuée enceinte aux États-Unis en 1918 (Mary Turner), l'autre assassinée par un escadron de la mort avec son enfant au Salvador en 2007 (Aurina Rodrigues), et les rapproche parce que ces deux femmes avaient connu dans leur entourage proche des victimes de cette "nécropolitique", et l'avaient publiquement dénoncé plutôt que de se soumettre silencieusement, ce qui leur a valu un assassinat brutal dans lequel était également mis en scène l'assassinat de leur maternité (la maternité représentant une forme de résistance à cette "nécropolitique"). Mais pour Kristen Smith, ces femmes ont pris ces risques en connaissance de cause, et sachant qu'elles étaient de toute façon en danger de mort constant dans un tel régime, il s'agirait par certains aspects d'une sorte de "suicide révolutionnaire", qui fait du choix de sa mort le seul geste politique possible pour permettre, paradoxalement, à ses enfants de vivre hors d'un tel régime, en leur fournissant un récit et une expérience politique potentiellement émancipateurs. J'ai détaillé un peu longuement ces concepts car ils me font écho, toutes proportions gardées à celles des dissidents séropositifs, qui avaient fait de leur résistance à l'orthodoxie un combat public dans lequel leur survie (sans ARV) devenait l'enjeu politique central. Achille Mbembe précise en effet dans son introduction à la nécropolitique : "Cet essai fait l’hypothèse que l’expression ultime de la souveraineté réside largement dans le pouvoir et la capacité de dire qui pourra vivre et qui doit mourir. Faire mourir ou laisser vivre constituent donc les limites de la souveraineté, ses principaux attributs. Être souverain c’est exercer son contrôle sur la mortalité et définir la vie comme le déploiement et la manifestation du pouvoir." Il est à mon sens évident que l'orthodoxie du sida, comme partie prenant de l'appareil d’État, a répondu parfaitement à cette définition, en cherchant à établir (difficilement au départ) puis à consolider sa souveraineté "en exerçant son contrôle sur la mortalité des séropositifs", via les ARV, et logiquement ensuite à "définir leur survie comme le déploiement et la manifestation de leur pouvoir". Il s'est agi d'abord de définir la population-cible, via le test et la définition des maladies opportunistes, avec tout l’arbitraire que cela a représenté (et les populations cibles étaient à l'époque essentiellement marginales), de les placer dans un régime de terreur sans alternative qui brouille les pistes (mort de la maladie, mort du traitement, mort de l'absence de traitement, ou des trois à la fois), puis de mettre en avant sa puissance à travers les nouvelles multithérapies (dont on sait que le bénéfice était en partie artificiel, l'effet positif était d'une part lié à l'arrêt des anciens traitements-poisons type AZT, et d'autre part loin d'être aussi miraculeux qu'initialement décrit). Ceux qui ne se soumettaient pas à ce régime de terreur menaient forcément un combat politique où la mort - et le choix de sa mort - constituait l'enjeu essentiel. Force est de constater que les combats les plus symboliques ont je crois presque toujours été des femmes (Kim Bannon, Karri Stokely, Maria Papagiannidou...), et l'intensité maximale s'est nouée autour de la maternité de Christina Maggiore (et le décès de sa fille Eliza Jane Scovill), et autour de celle de Lindsey Nagel et son fils Rico, avec dans l'un et l'autre cas toute la scénographie cynique et brutale de la mise à mort de leur maternité : Christine Maggiore pour avoir provoqué la mort de sa fille en refusant de la tester et de la traiter; Lindsey Nagel en lui soustrayant tout droit à élever son enfant, transformé en cobaye de laboratoire (le propre destin auquel elle avait échappé). L'une comme l'autre n'ont pas survécu longtemps à ces traumatismes. La question qui s'était toujours posée à propos de la mort de ses dissidents, et qui ne sera jamais résolue, c'est de savoir dans quelle mesure leur acceptation ou leur refus des traitements était une cause de leur décès, avec de façon sous-jacente l'interrogation latente sur la signification du test dit VIH, comme si ces quelques cas individuels étaient en mesure de prendre la place d'expériences scientifiques qui n'ont jamais été menées (et qui ne le seront sans doute jamais tant que le pouvoir qui l'interdit ne sera pas remis en cause). A la lumière des exemples des femmes noires décrites par Kristen Smith, et du décès d'Erica Garner à 27 ans indépendamment de toute séropositivité (tout juste aurait-on découvert après son décès qu'elle aurait le coeur trop large - belle métaphore), je pense qu'il faut avoir le courage de sortir ces décès de dissidentes hors du champ de la maladie et des interrogations scientifiques non résolues, et de les replacer dans un champ politique qui a fait de la mort et du choix de la mort l'enjeu central du combat, en particulier celles des femmes, parce que les conditions traumatiques de peur, de souffrance et de perte qui y règnent sont telles qu'elles en deviennent quasiment irrésistibles. Elles avaient cessé d'être des malades et n'étaient plus que des résistantes - ce qui n'ôtait malheureusement rien à leur sursis. C'est, je crois, tout l'hommage qu'il faut leur rendre.
