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Jibrail

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Messages posté(e)s par Jibrail

  1. (Cheminot @ Vendredi 29 Juillet 2011 16h08)

    Tant qu'on essaiera de n'incriminer que tel ou tel facteur complexe, on aboutira à une impasse,... à moins d'acquiescer à la théorie dominante. Par contre, à tout prendre, je préfère incriminer l'excès de peroxynitrite, qui apparaît de manière multifactorielle à l'échelle macroscopique, à un virus dont personne ne connaît la manière d'agir.

    Je te suis complètement.

    Un petit exemple pour prendre un peu de recul : une vieille publication de 1969 sur le sarcome de Kaposi en Tanzanie, des années avant qu'on invente le sida, quand on n'imaginait pas que des virus.

    On y (re)découvre des choses importantes :

    - Le sarcome de Kaposi était déjà assez courant en Afrique subsaharienne, en tout cas infiniment plus que dans les pays occidentaux, où il était très rare

    - Il touchait déjà essentiellement des hommes : 9 hommes pour 1 femme.

    - Il touchait des hommes de tout âge, également des hommes de 20 à 40 ans, et même quelques enfants - alors qu'en Europe il ne s'agissait que d'hommes âgés.

    - Les formes fulminantes (graves et causant un décès rapides) semblaient aussi plus fréquentes.

    - L'association avec d'autres cancers voisins était notable, essentiellement des lymphomes et des mélanomes (à noter qu'à l'inverse, les femmes sont beaucoup plus touchées par les lymphomes).

    - Une épidémiologie particulière était déjà évoquée : le Kaposi touchait les Africains noirs en Afrique, mais pas les blancs résidant dans les mêmes zones, ni les afro-américains résidant aux États-Unis. Cela suggérait déjà un primat des causes environnementales, qui pouvait être associé à une susceptibilité génétique. Les cas étaient également plus nombreux dans les zones tropicales humides de l'Afrique que dans les zones sèches. Un chercheur a même spéculé sur un lien avec une parasitose, car les Kaposi étaient associés dans une région à de fréquentes infections par les vers.

    - Le Kaposi était une énigme médicale de cause inconnue. Il fascinait déjà beaucoup les médecins malgré sa relative rareté hors d'Afrique, également en raison de sa classification contestée parmi les cancers (il en a certaines des caractéristiques, mais pas toutes).

    Le Kaposi "gay" est bien plus proche de ce Kaposi "endémique" africain que du Kaposi "classique" touchant les hommes méditerranéens âgés.

    Pas question d'incriminer les poppers mais rien n'empêche de penser qu'un mécanisme biochimique identique à la base en était aussi la cause - mais sans évoquer un facteur unique...

    Après tout il y aussi un Kaposi "iatrogène" d'une minorité de transplantés : l'action des médicaments antisuppresseurs pris à la suite de la greffe (l'azathoprine en particulier) produisent quasiment les mêmes effets - sauf que le Kaposi disparaît en général spontanément à l'arrêt des antisuppresseurs...

    J'ai bien quelques idées spéculatives là-dessus...

  2. Aras.ab vient de mettre sur son site un article sur l'essai dont vous parlez.

    Incroyable qu'après trois semaines de consommation de Yogourts probiotiques, on puisse passer de 372 à 609 CD4 !!!

    Bon, je ne sais pas sur combien de personnes se base l'experience mais ça fait son effet  icon_eek.gif

    Il n'y a qu'un seul cas et les scans des analyses du labo laissent penser qu'il s'agit de Marco Ruggiero lui-même (cf diapos 16-17 de sa présentation). Le fait qu'il n'indique pas le nombre total de participants, les résultats de tous les participants et leur statut sérologique (c'est l'équipe de Ruggiero qui s'est "auto-expérimentée", et il est probable qu'ils soient tous séronégatifs) incite à regarder ces résultats avec beaucoup de prudence... ce que ne fait guère le site de David Crowe (aras.ab.ca), et encore moins celui de Henry Bauer (il parle en majuscule d'un "REMEDE contre le sida") - au passage ça en dit assez long sur leur honnêteté intellectuelle et celle de l'organisation qu'ils dirigent, Rethinking Aids, et dont Marco Ruggiero est également un membre dirigeant (ceci contribuant sans doute à expliquer cela).

    Cela dit, comme précisé plus haut, sans être forcément "magique" (du moins cela n'a pas été démontré à ce stade), des études convergentes laissent penser qu'en général, la prise de probiotiques est plutôt bénéfique, notamment en situation inflammatoire.

  3. @jibrail : toujours pas convaincu sur le possible bénéfice d'un traitement par gcmaf ? je fais référence à ton post d'il y a quelque mois où tu te disais dubitatif sur les travaux de ruggiero, tu pensais d'ailleurs qu'il n y en avait pas et il vient de publier lors de la conférence de rome...

    qu'en penses tu ?

    Salut Rebayima,

    Est-ce que tu vas mieux ?

    Effectivement, il a présenté un poster à la conférence de Rome, sa présentation est disponible sur le site de Rethinking Aids.

    En la regardant ce soir, sans trop de recul, elle me laisse malheureusement aussi perplexe que les précédentes.

    Le titre de son poster est le suivant : "Vitamin D binding protein-macrophage activating factor directly inhibits proliferation of human breast cancer cells, vimentin expression and tumour-induced angiogenesis", ce qu'on peut simplifier en langage clair par "Le GcMAF fait diminuer la prolifération de cellules cancéreuses du sein et améliore deux marqueurs habituels du cancer".

    Les premières diapos de sa présentation présente ainsi les résultats d'une étude in vitro du GcMaf sur des cellules cancéreuses, avec des résultats chiffrés et une analyse de photos obtenus au microscope électronique. Je ne connais pas bien le cancer aussi je ne m'aventurerai pas trop à l'apprécier - il semblerait néanmoins que les résultats, plutôt favorables, n'aient néanmoins rien de révolutionnaire.

    Et puis du tout au tout, sur la diapo 13, on arrive sur le VIH (ce que le titre du poster ne laissait pas supposer). Il montre les résultats du GcMAF sur le nombre de monocytes (les macrophages) de 8 patients séropositifs, qui n'ont pas pris de traitement ARV durant le temps de l'étude (15 semaines). Chacun présente un génotype différent pour le récepteur de la vitamine D - Ruggiero avait déjà largement insisté sur le fait qu'il y aurait des réponses différentes à un traitement GcMAF selon les génotypes. Le nombre de monocytes a augmenté chez 6 des 8 patients, parfois beaucoup, parfois beaucoup moins. Les résultats sont néanmoins modestes car l'étude avait des moyens modestes : il aurait fallu avoir plusieurs personnes de même génotype - là on ne sait pas si les monocytes ont augmenté du fait du génotype ou du fait d'autres caractéristiques individuelles propres à chaque patient (l'âge, le sexe, plein d'autres choses...). Il aurait fallu comparer avec des contrôles de même génotype qui ne prenaient pas de GcMAF. Et puis surtout le graphique ne présente que le taux d'évolution sans présenter le point de départ, le nombre de monocytes en valeur absolue : du coup on ne sait pas si celui dont le nombre a beaucoup grimpé partait de loin ou non, si ceux qui ont baissé partait de haut ou non... Ces résultats seront peut-être publiés, mais pour l'instant je n'ai que sa présentation sous la main, et ça laisse pas mal d'interrogations.

    Et puis nouveau changement de cap et on arrive sur la partie la plus surprenante de sa présentation: l'équipe de Ruggiero - lui compris - a consommé durant 3 semaines des yogourts probiotiques. Il a été montré lors d'une précédente étude que les probiotiques pouvaient augmenter l'immunité et le nombre de CD4, en supposant une amélioration de la fonction intestinale. Ruggiero fait l'hypothèse que les enzymes et micro-organismes présents dans le yaourt ou le kéfir sont susceptibles de transformer la protéine Gc, présentes dans le lait, en GcMAF. Il veut vérifier cette hypothèse sur son équipe en montrant qu'il y a une meilleure efficacité pour les personnes ayant les génotypes VDR qui répondent le mieux - ce qui suppose déjà que ses autres hypothèses que le GcMAF agit et qu'il agit de façon différente soit vérifiée à large échelle, enfin c'est une autre histoire.

    Il présente les résultats (avec un scan des analyses du labo) pour deux personnes ayant le génotype censé répondre le mieux (bb,FF) : un certain Marco - probablement lui-même - ses CD4 passe de 372 à 609 (oui, son taux de départ, à 372, est largement en dessous du minimum attendu pour une personne en bonne santé),et une certaine Tiziana - probablement Tiziana Punzi, qui a déjà publié de nombreuses fois avec lui - ses CD4 passent de 857 à 1279, et surtout le rapport T4/T8 passe de 1,1 à 2 (là aussi le rapport initial de 1,1 est nettement inférieur à la "normale"). Il n'y a rien dans la présentation sur les autres membres de son équipe.

    Voilà pour sa présentation. Cela laisse supposer que les probiotiques peuvent dans certaine situations favoriser une amélioration du système immunitaire - c'est pas un scoop, mais autant le rappeler.

    Ce n'est pas du tout - pas encore ? - les résultats des études cliniques censées être menées en Belgique, en Allemagne ou je ne sais plus où, ni les preuves qu'ils prétendaient avoir collecté sur "l'efficacité du GcMAF dans des cas de sida développé", dont il disait dans sa présentation en mars dernier qu'elle seraient "bientôt présentées dans une prochaine conférence du sida". La seule chose sûre, malheureusement, c'est qu'il ne les a pas présentées à Rome.

  4. Jardinier,

    Tout se discuter, mais l'utilisation des ARV comme traitement préventif de l'acquisition du sida a été centrale dans la Conférence du sida de Rome, y compris d'un point de vue scientifique, même si cela ne concerne que quelques études - cependant largement plus longues, ambitieuses et coûteuses que la moyenne. On ne peut la réduire à de la propagande sauf à le démontrer, en analysant d'éventuelles failles méthodologiques de ces études. D'éventuelles convergences d'intérêts ne suffisent pas à remettre seul en cause des faits scientifiques, pas plus que le fait qu'institutions scientifiques et politiques soient d'accord ne démontre que le vaste consensus scientifique à ce sujet. Et on ne peut pas toujours reprocher aux journalistes de relater des consensus aussi largement partagés.

    Pour les CD4, jette un oeil à cet article de l'association dissident HEAL Toronto, qui montre qu'un bas taux de CD4 se retrouvent dans de nombreuses situations mais surtout au cours de pathologies souvent graves. Au niveau individuel un bas taux de CD4 n'a pas forcément une valeur prédictive univoque, mais statistiquement, en général, un bas taux de CD4 n'est pas un signe de bonne santé. Idem pour la P24 qui est loin d'être spécifique au VIH mais que l'on va détecter en général bien davantage dans les groupes dits "à risque". Les tests VIH réalisés chez les donneurs de sang - lesquels sont presque tous en bonne santé car c'est une condition pour pouvoir donner son sang - mesurent entre autres la p24; ils sont très rarement positifs: en 2009 en France il n'y a eu que 33 tests positifs sur 3.000.000 de dons, et encore en extrapolant les données des années passées, les homosexuels représentaient 1/3 de ces tests positifs (voir ce document de l'ANVS). L'incidence est donc extrêmement faible dans la population générale "en bonne santé" et hors des groupes à risques.

    La plupart des analyses médicales sont ainsi relativement imprécises - le Perth Group dit souvent que c'est comme la mesure de la fièvre : c'est un test utile, qui montre une situation dégradée, et qui n'est pourtant absolument pas spécifique...

    Quant à mêler Peyton Rous et la rétrovirologie aux idées d'Alexis Carrel : attention, terrain très très glissant...

  5. L'OMS veut interdire certains tests de dépistage sanguin de la tuberculose, fabriqués en Europe et en Amérique du Nord, non homologués mais cependant exportés dans les pays en développement. Ils seraient peu fiables et produiraient un taux considérable de faux positifs ou de faux négatifs. La moitié des deux millions de tests réalisés ainsi chaque année pourrait produire de faux résultats (soit 1 million par an!).

    En cause un phénomène bien connu des dissidents : les réactions croisées d'anticorps non spécifiques à la tuberculose... Le diagnostic se faisait traditionnellement par analyse d'échantillon (expectoration) et/ou mise en culture, donc une détection directe et non indirecte par les anticorps, même si d'autres types d'analyses se sont progressivement développés

    L'OMS indique que « c’est la première fois que l’OMS publie une recommandation de politique générale explicitement négative pour condamner une pratique largement utilisée »...

    Ces tests sont apparemment utilisés, selon la presse, depuis les années 90 et il est évident que leur manque de fiabilité doit être connu par les spécialistes depuis le début... Mais bon peu importe sans doute comme ces tests étaient utilisés essentiellement par des pauvres, dans des pays pauvres sans cadre juridique bien établi.

    Ainsi le laboratoire strasbourgeois ANDA Biologicals, nommément mis en cause par l'OMS, indique sur son site avoir développé ses tests de dépistage sanguin dès... 1987.

    On vit décidément une drôle d'époque...

  6. Pourrais-tu nous mettre quelques liens significatifs vers cette auguste et décisive conférence romaine ?

    Pour une fois que j'oublie de mettre mes liens... Il y en a à foison, par exemple cet article du Monde, ou encore l'AFP.

    Ces études ne sont sûrement pas dépourvues de biais méthodologiques (j'essaierai d'approfondir); reste que c'est malgré tout un sale temps pour les duesbergiens qui ne reconnaissent pas le moindre effet bénéfique à certains ARV ; ces études montrent au minimum que c'est plus compliqué que cela, comme nous en avons déjà largement parlé ici.

    Un traitement préventif bien suivi empêche 92% des homosexuels de contracter le sida

    (AFP) – 20/07/2011

    ROME — Des homosexuels soumis à un traitement préventif du sida suivi rigoureusement et auquel ils répondent particulièrement bien, diminuent de 92% leur risque d'être atteints par cette maladie, selon une étude rendue publique mercredi à Rome.

    En novembre dernier, une étude s'intéressant à ce que l'on appelle "la prophylaxie pré-exposition", ou PrEP, chez les homosexuels, avait conclu qu'une combinaison d'antirétroviraux prise préventivement réduisait de 44% le risque d'infection.

    L'étude, menée de juillet 2007 à décembre 2009 dans six pays, avait porté sur 2.499 hommes de 18 à 67 ans, non infectés par le virus du sida, qui prenaient soit du Truvada, une combinaison d'antirétroviraux, l'emtricitabine et le tenofovir, soit un placebo.

    Les résultats de cette étude ont été analysés de plus près, et il est apparu que ceux qui avaient des traces de Truvada dans le sang, ayant pris le traitement sérieusement et ayant bien réagi au produit, étaient couverts à 92%.

    "La PrEP est un outil de prévention important, avec le potentiel de prévenir un nombre significatif de nouvelles infections", a souligné Robert Grant, de l'Institut de virologie et d'immunologie de San Francisco, en présentant l'étude à la fin de la conférence sur le sida.

    D'autres études ont été présentées à Rome montrant que chez les hétérosexuels un traitement préventif pouvait réduire les risques d'être atteints par le virus du sida jusqu'à plus de 70%.

  7. Aujourd’hui, on nous dit que les ARV empêche la transmission du HIV, d’où l’intérêt de se faire dépister très tôt, des fois que l’on serait séropo sans le savoir !

    Et demain, on  nous dira probablement que vivre sans médicament peut nuire à la santé !

    Mais Jerman tu es en retard d'une guerre : c'est déjà le cas icon_tresfache.gif

    C'est en quelque sorte le va-tout de l'orthodoxie à la Conférence sur le sida à Rome : les traitements prophylactiques (=>préventifs) d'ART pris par les séronégatifs feraient chuter les risques d'acquisition du VIH de 70% à 90% selon les études... Les ART n'empêchent déjà plus seulement la transmission, mais aussi l'acquisition du VIH ! Quand je vous disais que les ART c'était de la sorcellerie, un genre de totem, ou de talisman, selon les goûts... et dire que l'action Gilead n'a pris que 5% depuis le début de l'année.

    Quand on te dis que vivre sans médicament nuit à la santé !

    Et ne viens pas à Rome parler de la balance bénéfice/risque, tu vas être désagréable icon_wink.gif

    J'aurai du faire néphrologue, ou poseurs d'implants osseux : vu les dégâts du Ténofovir sur les reins ou sur les os, si on en donne à vie à tous les séronégatifs "à risque", ça me ferait pas mal de boulot !

  8. Moi, ce qui me frappe, c'est que des mineurs (à partir de 16 ans) ont participé à l'étude. Bonne sensibilisation aux MST, assurément. Avec la complicité des parents qui font de leurs enfants des adolescents cobayes ? ou à l'insu des parents ?

    La logique de ce vaccin, préventif, est qu'il ne peut avoir d'efficacité qu'avant toute infection par un HPV; il est donc "idéalement" administré aux jeunes avant le début de leur vie sexuelle (et donc de tout risque d'infection), soit avant qu'ils ne deviennent majeurs. Les parents doivent dans ce cas forcément donner leur accord, ce qui les mets dans une situation délicate (cf l'article ci-dessus qui présentait le désarroi des mères ayant incité leurs filles à se faire vacciner, et qui avaient ensuite développé des complications).