  13. Jibrail

    Et maintenant... un immunosuppresseur contre le "VIH"

    Merci Econoclaste pour ce lien. Effectivement plus la "science" du supposé VIH progresse, plus la confusion semble croître. Dans cette histoire des inhibiteurs d'intégrase, qui sont ultradominantes dans les multithérapies aujourd'hui (Raltégravir, Elvitegravir, Dolutegravir, toutes 3 en top liste des prescriptions mais aussi des profits car leurs brevets sont récents), on a l'impression d'un immense brouillard : c'est censé viser un mécanisme spécifique au supposé VIH (l'intégrase), mais comme celui-ci n'est que supposé, c'est sans doute un mécanisme propre au système immunitaire qui est impacté, et qui arriverait à avoir un rôle positif chez les patients séropositifs d'après les études cliniques, et ce malgré un rôle a priori négatif sur les lymphocytes B, d'après cette dernière étude. Au secours. Ce qui est terrible, c'est qu'on a toujours un doute sur l'effet de ces molécules : est-ce qu'elles agissent uniquement sur les marqueurs, bref, sur le thermomètre ? Ou quand même pour de vrai, sur le fond, ça améliore l'état général ? Un autre exemple subtil de confusion dans cette nouvelle étude : ce sont cette fois des "immunomodulateurs" (un inhibiteur de "Jak"), qui sont suggérées pour lutter contre les supposés "réservoirs" du supposé VIH. Ces molécules ont été conçues dans le cas d'affection autoimmunes, en particulier la polyarthrite rhumatoïde, afin d'interférer dans un mécanisme de signalisation (Jak) entre cellules immunitaires... pour réduire l'activité des lymphocytes CD4. En effet, les complexes d'immunoglobulines qui attaquent le liquide synovial des articulations sont issus de l'activité des CD4. Ce qui ne manque pas de sel, c'est que d'après l'étude, un des principaux résultats de l'inhibiteur de Jak serait de diminuer massivement la sensibilité des CD4 à l'Interleukine-2 (une molécule produite par le système immunitaire dans certaines conditions). Or avant de s'appeler Interleukine-2 (ou IL-2), elle s'appelait T-Cell Growth Factor (Facteur de croissance des lymphocytes T) et avait été découverte par l'équipe de... Robert Gallo. L'utilisation de l'IL-2 était indispensable pour effectuer toutes les expériences sur les lymphocytes in vitro, et a bien entendu été utilisée pour les expériences "d'isolation" du supposé VIH, ou auparavant, du supposé HTLV de Gallo. Par ailleurs, la production naturelle d'IL-2 semblait s'effondrer chez les premiers malades du sida. Au vu de cela, les chercheurs ont eu très tôt (dès 1984) l'intuition d'utiliser l'interleukine-2 pour stimuler la croissance des CD4 et lutter contre les maladies opportunistes chez les patients séropositifs. Cela ne s'est terminé que récemment en 2009 avec l'échec d'une vaste étude clinique qui a mobilisé des milliers de patients, et dont les conclusions étaient déjà mystérieuses pour l'orthodoxie : l'administration d'IL-2 (en sus de la multithérapie ARV classique) permettait d'augmenter notablement le nombre de CD4 (+160) mais n'apportait aucun bénéficie clinique en terme de maladie opportuniste (si ce n'est des effets indésirables supplémentaires). Désormais, les chercheurs visent à "éradiquer les réservoirs" et il est certain qu'en réduisant l'activité des CD4, on réduit l'activité des réservoirs du supposé VIH puisqu'ils proviennent tous des CD4... Mais il y a encore moins de 10 ans, on espérait à l'inverse en donnant de l'IL-2 au patient pour stimuler les CD4 plutôt que les affaiblir. Je ne sais pas s'il y a des repas de Noël entre immunologues pour qu'ils se mettent sur la gueule les uns les autres vu les océans de contradictions qui émergent, mais comme le dit Jardinier tout ça doit joliment rester sous le tapis de l'implicite. Sinon une bonne année 2018 pour tous les autres.