    La méconnaissance du mécanisme par lequel surviennent les cancers de l'utérus (les HPV régressent le plus souvent spontanément sans que l'on sache pourquoi, certains cancers se développent sans qu'on sache davantage pourquoi) fait que le ratio bénéfice/risque est difficile à mesurer. La prévention des cancers de l'utérus (500.000 cas annuels indiqués) n'est pas un enjeu qu'on peut balayer d'un revers de main, mais il est vrai que la façon dont on s'accroche aux HPV, qui indéniablement ne constitue pas le seul facteur, ainsi que la pression autour de ces vaccins, qui n'offrent pas une couverture complète et nécessite de toute façon le maintien des dépistages par frottis... tout cela fait réfléchir, cela donne l'impression qu'on passe à côté de quelque chose, qu'on ne prend pas le truc par le bon bout (en même temps c'est plus facile à dire qu'à trouver le bon bout).

  9. Tant qu'on y est, pour les garçons qui caressaient l'idée de se faire vacciner contre les HPV, une récente étude publiée dans le NEJM, financée par Merck (essai clinique de phase IV), ne parvient pas à démontrer qu'une efficacité toute relative chez les hommes : elle serait plus modeste que chez les femmes, notamment pour les variantes supposées les plus agressives (HPV 16 et 18) et chez les homos.

    Mais seul le résumé de l'étude est accessible et le détail des résultats est comme bien souvent payant...

  10. Que plus personne ne vienne donc encore dire que le sarcome de kaposi serait causé par le "HHV8" ! Il n'y a tout simplement aucune preuve scientifiquement et raisonnablement acceptable à ce jour. En revanche, il y a pléthore de preuves en faveur des nitrites !

    Puisqu'on parlait des poppers : une énième étude en Ouganda fait état de l'inestimable difficulté à mesurer une transmission sexuelle du HHV8, le virus qui serait selon l'orthodoxie indispensable au développement du sarcome de Kaposi.

    Le HHV8 est très fréquent en Afrique subsaharienne (56% selon l'étude), il l'est presque autant chez les enfants que chez les adultes, n'est pas corrélé avec la séropositivité au virus de l’herpès (HSV-2) et au supposé VIH, et bien faiblement avec d'autres facteurs conjugaux ou environnementaux. L'étude conclut sur un prudent : "Nous interprétons nos résultats comme indiquant que la transmission sexuelle du HHV8, si elle s'effectue, est faible."

    We interpret our results as indicating that sexual transmission of HHV8 in Uganda, if it occurs, is weak

    Le sarcome de Kaposi semble toujours fréquent en Afrique (il constituerait 13% des cancers chez les hommes et 5% chez les femmes selon cette étude) et pas antinomique avec une forte prévalence du HHV8; idem dans les pays méditerranéens (Sicile ou Égypte) où la prévalence est aussi relativement élevée.

    Mais là où ça devient compliqué, c'est qu'aux États-Unis, la prévalence du HHV8 est 15 à 40 fois plus grande chez les gays que dans le reste de la population, alors en l'absence de transmission sexuelle... Alors ou bien les tests d'anticorps au HHV8 mesurent autre chose chez les homosexuels que le HHV8, ou bien le HHV8 a des préférences selon la sexualité des individus... Dans les deux cas il va falloir que l'orthodoxie trouve une nouvelle cause infectieuse au Kaposi pour retomber sur ses pieds !

  11. - les tests cd4 (§ 3,3) ne mesurerait que les particules de la taille de cd4, sans aucune spécificité. Pour autant je ne sais pas ce qui est finalement mesuré par les tests cd4, il semblerait qu'il y ait bien plus de mesuré que la taille : cytométrie  et un exemple au pif.

    Les CD4 sont mesurés à l'aide d'une réaction d'un anticorps monoclonal anti-CD4, associé à un réactif fluorescent. Donc cela mesure tout ce qui réagit avec l'anticorps, indépendamment, je pense, de la taille - cela semble plutôt la longueur d'onde spectrométrique (=> la couleur) qui est mesuré.

    J'en profite pour publier un court extrait d'un vieil article beaucoup plus long du Perth Group qui donne un éclairage particulier sur le comptage des CD4, traduit artisanalement par mes soins.

    Genetica 95: 5-24, 1995

    A CRITICAL ANALYSIS OF THE HIV-T4-CELL-AIDS HYPOTHESIS

    Eleni Papadopulos-Eleopulos1, Valendar F.Turner2, John M. Papadimitriou3, David Causer1, Bruce Hedland-Thomas1, & Barry Page1

    1: Department of Medical Physics, 2: Department of Emergency Medicine, Royal Perth Hospital, Perth, Western Australia; 3: Department of Pathology, University of Western Australia.

    […]

    En utilisant les anticorps monoclonaux (MCA) pour la numération des lymphocytes exprimant les récepteurs CD4 et CD8 dans des cultures infectées par le VIH et stimulées par des mitogènes, il a été montré que dans les cultures préparées de telle façon que la majorité (>95%) des lymphocytes soient des cellules T4 purifiées, il y a une disparition progressive des cellules exprimant CD4. Cette observation a été interprétée par Gallo et d’autres comme quoi « HTLV-III a un effet cytopathique sur les cellules OKT4+ »(Fischer et al., 1985). Cependant, selon Klatzmann, Montagnier et d’autres chercheurs français, « ce phénomène pourrait ne pas être relié à un effet cytopathique » du VIH mais est « probablement dû à une modulation des molécules T4 à la membrane cellulaire ou à un obstacle stérique au site de liaison à l’anticorps » (Klatzmann et al., 1984a et Klatzmann et al., 1984b). Autrement dit, la diminution des cellules T4 n’est pas due à la destruction des cellules mais à une diminution des anticorps monoclonaux se liant à leur surface. Néanmoins, cette donnée avait été interprétée comme un preuve de l’infection et de l’élimination sélective des T4 par le VIH, et en association avec le fait que « nous ne connaissions pas d’agents, à l’exception d’une famille de rétrovirus T-lymphotropique humain, que nous avions découvert trois ans plus tôt et dénommé HTLV, qui démontrait un tel tropisme pour une sous-population de lymphocytes », cela a été présenté comme un des deux arguments en soutien à l’hypothèse rétrovirale du sida (Gallo et al., 1985). (L’autre argument était basé dans les perceptions que le sida était une nouvelle maladie et que l’épidiémologie était cohérent avec une cause infectieuse).

    Cependant :

    (a) Les cultures/co-cultures de VIH sont stimulées avec des agents oxdyants tels que la phytohémagglutinine (PHA), la Concanavaline-A (ConA), des radiations, PMA, polybrene et IL-2 ;

    (b) Ces agents, à une concentration relativement basse, peuvent induire une diminution dans les cellules exprimant CD4, en l’absence de VIH (Acres et al., 1986; Hoxie et al., 1986; Zagury et al., 1986; Scharff et al., 1988), sans tuer de cellules T4.

    © En 1986, Zagury, Gallo  et leurs associés (Zagury et al., 1986) ont préparé des cultures de cellules T (qui contenaient 34% de cellules CD4+) de donneurs normaux. Les cultures sont été stimulées avec de la PHA et furent (i) « infectées par du VIH », (ii) laissées non infectées. Les cultures de contrôle n’étaient ni stimulée ni infectées. Après deux jours, la proportion de cellules CD4+ dans les cellules stimulées-non infectées et dans les cellules stimulées-infectées étaient respectivement de 28% et 30%, tandis qu’à 6 jours le nombre était de 10% et 3%. Les contrôles ne varièrent pas significativement.

    En conséquence, le VIH n’est pas nécessaire pour la disparition des cellules exprimant CD4, telles que mesurées par l’utilisation d’anticorps monoclonaux dans des cultures « infectées par le VIH » et  stimulées. Les stimulants peuvent induire l’effet en l’absence de « VIH ». De plus, la diminution des cellules T4 pourrait ne pas être due à la destruction des cellules T4 mais à la diminution des cellules se liant à l’anticorps monoclonal.

    […]

    Acres, R. B., Conlon, P. J., Mochizuki, D. Y. & Gallis, B., 1986. Rapid Phosphorylation and Modulation of the T4 Antigen on Cloned Helper T Cells Induced by Phorbol Myristate Acetate or Antigen. J. Biol. Chem. 261:16210-16214.

    Fisher, A. G., Collati, E., Ratner, L., Gallo, R. C. & Wong-Staal, F., 1985. A molecular clone of HTLV-III with biological activity. Nature 316:262-265.