  14. Jibrail

    Failles dans la méthode d'isolement des virus

    Jardinier, Sans répondre à la place d'Econoclaste, la revue PNAS constitue une des revues scientifiques les plus importantes. Mais elle occupe une place particulière pour plusieurs raisons : parce qu'elle est gratuite en différé (après 6 mois), même si elle fait payer cher les rédacteurs d'articles; qu'elle est multidisciplinaire et qu'elle est historiquement liée à la National Academy of Science (NAS) of the USA (je pense que la traduction est superflue). Ce dernier aspect est important, car les membres de la NAS sont dispensées de la plupart des formalités et peuvent publier des articles très facilement, sans véritable peer-review. Dans les années 80, Duesberg, qui était membre de la NAS du fait de la reconnaissance de ses recherches, avait publié deux articles dans le PNAS en 1989 (HIV and AIDS : Correlation but not Causation) et 1991(AIDS Epidemiology : inconsistencies with HIV and infectious diseases). Dans son ouvrage majeur, Steven Epstein rappelle que Duesberg était alors déjà largement combattu par l'orthodoxie, et a donc utilisé la tribune dont il pouvait disposer via le PNAS pour publier des articles qui auraient été refusés partout ailleurs, ce qui a évidemment donné lieu à des polémiques à l'époque. Duesberg n'enfreignait pas les règles du jeu formelles du PNAS, mais l'orthodoxie trouvait qu'il poussait le bouchon trop loin. Une telle polémique avait déjà eu lieu un peu plus tôt en 1972, lorsque le prix Nobel Linus Pauling avait écrit dans le PNAS que la Vitamine C pouvait combattre le cancer (parallèle intéressant d'ailleurs dans toutes leurs contradictions entre Duesberg et Pauling), et la polémique de l'époque avait conduite un chercheuse a souligné à juste titre le "caractère social de la publication scientifique". Bref, le PNAS est aussi une tribune pour chercheurs VIP sur le retour, et Gallo, bien évidemment est lui aussi membre de la NAS. Mais il se paie le luxe de publier cet article non pas en tant que membre direct de la NAS, mais en étant édité par un autre membre, Peter K. Vogt, qui n'est autre... que l'ancien collaborateur de Duesberg!!! Peter K. Vogt (biologiste d'origine autrichienne) et Duesberg (le biochimiste allemand) ont écrit ensemble plusieurs articles sur les rétrovirus et les oncogènes, et notamment pour cet article de 1970, publié... dans le PNAS, et qui leur a valu une immense notoriété et a constitué, pour le meilleur et surtout pour le pire, une pierre angulaire de la recherche sur les rétrovirus. Mais Peter K. Vogt n'a jamais suivi Duesberg sur la remise en cause du VIH - il est intéressant ici de souligner que Vogt était biologiste et Duesberg chimiste, ceci pouvant peut-être aider à expliquer cela. Merci Jardinier d'avoir indirectement attiré mon attention sur ce point que j'avais zappé. C'est tout simplement hallucinant! Gallo qui prend appui sur l'ancien collaborateur de Duesberg pour lui dire que les rétrovirus n'existent pas ! Fascinant, vraiment fascinant. Cela ne fait que renforcer ma conviction sur le caractère intentionnellement provocateur de Gallo dans la publication de cet article.