    Hoxie, J. A., Mathews, D. M., Callahan, K. J., Cassel, D. L. & Cooper, R. A., 1986. Transient Modulation and Internalization of T4 Antigen Induced by Phorbol Esters. J. Immunol. 137:1194-1201.

    Klatzmann, D., et al., 1984a. Selective Tropism of Lymphadenopathy Associated Virus (LAV) for Helper-Inducer T Lymphocytes. Science 225:59-63.

    Klatzmann, D., et al., 1984b. T-lymphocytes T4 molecule behaves as the receptor for human retrovirus LAV. Nature 312:767-768.

    Scharff, O., Foder, B., Thastrup, O., Hofmann, B., Moller, J., Ryder, L. P., Jacobson, K. D., Langhoff, E., Dickmeiss, E., Christensen, S. B., Skinhoj, P. & Svejaard, A., 1988. Effect of thapsigargin on cytoplasmic Ca2+ and proliferation of human lymphocytes in relation to AIDS. Biochim. Biophysica. Acta. 972:257-264.

    Zagury, D., Bernard, J., Leonard, R., Cheynier, R., Feldman, M., Sarin, P. S. & Gallo, R. C., 1986. Long-Term Cultures of HTLV-III-Infected T Cells: A Model of Cytopathology of T-Cell Depletion in AIDS. Science 231:850-853.

    Par là, le Perth Group n'indique pas que la mesure des CD4 ne signifie rien, mais que les agents oxydants et mitogènes pourraient être aussi bien la cause de la chute de CD4 que le supposé VIH. Et donc, en ce sens, être une "indication" d'une exposition à des agents oxydants et mitogènes.

    Le reste de l'article évoque les liens incertains entre niveau de CD4 et apparition de pathologies mais c'est trop dense pour que je puisse le résumer ici en quelques lignes.

  12. C'aurait sans doute d'ailleurs été un problème moins grave s'il n'y avait pas eu en même temps la mise en place de la théorie qui impliquait que le syndrome, ayant des incidences épidémiologiques, devenait une quesion de santé publique dans un contexte, pour le moins, de tragiques tâtonnements médico-politico-scientifiques qui auront fini par imposer au plus grand nombre des dispositifs de contrôle social, et peut-être même parfois de contrôle des populations, en définitive à forts relents moyen âgeux tout autant que de darwinisme social, et qui compte tenu de ses prétentions signent un échec patent de la "civilisation" occidentale mondialisée, comme on dit...

    Jardinier,

    Je ressens bien cette fois exactement ce que tu exprimes, j'y vois plus clair aussi avec cette interdiction du poppers, c'est qu'effectivement on a assisté avec l'apparition du sida à la mise en place d'un dispositif de contrôle social, désormais très bien ancré (impossible de s'en débarasser, c'est pire que le sparadrap du capitaine Haddock), qui fonctionne terriblement bien parce qu'il a une excellente adhésion de la population cible qui fait l'objet du contrôle (les populations "à risque" du sida, homosexuels ou africains), et qui reproduit à une époque sécularisée quelque chose qui ressemble à l'ancien contrôle social religieux, s'articulant grosso modo sur les mêmes peurs ancestrales (le sexe, la maladie, la mort), mais en troquant la bible (ou tout équivalent local) contre Nature et Science (les journaux scientifiques), avec son armée de clercs plus ou moins fins (de Gallo à Pialoux), les seuls aptes (et autorisés) à nous indiquer, pauvres mortels, le chemin juste à suivre pour notre salut, avec parfois des oracles sibyllins façon Montagnier qui nécessite au moins trois cycles de théologie (ou de sidéologie) pour arriver à en faire l'exégèse.

    Et c'est un système qui fonctionne très bien parce que la plupart des acteurs (médecins, malades, bien portants) sont persuadés d'être dans un système rationnel basé sur la connaissance scientifique, alors qu'on est en bonne partie dans un système religieux basé sur des croyances (issues de l'incapacité, volontaire ou non, à saisir une partie du réel). Et avec des objectifs qui ont pas si mal réussis, avec la mise sous tutelle sanitaire des homosexuels et des africains, portant un coup majeur à leur capacité d'émancipation, de transgression du système, dont ils étaient partiellement à la pointe à une époque pas si lointaine.

    Dans tout ça, c'est vrai Jardinier, les poppers - et les ARV - sont de vrais objets magiques, capables de transcender, d'envoûter, de désenvoûter, selon les camps... on n'est pas dans la m.... icon_confused.gif

    Cela me conforte bien dans l'idée - comme l'exprimait à sa façon Brume l'autre jour - qu'on ne luttera pas contre la religion dominante par une autre religion, mais bien en rappelant la raison au secours. Mais elle risque d'être difficile à retrouver. Cependant, rien qu'avoir une position nuancée sur les poppers ou sur les ARV - ce que nous essayons de faire ici - suffirait en théorie à en annihiler leur caractère "magique" - et c'est pour ça, qu'en pleine période religieuse, comme aujourd'hui, un tel discours est absolument inaudible ou presque.

    En écho, cela me rappelle cette citation marquante du biophysicien Serge Galam sur le réchauffement climatique, dont le parallèle avec le sida est facile à effectuer :

    « Rappelons-nous. Tout au long de l'histoire, nos ancêtres étaient persuadés que les forces de la nature obéissaient aux dieux, et que c'étaient nos errements qui entraînaient leurs courroux, qui se manifestaient alors par des dérèglements naturels. Pendant très longtemps, on a cru pouvoir les stopper par des sacrifices humains et animaux. La science nous a appris que cela n'était pas fondé, et voilà que cette vieille croyance archaïque resurgit avec une vitalité retrouvée, et qui en plus s'appuie sur les scientifiques au nom de la science. »
  13. En résumé : sur la base d'un rapport inaccessible au public, le Ministère de la Santé (Roselyne Bachelot) avait pris un décret interdisant la vente de tous les types de poppers, en plus des nitrites d'amyle et d'isobutyle qui sont interdits à la vente depuis 1990 (le nitrite d'isobutyle est reconnu cancérigène depuis 2005 dans l'UE), ce qui n'empêche pas par ailleurs certains pays voisins soit de tout interdire (Suisse), soit de tout autoriser (Autriche) - c'est le grand n'importe quoi. Suite à ce décret sybillin, le SNEG (le Syndicat National des Entreprises Gaies), qui regroupe tout ce qui vend des poppers dans l'Hexagone a fait recours contre le décret, et a gagné en Conseil d'Etat : celui-ci a jugé l'interdiction comme un excès de pouvoir, considérant qu'elle avait été prise sur la base de présomptions et qu'aucune étude scientifique n'avait été produite !

    Et ça y est, ça vient de tomber, tous les nitrites d'alkyles - les poppers - sont à nouveau interdits en France. L'interdiction sera apparemment plus solide juridiquement que la précédente, parce que d'une part le gouvernement s'appuie sur un rapport scientifique, même léger (le rapport du Comité de Coordination de Toxicovigilance, bien que celui-ci concluait en avouant sa relative ignorance, faute de suivi suffisant jusqu'à présent. Et d'autre part, le poppers va être soumis à la législation sur les stupéfiants, ce qui n'était pas le cas lors de la première interdiction en 2007, et ce qui est relativement confondant parce que si les poppers sont toxiques à plus ou moins hautes doses, et si l'effet vasodilateur est réel et puissant, j'ai jamais eu l'impression que c'était un psychotrope bien puissant.

    Le gouvernement se fait plaisir en interdisant du jour au lendemain les poppers, qui restent légaux dans la plupart des pays européens et autorisant donc tous les trafics. Ce faisant, il refuse aussi toute évaluation scientifique plus poussée analysant la chimie réelle du poppers - bien sûr aucun lien avec le VIH/sida n'est mentionné - il s'agit surtout de protéger l'innocence de la belle jeunesse de la nation. Et il continue à prendre tous les gens pour des crétins irresponsables qui seraient incapables de modérer leur consommation si on voulait bien les informer des dangers réels des nitrites d'alkyle, ni minimisés, ni fantasmés, et qui n'ont d'ailleurs jamais été vraiment mesurés dans cette perspective. C'est apparemment trop demander pour notre époque...

    Ci-dessous le communiqué de presse de l'AFFSAPS.

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Interdiction de l’offre et de la cession au public des "poppers"

    Le ministère chargé de la Santé  a décidé d’interdire la vente et la cession au public des « poppers »[1]  en raison  de leur toxicité importante et de leurs effets psychoactifs. Cette décision fait suite à la proposition de l’Afssaps après avis de la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes. Celle-ci s’est en effet prononcée, le 21 avril 2011, en faveur de cette interdiction en raison de l’augmentation des cas d’intoxication grave, d’atteintes oculaires graves, de l’apparition de cas d’abus et de dépendance avérés et d’une augmentation significative de la consommation de « poppers » chez une population de plus en plus jeune.

    Les « poppers » sont des préparations liquides très volatiles, contenant des nitrites, conditionnés dans des flacons et destinés à être inhalés. Apparus à la fin des années 70, l’utilisation des « poppers » s’est étendue et touche aujourd’hui une population jeune qui les utilise à des fins récréatives.

    La consommation de nitrites provoque notamment une vasodilatation cérébrale, périphérique et génitale. Ces dérivés induisent également la transformation de l’hémoglobine en méthémoglobine impropre au transport de l’oxygène dans le sang, provoquant cyanose et hypoxie. D’autres effets sont également rapportés tels que sensations de chaleur, tachycardies, céphalées, nausées, vomissements, hypotensions, malaises et collapsus cardiovasculaires pouvant conduire jusqu’au décès. Enfin, des atteintes oculaires ont été décrites récemment.

    Entre 1999 et mars 2011, 940 cas d’exposition aux « poppers » dont 817 cas symptomatiques ont été collectés en France, principalement par le réseau de toxicovigilance (CAPTV[2] ) et par le réseau d’addictovigilance (CEIP[3] ). Parmi les 817 cas symptomatiques, 146 étaient graves (méthémoglobinémie élevée, cyanose, coma, troubles respiratoires et cardiaques) dont 6 décès. En avril 2011, un nouveau décès a été enregistré.

    En outre, sur les 883 cas d’exposition recueillis par le réseau de toxicovigilance sur la période 1999-2010, 34 cas d’atteintes oculaires ont été enregistrés. Deux études récentes font également état de la survenue d’anomalies rétiniennes et d’une baisse de l’acuité visuelle chez des utilisateurs chroniques.[4] [5],

    Par ailleurs, deux enquêtes de l’OFDT[6]  mettent en évidence une augmentation significative de la consommation des « poppers », notamment par les jeunes. L’enquête ESCAPAD[7]  réalisée lors de la journée d’appel à la défense rapporte que 13,7% des jeunes de 17 ans ont déclaré en 2008 en avoir déjà consommé contre 2,4% en 2000. L’autre enquête, réalisée en milieu festif en 2007, relève que la moitié des 1 496 sujets interrogés rapportait avoir expérimenté les « poppers » et 9% en avoir eu un usage au cours du dernier mois. Par ailleurs, le Baromètre santé de l’INPES[8]  rendu public fin juin 2011 montre la même tendance : 5,3% des 15-64 ont déjà consommé des poppers en 2010 (10,8% des 18-25 ans) contre 3,9% en 2005 (5,4% des 18-25 ans).

    En conséquence, le ministère chargé de la Santé  a décidé d’interdire la vente et la cession au public des « poppers »1 . Cette décision, visant à préserver la santé publique, fait suite à la proposition de l’Afssaps après avis de la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes qui s’est réunie le 21 avril 2011.

    [1] Arrêté du 29 juin 2011 publié au Journal officiel du 7 juillet 2011 portant application de la réglementation des stupéfiants aux produits contenant des nitrites d’alkyle, aliphatiques cycliques, hétérocycliques ou leurs isomères

    [2]  Centre Antipoison et de Toxicovigilance

    [3]  Centre d’Evaluation et d’Information sur la pharmacodépendance

    [4]  Vignal-Clermont C et al. Poppers-associated retinal toxicity. NEJM 2010, 363, 16

    [5]  Audo I et al. Foveal damage in habitual poppers users. Archives of Ophtalmology, 14 février 2011

    [6]  Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies

    [7]  Enquête sur la santé et la consommation lors de la journée d’appel de préparation à la défense

    [8]  INPES : Institut national de prévention et d’éducation pour la santé

  14. Un article du Monde sur des réactions anaphylactiques (=>fortes et immédiates) liées à la prise du Gardasil chez deux adolescentes de 16 et 20 ans.

    Ce que je trouve hallucinant, ce n'est pas tellement que ces réactions aient eu lieu (malheureusement on le savait), mais que des médecins aient jugés bon de leur administrer leur deuxième voire leur troisième injection (trois sont nécessaires selon le labo) malgré un premier choc initial, ce qui a fait complètement dérailler l'organisme de ces jeunes femmes. Comme si cela n'allait pas de soi, qu'au vu du bénéfice/risque au mieux modeste de ce vaccin (je ne vous refait pas le débat plus haut sur ce fil), il fallait absolument éviter des injections ultérieures si l'organisme réagissait mal au premier...

    Gardasil : premières demandes d'indemnisation

    LEMONDE | 11.07.11 | 11h23  •  Mis à jour le 11.07.11 | 14h27

    Aucun risque important n'avait été identifié lors de la sortie du vaccin Gardasil, qui fera désormais l'objet d'un plan de gestion des risques (PGR) pour détecter tout signal d'un nouvel effet indésirable.

    Leurs mères croyaient bien faire et les protéger contre ce mal dont elles entendaient parler à la télé, à la radio, et même au cinéma : le cancer du col de l'utérus. Le problème, c'est que le Gardasil, le vaccin commercialisé en France par le laboratoire Sanofi Pasteur MSD depuis novembre 2006, a transformé leur vie en cauchemar, assurent Laura Agnès et Laëtitia Celli, âgées de 16 et 20 ans. La première vit à Rives, dans l'Isère. La seconde à Digne-les-Bains dans les Alpes-de-Haute-Provence. Elles racontent un quotidien suspendu à des crises de paralysie imprévisibles, des maux de tête et des douleurs au ventre insoutenables.

    Vendredi 8 juillet, elles ont envoyé une demande d'indemnisation à la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) de Lyon, dont elles dépendent. Elles sont les premières, mais "d'autres suivront", prévient le conseil des jeunes filles, Me Charles Joseph-Oudin, qui s'est fait un nom depuis l'affaire Mediator. L'avocat s'attend à ce qu'on lui rétorque que les maladies auto-immunes se développent sans prévenir, "mais là, le facteur temporel est troublant, anticipe-t-il. Les premières crises arrivent après les injections, alors que ces adolescentes étaient en bonne santé, et qu'il n'y a aucun antécédent familial". Leur préjudice physique et moral devra être pris en compte, assure-t-il. "Les hospitalisations ont mis leurs études entre parenthèses, et elles angoissent de savoir comment la maladie va évoluer."

    "PAS SORTI CE VACCIN À L'AVEUGLETTE"

    Laura Agnès se rêvait infirmière. "Les médecins lui déconseillent désormais tout vaccin. Or, pour ce métier, certains sont obligatoires", explique sa mère, Stéphanie Agnès. Sensibilisée par les spots télévisés, c'est elle qui a décidé de faire vacciner sa fille, en 2009, l'année de ses 14 ans, "pour la protéger. Elle n'avait rien demandé, je l'ai empoisonnée. Les chiffres m'ont interpellée. Aux informations, ils montraient des femmes victimes de ce cancer. Je me disais qu'ils n'avaient quand même pas sorti ce vaccin à l'aveuglette."

    La première crise survient quelques semaines après la première injection. Des fourmillements, suivis d'une paralysie dans la jambe gauche. Laura Agnès met trois mois à retrouver l'usage normal de sa jambe. A la deuxième injection, quand le coude est touché, le neurologue soupçonne une maladie génétique, mais ne trouve rien. Les examens sanguins sont bons. "Pendant ce temps, ma fille va à l'école comme elle peut", raconte sa mère. Laura redouble sa 3e. Après une première hospitalisation, en septembre2010, les médecins concluent à une polyradiculonévrite chronique. Deux autres hospitalisations suivent. "Cela ne la guérit pas, mais ça la soulage", explique Mme Agnès.

    Pour Laëtitia Celli, c'est également sa mère qui l'a poussée à se faire vacciner. "Alors qu'elle ne voulait pas, se désespère Rachel Celli, épouse de gendarme. Mais ils m'ont foutu la trouille avec leurs messages." Les effets secondaires apparaissent le soir de la première injection. Fièvre, nausée, vertige. A la deuxième, Laëtitia Celli, alors en 1re, décrit "des coups de poignard dans le ventre": "C'était invivable. Les vertiges, les vomissements arrivaient subitement, tous les deux, trois jours. Je devais sortir de cours." La troisième injection "est une bombe : au lieu d'avoir des journées où je me sentais bien, là, j'étais mal en continu. C'était devenu ingérable. Je n'arrivais plus à rester en classe, on a opté pour le CNED".