  15. Jibrail

    Failles dans la méthode d'isolement des virus

    Aixur, j'admire l'anticonformisme, mais à un moment les faux procès faits au Perth Group ne font qu'apporter une confusion supplémentaire alors qu'on en est déjà continuellement submergé. S'ils ont exigé la purification comme preuve de l'existence du rétrovirus, est-ce que c'est parce qu'ils pensent que c'est vraiment possible et que Gallo et Montagnier ont mal fait les choses par paresse ou par incompétence, ou parce qu'ils pensent justement que c'est impossible et qu'exiger la purification devient alors le meilleur moyen de démontrer aux yeux de tous l'inexistence des rétrovirus ? Tous leurs travaux s'inscrivent dans la perspective de l'inexistence du supposé VIH et la recherche de causes alternatives et non virales. Même Stefan Lanka, qui s'est fait connaître par sa remise en cause de toute forme de virus, n'a fait que s'inscrire dans le sillage des premières démonstrations du Perth Group (voir sur a page de VirusMyth, et notamment ce premier article, ainsi que ce second article qui vient appuyer l'article fleuve du Perth Group sur la non-existence du VIH). Après on peut toujours aller chercher des poux à tout le monde, si on considère que faire du surplace le temps d'un millénaire ou deux est un objectif souhaitable. Ce que le Perth Group dit depuis toujours, c'est que les protéines qui réagissent avec le test dit VIH sont des protéines cellulaires, endogènes, donc non issues d'un rétrovirus exogène mystérieusement passé du singe à l'homme. Il faut ici rappeler de quoi on parle et de ce que sont les vésicules extracellulaires (ou exosomes) - la page Wikipédia en donne une bonne introduction : ce sont de petites particules, d'une dimension de 30 à 90 nm, générées par une cellule et qui sont expulsées à l'extérieur de la cellule. Elles sont donc constituées de composants cellulaires et transportent du matériel génétique - de l'ARN, messager ou micro-ARN. Les scientifiques lui attribuent une fonction de communication entre les cellules et notamment pour le système immunitaire. Dont les lymphocytes... Ce que dit Gallo dans cet article de 2016, c'est qu'il est virtuellement "impossible de séparer les virions des vésicules extracellulaires", que "chaque préparation virale doit être un mix de vésicules et de virions", et pour conclure au terme d'une longue démonstration que "le critère précis de pureté des préparations d'isolats devient trouble lorsqu'on réalise que la frontière entre les virions de rétrovirus, comme le VIH, et les vésicules extracellulaires, est floue". Qu'on ne peut donc pas distinguer dans une préparation, les particules virales (les virions) des particules cellulaires (les vésicules). Que rien ne peut donc prouver que le test dit VIH ne repère que des particules virales, et non des particules cellulaires (les vésicules extracellulaires sont composées de matériaux cellulaires). Et si on va jusqu'au bout, on ne peut pas prouver l'existence de particules virales, puisqu'on ne peut pas les séparer des vésicules extracellulaires. Que le test dit VIH a donc toutes les chances de réagir avec des protéines cellulaires. Il ne remet pas en cause explicitement, évidemment, l'existence du supposé VIH, ni même le test dit VIH. Il est pas complètement suicidaire (pas autant que Montagnier). Mais pour tous ceux qui ont suivi avec attention les multiples débats sur l'isolation du virus, il ne fait aucun doute que si Gallo revient maintenant sur ce sujet crucial de l'isolation et de la purification, qui n'était porté que par le seul Perth Group durant trois décennies, et en reconnaissant que la purification des particules rétrovirales est virtuellement impossible, il ne fait rien d'autre que d'admettre sa défaite en rase campagne, d'une façon discrète et réservée aux seuls initiés. Soit, d'une façon exactement opposée à la fameuse conférence de presse de 1984 qui l'a rendu incontournable.
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