    Les médecins de Digne-les-Bains la dirigent vers Marseille (Bouches-du-Rhône) où les spécialistes ne trouvent rien. "Du coup, ils ne me croient pas. Certains parlent d'un problème relationnel avec ma mère, ou du stress à cause du concours de médecine. Mais je n'invente rien. J'étais dynamique, je faisais du sport, je voyais mes copines, et, du jour au lendemain, c'est devenu l'enfer. Je ne peux même plus aller au cinéma, la lumière me gêne. A 20 ans, j'ai quand même autre chose à faire, non ?" Les deux mères décrivent une vie de famille compliquée. Des vacances qu'on ne prend plus, de peur d'une nouvelle crise.

    ETABLIR UN LIEN ENTRE LE VACCIN ET LES SYMPTÔMES

    Pour toute réponse, Sanofi Pasteur MSD renvoie vers l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). L'autorité a recueilli 1 700 notifications pour le Gardasil, qui, comme tout nouveau médicament enregistré au niveau européen, a fait l'objet d'un plan de gestion des risques. Ces notifications concernent "essentiellement des accès fébriles intervenus dans les jours qui ont suivi l'injection", résume Bernard Delorme, responsable de l'information des patients et du public.

    Des cas de maladies auto-immunes ont été recensés, "mais pas plus que pour les autres vaccins, poursuit-il. La proportion des effets indésirables graves est la même que celle qui survient naturellement dans cette tranche de population." Pour que ces jeunes filles soient indemnisées, les experts de la CRCI devront établir un lien entre le vaccin et les symptômes décrits. Cette relation, aucun médecin ne l'a pour le moment formellement établie.

    Dans le cas de Laura Agnès, l'hôpital de Voiron (Isère) mentionne toutefois une "polyradiculonévrite chronique, probablement suite à l'injection de Gardasil." Et le centre de pharmacovigilance de Grenoble, après avoir observé la "chronologie d'apparition" des effets secondaires, a jugé "plus prudent, au vu du rapport bénéfice/risque, de déconseiller la 3e injection de Gardasil." Quant à Laëtitia Celli, elle saisit la CRCI "pour qu'enfin quelqu'un commence à [la] croire et trouve une solution à [ses] souffrances".

    Emeline Cazi

  15. Salut,

    Merci pour ton témoignage aussi précis que prenant.

    Et là où il devient précieux, c'est qu'il démasque tout ce que la presse gay du genre Têtu se refuse toujours à dire et à décrire, à savoir les pulsions autodestructrices présentes dans les pratiques festives qu'ils promeuvent à longueur de page, comme s'ils pouvaient se racheter une bonne conscience en prônant la capote tout en se bourrant ras la gueule de petits comprimés le long de leurs soirées interminables à Ibiza ou sur leur croisière gay, comme s'il était possible de défier le jour et la nuit sans aide chimique conséquente.

    Leur hypocrisie m'insupporte, eux qui disent jamais le moindre mot des drogues récréatives type GHB, omniprésentes dans les soirées gays, qui font à nouveau campagne pour l'usage inconditionnel du poppers et qui vont pleurer sur l'augmentation de la séropositivité chez les jeunes homos et vont faire sortir le violon pour qu'on file plus de pognon au labos via le Sidaction. Il faut lire leur mauvaise fois qu'ils n'arrivent pas à dissimuler avec leurs arguments crétins:

    "Poppers: pourquoi il est inutile de l'interdire

    [...]Le poppers est moins toxique que l'alcool (45.000 morts par an) et le tabac (60.000 morts par an) mais tout d'un coup, il paraît urgent de l'interdire. Le liquide du célèbre petit flacon, essentiellement utilisé par sniff dans un cadre festif et sexuel, fait l'objet de vives critiques, sous la férule d'Etienne Apaire [...]

    Selon lui [NB: président de la Mission Interministérielle de la Lutte contre les Drogues], le poppers serait mauvais pour la santé. Personne ne le nie… mais l'huile de palme et les pesticides le sont également.

    Pendant ce temps, on bourre les Africains d'AZT et de Stavudine sur la base de cet aveuglement, et même encore aujourd'hui, voilà même que le gros labo BMS est fier d'annoncer, il y à peine 10 jours, un accord avec un génériqueur pour diffuser à moindre coût Stavudine et Didanosine dans les pays en développement, comme si tout le monde là-bas rêvait de s'empoisonner avec, alors que les preuves à charges s'accumulent toujours plus contre ces molécules, dont il est à peu près certain qu'elles ont provoquent un vieillissement accéléré. Alors que leur public-cible est composé de milliers d'homos qui ont pris ces molécules trois fois par jour des années entières, vous croyez que Têtu consacrerait une brève pour évoquer cette étude ?

    Celle-ci n'a été reprise que dans un seul article disponible en français, selon Google, disponible, sur Afrik.com, qui a la pudeur de ne même pas lister les molécules en questions (zidovudine, stavudine, didanosine, zalcitabine), et qui reste sur un prudent « Dans le même temps, il est clair que les patients doivent prendre leurs médicaments pour rester en vie… mais notre étude suggère qu’il serait probablement bénéfique de passer aux nouvelles catégories de médicaments », là où l'article anglais cité plus haut évoquait "un vieillissement prématuré irréversible", et que les "personnes ayant arrêté ces médicaments il y a des années restaient vulnérables". Mais ça doit pas être assez fun pour les financeurs de Têtu de parler de certains ARV de cette façon. Quant à VIH.org, qui ouvre sur la prose à sens unique de Pialoux(et qui n'a même pas le bon goût de nous citer), il réussit l'exploit de publier un article qui présente 5 études sur le vieillissement et les complications sans citer celle-ci, parue 10 jours plus tôt - est-ce que parce que les études citées se limitent à évoquer par exemple de pudiques "incidences des comorbodités liées au vieillissement chez les personnes vivant avec le VIH" plutôt que de devoir désagréablement citer les noms de certaines molécules ?

    Désolé j'ai pas bu, c'est un peu tout comme, la gueule de bois du dimanche soir, juste pas fier d'être l'homo occidental trentenaire ce soir icon_cry.gif

    En tout cas Ohm, je suis heureux que tu aies repris le dessus, et que ta santé s'améliore.

  16. Une micro-étude (25 patients sur 8 semaines) présentée à la conférence orthodoxe de Vienne cet été tend à confirmer l'intérêt des antioxydants pour réduire la toxicité mitochondriale des traitements antirétroviraux (toxicité qui n'est plus à démontrer et qui ne se répare pas vraiment, l'ADN des mitochondries étant beaucoup plus vulnérables au stress oxydatif par rapport à l'ADN des cellules).

    Une nouvelle étude publiée dans Nature Genetics montre encore un fois que les ARV de première génération (AZT, Didanosine, Stavudine) provoquent des dégâts particulièrement importants (des mutations) sur l'ADN mitochondrial - les patients qui en ont pris plusieurs années se retrouvant avec un vieillissement des mitochondries dans les muscles équivalent à celui qu'on observe chez des personnes de 70 ans... La toxicité des ARV plus récents, le Tenofovir ou l'Abacavir, seraient nettement moins toxique;la Lamivudine et l'Entricitabine, quasiment pas (comme on pouvait s'en douter icon_wink.gif).

    Les mitochondries, qui produisent l'énergie à l'intérieur des cellules, sont des organites qui auraient fusionnés avec les cellules au cours de l'évolution, selon la théorie géniale de l'endosymbiose de l'américaine Lynn Margulis. Conséquence de cet héritage qui fait de nous des êtres hybrides, les mitochondries disposent encore de leur propre ADN, qui est différent de celui du noyau de nos cellules (notre ADN principal). Cependant, l'ADN de la mitochondrie ne dispose pas des mêmes capacités de réparation que l'ADN cellulaire et s'avère beaucoup plus fragile. Les dommages ne seraient ainsi pas réversibles.

    Une seconde étude anglaise publiée en même temps montre que le vieillissement des mitochondries n'est pas lié à la prise d'ARV en cours, mais est proportionnelle à la durée du traitement passé avec les molécules toxiques (AZT, stavudine, didanosine). Il indique ainsi que les dommages sont "cumulatifs et persistants"...

    Le pire est que tout cela est loin d'être un scoop, puisque l'on sait depuis les années 1930 (!!) que les molécules avec un groupe azoture (trois atome d'azote N=N=N), comme l'AZT, sont capables de déstabiliser les mitochondries en inhibant la respiration cellulaire (la respiration cellulaire et la production d'énergie dans les mitochondries étant une suite de réactions d'oxydo-réductions, qui pour simplifier sont perturbées par le caractère très oxydant des azotures suite à une cascade de réactions).

    La stavudine et l'AZT, désormais peu chères, ne sont quasiment plus prescrits dans les pays occidentaux, mais le sont toujours massivement dans les pays en développement. Nos moralistes du sida qui viennent pleurer chaque année pour venir gonfler l'argent nécessaire à la recherche (et au gavage des labos) restent étonnamment silencieux devant la poursuite de cet empoisonnement massif des populations des pays en développement, même d'un point de vue orthodoxe (l'AZT ou la stavudine pouvant être remplacés à bon compte par d'autres ARV moins toxiques mais plus "efficaces" d'un point de vue orthodoxe, mais dont le brevet court encore; mais comme c'est "mal" de critiquer la voracité des labos...).

  17. Merci Jardinier pour ce lien.

    Sa conclusion nuancée sur l'usage des antioxydants est intéressante et je me permets de la reproduire :

    "Si l'existence d'un stress oxydant est retrouvée au cours de nombreuses pathologies humaines, les études retrouvant un effet positif des antioxydants sont encore peu nombreuses. Dans l'échelle animale, l'Homme est un des mammifères les mieux pourvus en défenses antioxydantes, ce qui pourrait expliquer certains échecs des antioxydants. Par ailleurs, si le concept d'antioxydant est simple à comprendre, leur action n'est pas univoque. Elle s'exerce dans des territoires physico-chimiques différents (membranes cellulaires de nature lipidique, protéines liposolubles, ADN...) avec des mécanismes d'action différents. L'antioxydant idéal devrait être celui qui prévient la formation de dérivés réactifs de l'hydrogène ou agit au plus près de leurs lieux de fabrication. Cela nécessite avant toute chose de mieux connaître l'origine exacte du stress oxydant, ce qui en clinique n'est pas le cas. Il convient donc de développer encore les outils et les connaissances dans le domaine de la recherche fondamentale mais surtout dans celui de la recherche clinique."

    D'autre part, le chapitre relatif à la nutrition et à l'immunité rappelle, tout en le nuançant, que les acides gras insaturés omégas-3 et omégas-6 peuvent participer à inhiber l'activation et la prolifération des lymphocytes T, et donc par extension des CD4.

  18. (rebayima @ Samedi 28 Mai 2011 23h14)

    soit, on ne comptait pas les lymphocytes avant 1980, mais s'il y avait eu épidémie ciblant des groupes particuliers, les organismes de santé et la presse en aurait parlé!!!!

    Il y a deux groupes cibles qui sont quelque part "à l'origine" de l'épidémie de sida, parce que visibles, identifiables et organisés : les homosexuels masculins et les hémophiles.

    Dans les deux cas, il y a des changements importants dans les pratiques à partir de la fin des années 60 et durant les années 70, soit avec à peine 10 ans de latence.

    Chez les homosexuels masculins, l'exposition est maximale à partir des années 60, avec à la fois la libération sexuelle, la généralisation du poppers (et des amphétamines), la multiplication des partenaires, l'explosion des MST et de la prise régulière voire continue de certains antibiotiques pour les soigner. Le tout dans des proportions jamais atteintes avant la libération sexuelle.

    Chez les hémophiles, le facteur VIII a été mis au point en 1964 et s'est généralisé durant les années 70. Le Perth Group a rappelé comment les procédés initiaux de mise au point du facteur VIII et les injections répétées pouvaient en elles-même générer une immunodéficience:

    Factor VIII was first introduced in the late 1960s. "In 1975, the average patient received an estimated 40 000 units of factor VIII per year (a unit being the equivalent of 1mL of fresh frozen plasma as to factor VIII content). By 1981, the average patient was consuming 60 000 to 80 000 units per year" (Levine, 1985). The introduction of factor VIII led to a dramatic decrease in haemophilia deaths from bleeding but it also had some harmful effects including myocardial ischaemia, visual disturbances, headache, dyspnoea, bronchospasm, hypotension and anemia (Eyster & Nau, 1978; Kopitsky & Geltman, 1986; Beeser, 1991). As previously stated, factor VIII preparations contain immunoglobulin which may produce systemic reactions such as pruritus, chills, fever, tremor, flushing, malaise, nausea, vomiting, back pain and joint pain (van Aken, 1991). Before the AIDS era, no immunological studies were carried out in haemophiliacs but subsequently, as has been mentioned, in 1985, Eyster et al showed that the frequency of lymphocytopenia and thrombocytopenia was increased in haemophiliacs prior to the AIDS era (Eyster et al., 1985). More recently performed immunological studies including determination of T4 cell numbers, led to the generally accepted view that factor VIII itself is immunosuppressive. Recently, researchers from the UK showed that progression to AIDS in HIV seropositive haemophiliacs is determined by abnormalities induced by factors other than HIV all of which existed before seroconversion (Simmonds et al., 1991). In other words, HIV is not sufficient for the development of AIDS in patients with haemophilia.

    Mais en l'absence de "l'épidémie" chez les homosexuels, il n'est pas certain qu'on ait imputé les pathologies dont souffraient les hémophiles à un nouveau virus, mais comme conséquence de l'hémophilie elle-même et des transfusions répétées - avant les années 80, les hémophiles souffraient déjà de problèmes de santé graves et réguliers, même si le facteur VIII a été un progrès par rapport aux transfusions effectuées précédemment.

    Chez les autres groupes à risques, il est encore moins certain qu'on ait fait le lien avec un nouveau virus. On aurait blâmé le style de vie des toxicomanes, et les risques liées à la drogue elle-même. Et chez les Africains, on aurait été incapable de différencier les maladies opportunistes du sida des nombreuses maladies tropicales et de la tuberculose, largement répandues - d'ailleurs je ne suis pas bien sûr qu'on puisse le faire aujourd'hui...

    Car c'est bien avec le test mis au point chez des hommes homosexuels malades qu'on a testé ensuite les autres groupes...

  19. Salut,

    En fait la difficulté provient du fait que le NO est un composé dit "ubiquitaire", qui est produit et impliqué à de multiples niveaux. Il a été longtemps méconnu car difficile à détecter du fait de sa grande réactivité.

    Il y a 3 principales origines du NO :

    - Le NO "neuronal": produit dans les neurones, il joue apparemment un rôle de neurotransmetteur.

    - Le NO "endothélial": l'endothélium constitue la paroi interne des vaisseaux sanguins. Le NO endothélial a une fonction vasodilatatrice, qui abaisse la tension en augmentant le flux sanguin, par dilatation des vaisseaux et décontraction des muscles lisses. Les poppers (nitrites d'alkyle) et les dérivés nitrés miment cette fonction vasodilatatrice par un apport de NO exogène (extérieur).

    - Le NO "inductible" : il s'agit du NO que tu évoques, produit par certaines composantes du système immunitaire, en particulier les macrophages, pour éliminer les corps jugés étrangers, au même titre que d'autres radicaux libres (l'ion superoxide O2- notamment). Le NO agirait comme un radical libre qui élimine le pathogène par stress oxydatif, mais ce n'est un oxydant puissant que lorsqu'il se combine avec l'ion superoxide pour former des peroxynitrites (ONOO-) au niveau des macrophages (par réaction du NO avec l'O2-), dont l'effet sur les pathogènes est lui indiscutable, provoquant notamment des dégâts sur l'ADN et la membrane des mitochondries, et amenant à l'apoptose (mort programmée) ou la nécrose (mort physique) des pathogènes concernés.

    - Et il y a même un NO "bactérien" produit par les bactéries, et qui à l'inverse les protégeraient du système immunitaire de l'hôte...

    Une production importante de NO inductible par les macrophages est effectivement stimulée par une certaine activation du système immunitaire; c'est souvent associé à une activité spécifique des lymphocytes de type Th1 - ceux-ci étant des lymphocytes de type CD4. Les lymphocytes Th2 eux stimulent la production d'anticorps et freinent la production de NO. Il y aurait d'autres types de lymphocytes CD4 impliqués dans la modulation de la réponse immunitaire : les Th17, les Treg... sur lesquels on sait encore peu de chose.

    Comme tu l'indiques, l'effet du NO et plus particulièrement des peroxynitrites n'est absolument pas spécifique, et touchent toutes les cellules sans discrimination, y compris les propres cellules "saines" de l'hôte. Cela peut être la source de phénomènes inflammatoires, quand la réponse Th1 est trop forte et se traduit par une trop forte production de NO (et par réaction de peroxynitrites) qui fait des dégâts "collatéraux". L'effet anti-inflammatoire de la cortisone serait d'ailleurs liée au fait qu'elle inhiberait la réponse Th1 au profit de la réponse Th2...

    A l'inverse, l'absence de réponse Th1 permettrait le développement des maladies opportunistes, car il n'y aurait notamment plus assez de production de NO par les macrophages pour éliminer certains micro-organismes, notamment les champignons (candidoses, pneumocystoses...), qui peuvent alors se multiplier.

    Alors quel lien entre tout ça et l'apoptose des lymphocytes Th (CD4) qui provoquerait les maladies opportunistes liées au sida ?

    Est-ce qu'il y a une vulnérabilité particulières des lymphocytes Th vis-à-vis du NO et des peroxynitrites, alors que les dommages causés par ceux-ci ne sont pas censés être spécifiques ?

    Je ne crois pas qu'on ait une réponse claire à cette question-clé aujourd'hui. Mais il est certain que le NO joue un rôle de régulation ou de signal clé dans le système immunitaire, et que des perturbations seraient susceptibles de générer des dysfonctionnements d'ensemble. Est-ce que c'est lié au fait que les peroxynitrites réagissent spécifiquement avec un acide aminé, la tyrosine, qui joue rôle-clé dans l'activation des lymphocytes Th ?

    Car on constate bien, empiriquement, que les personnes situées dans les groupes à risques du sida sont susceptibles d'être exposées à des quantités importantes de NO, notamment par l'exposition répétée au poppers (NO exogène), au sperme (très oxydant par nature), à certains médicaments (certains antibiotiques, l'isoniazide), à des infections chroniques (production continue de NO par les bactéries ou par le système immunitaire répondant à l'infection). La surexposition au NO est initialement contrôlée par le mécanisme de régulation antioxydant du corps (le gluthation), mais se laisse ensuite submerger quand les quantités sont trop importantes et que le taux de glutathion s'effondre. Cheminot a très avantageusement résumé tout cela dans son article et dans de très nombreux messages sur le forum.

  20. Dans ce que j'avais lu jusqu'ici, je n'ai pas souvenir (ou je n'ai fait attention) à des dispositions concernant plus particulièrement les enfants en bas âge.

    En lisant le premier article sur le lien Google que tu cites, l'attention est focalisée comme toujours non sur les AGPI en général mais sur les omégas-3 puisque les apports d'omégas-6 sont réputés être toujours largement suffisants (en particulier via tous les plats cuisinés où les omégas-6 sont généralement utilisés). Les omégas-3 assimilables cités se trouvent essentiellement dans un petit nombre de poissons gras dont la plus grande partie de la population, continentale, se nourrit logiquement assez peu, et ce depuis toujours... sans compter que plusieurs de ces poissons se dégustent souvent avec des huiles végétales à forte proportion d’oméga-6 (les maquereaux ou les sardines, à l’huile ou en friture…). Et l’article conclut en laissant supposer que le mieux c’est de prendre des compléments alimentaires d’omégas-3 en capsule si on n’a pas envie de manger des maquereaux matins et soir… comme si l’humanité avait eu besoin de donner des capsules d’omégas-3 à ses enfants pour se développer et survivre jusqu’à présent !

    Cet article plus technique mais autrement plus fouillé (on peut sauter les passages les plus techniques) montre lui aussi les effets délétères des AGPI de type omégas-6 sur les enfants en bas âge, notamment ceux de la mère qui passent dans le lait maternel et qui serait responsable de la forte progression de l'obésité infantile (en plus des effets inflammatoires décrits en long et en large par Wallypat).

    Au-delà des quelques conseils de base que rappelle Brume et auxquels je souscris, et comme Olivier et plus haut Yacre, tout est une question d’équilibre et aussi de plaisir… l’important pour les enfants, c’est peut-être surtout de ne pas contrarier leur rapport au goût et aux aliments ?

  21. mille merci à vous tous, je vais reprendre les arv : je l'ai dèjà fait en 2008 et mes t4 étaient montés de 7 à 120 en 1 an avec un peu plus de 60 000 copies de c.virale.

    MAIS honnêtement, je ne me sentais pas mieux, tjrs cette fatigue...

    j'ai envie d'essayer d'abord le pao pereira. qu'en pensez vous ?

    en relisant mes bilans 2008, les valeurs selon l'orthodoxie évoluaient positivement mais les analyses classiques montraient une forte neutropénie, forte anisocytose, forte microcytose.. globules de très petite taille, ou avec grande différence de taille, ou immatures présents dans le sang circulant ;

    donc un fort dysfonctionnement dans l'hémogramme ; et si c'était ça le vrai problème ? càd anomalie ou dysfonctionnement hémato ? comme dans les cas d'anémie ?

    ce combat m'épuise, heureusement que je peux vous en parler....

    L'anémie est une cause typique de la fatigue, est-ce que tu en avais déjà auparavant, ou est-ce que c'est apparu avec la prise d'ARV ? C'est un effet secondaire fréquent de certains ARV...

    Est-ce que tes médecins ont cherché à en connaître la cause, ou peut-être se sont-ils contentés de l'attribuer au VIH ?

  22. Là, Karri Stokely est morte apparemment d'une pneumonie. Il y a quelques mois, c'était un autre dissident à qui on avait diagnostiqué un kaposi aux poumons. Tant que les dissidents n'auront pas compris que ces maladies aussi sont bidons, l'orthodoxie pourra les rattraper par ce biais là.

    Toutes les hypothèses sont possibles, mais comme on sait peu de choses, il est à mon avis difficile de dire si Karri Stokely est décédée parce qu'elle a pris des ART pendant 10 ans (et du Bactrim en continu pendant 2 ans d'après son blog), parce qu'elle les a arrêté, parce qu'elle les a arrêté trop vite, ou parce qu'elle a eu de graves problèmes de santé lors de son second accouchement, au moment où son test est revenu positif.

    Et c'est plutôt ce dernier point que je retiens de son histoire tragique.

    Typiquement, elle n'était pas dans les groupes à risque, elle qui se décrivait comme une femme blanche de la middle-class américaine sans histoire. Alors soit le test dit VIH ne correspond à rien, et elle a été la victime du hasard, parce que quand la plupart des gens en bonne santé font un test, il revient négatif. Soit le test reflétait, de façon imprécise et absolument non spécifique, que son état de santé était dégradé, ce qui semblait bien être le cas.

    Une toute récente étude danoise indique que "32% des décès de patients séropositifs étaient du à des maladies graves déjà présentes avant le diagnostic du VIH". Et que la cause de "45% des décès n'était pas relatés au VIH". Cela collerait plutôt avec l'histoire de Karri. Ridiculiserait encore une nouvelle fois l'hypothèse orthodoxe rétrovirale (le supposé VIH serait tellement intelligent qu'il contaminerait d'abord les gens déjà malades ??). Et inciterait malgré tout à ne pas trop s'éloigner des toubibs, au moins de ceux qui peuvent penser aussi sans le VIH.

  23. Ben, en guise de témoignage rapporté (puisqu'il ne s'agit pas de moi-même) un truc que je voulais écrire depuis un moment, mais comme je réfléchis en même temps sur la question de savoir si j'ai encore ma place ici, car je dois avouer que j'ai bien le cul entre deux chaises (et non pas que mes questions ont disparues, mais plutôt la question de savoir quelle responsabilité on peut avoir, même passivement, dans le choix des gens et les conséquences qui sont pour leur pomme, pas pour la mienne), je ne l'avais pas encore écrit. Mais en fait je peux pour l'instant simplement dire:

    Salut Rebayima,

    Je ne saurai mieux dire que Brume, me trouvant dans une situation et un questionnement un peu pareil, n'étant moi même pas personnellement positif mais ayant connu directement et lu plusieurs témoignages de dissidents affirmés ayant repris temporairement des antirétroviraux, afin d'améliorer, plutôt avec succès, une situation qui déclinait.

    On a longuement discuté sur le forum des propriétés potentiellement bénéfiques des ARV même si le supposé VIH s'avérerait bien une chimère.

    Cheminot a expliqué ici en long et en large les propriétés anti-oxydantes de nombreux INTI (la lamivudine, l'entricibatine, le ténofovir...) malgré leurs effets secondaires plus ou moins importants.

    De nombreuses publications récentes font aussi état de propriétés directement antifongiques et antiparasitaires (typiquement des maladies opportunistes) des inhibiteurs de protéases, sans qu'il soit question ou besoin de VIH (voir par exemple ici ou ). Cela montre bien que les chercheurs, quoi qu'ils en disent, ne maîtrisent pas bien le mécanisme d'action de leurs médicaments (parce qu'ils découvrent encore beaucoup de choses), et que le fait qu'il puisse marcher ne prouve en rien que le VIH existe.

    Après c'est une question personnelle, le seul conseil certain que je donnerai, c'est d'éviter les ARV les plus toxiques, surtout les plus anciens (l'AZT, la stavudine, la névirapine, la didanosine, le saquinavir), ainsi que sans doute aussi l'étravirine, plus récente, qui n'est normalement prescrite qu'en dernier recours, et aussi l'usage au long cours du Bactrim en l'absence de maladies opportunistes.

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