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> Conférence mondiale du sida à Vienne, A propos du gel microbicide...
Ecrit le : Dimanche 25 Juillet 2010 00h28 
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La "18ème Conférence mondiale" sur le sida s'est déroulée cette semaine à Vienne… de quoi prendre la température de l’orthodoxie.
Et d’après les réactions générales, elle est plutôt tiédasse.

L'AFP écrit ainsi ce vendredi : « La 18e Conférence sur le sida s'achève sur un bilan en demi-teinte ». Comme chaque année, toujours le même bilan misérabiliste destiné à attirer des fonds toujours insuffisants – ce qui prend un tour assez piquant quand ce sont les « deux Bill » - Bill Gates et Bill Clinton, ces deux grands humanistes désintéressés, qui viennent à la tribune verser leur larme.

Un peu plus intéressant, la « Déclaration de Vienne » de scientifiques appelant à une autre politique vis-à-vis des toxicomanes et l’arrêt de la « guerre contre la drogue », jugée inefficace, et de mieux lutter contre la toxicomanie. Ils prennent peur aussi de la forte progression de la séropositivité chez les toxicomanes en Russie et en Europe de l’Est (jusqu’à 70% des tocixomanes y seraient séropositifs). Notre chère ministre française Roselyne Bachelot en profite, d’après Libé, pour se faire une petite opération de communication.

Tout ceci n’est pas faux, mais il est assez hallucinant que ce problème majeur de nos sociétés est abordée par le plus petit bout de la lorgnette (les échanges de seringue considérés comme source de transmission du « VIH »), alors que c’est bien la toxicomanie et la toxicité de ces drogues qui constitue le problème de santé majeur (et accessoirement la drogue est bien plus probablement que la seringue souillée elle-même, la cause de la séropositivité au test dit VIH).

Mais au-delà des jérémiades et rodomontades habituelles, c’est sur le plan scientifique – sur les résultats de l’orthodoxie – que les choses devraient êtres les plus instructives. Et à moins que j’ai raté quelque chose (je n’y étais pas), ça inquiète, car c’est le calme plat.

La principale nouveauté que rapporte la presse ne rassure pas à propos de l'orthodoxie : en témoigne sa dernière trouvaille : une étude de 2010, réalisée sur des femmes sud-africaines, portant sur un gel vaginal microbicide, qui serait efficace pour prévenir la transmission du "VIH". Et cela vaut la peine de s’y attarder.

D'un point de vue orthodoxe, il y a déjà eu de nombreuses études sur l'efficacité de gels microbicides, qui tuerait le "VIH" avant qu'il ne pénètre dans le corps de l'hôte et ne l’infecte.
L'objectif serait que les femmes puissent contrôler leur "prévention" sans dépendre de la bonne volonté du partenaire masculin d'enfiler un préservatif.

C’est à partir de là que ça se gâte. Jusqu’ici, les études menées avaient été pour l’orthodoxie terriblement décevantes. L’étude rappelle en introduction que « dans les 20 dernières années, aucun des 11 essais portant sur 6 produits candidats n’ont démontrée une protection significative contre l’infection au VIH. » [Over the last 20 years of microbicide research, none of the 11 effectiveness trials of six candidate products have demonstrated meaningful protection against HIV infection]

Par exemple en 2007, une étude portant sur un gel à base de sulfate de cellulose avait été suspendue car « les tests de la Phase III d’effectivité du Sulfate de cellulose, un microbicide expérimental, ont été suspendus sur la base de données préliminaires qui donnaient à penser que l’utilisation du SC pouvait en réalité accroître le risque de contracter le VIH. » Rebelote en 2008 : un gel produit à base d'algues le Carraguard, qui avait pourtant fonctionné chez les modèles animaux ( !) « s’était révélé inefficace à la fin de la phase III ». En effet, les chercheurs ont diagnostiqué 134 nouvelles infections parmi celles qui utilisaient le Carraguard et 151 parmi les autres —une différence pas assez élevée pour être jugée significative.

Quelle différence alors pour ce nouvel gel qui enthousiasme les grandes pontes de l'orthodoxie : "Ce sera une des grandes nouvelles de Vienne" selon le Professeur Delfraissy, avec des "implications (...) énormes", selon Anthony Fauci ?

Déjà la composition : il est à base de Tenofovir, déjà largement utilisé par voie orale dans les multithérapies, et s’avère un « microbicide » d’autant plus efficace que l’on a déjà évoqué ici le fait que sa structure chimique est très proche du glyphosate – c'est à dire du Round-Up...

Ensuite, les résultats seraient nettement meilleurs : le gel serait plus efficace de 39% par rapport à un placebo. Traduction en chiffre : 38 femmes sur 445 avec le gel auraient été contaminées par le VIH, contre 60 femmes sur 444 avec un placebo. Ils serait encore plus efficace chez les femmes qu'ils l'utilisaient très régulièrement, ainsi que chez celles qui ont montré un meilleure niveau d'adhérence du gel sur les parois vaginales. Petit problème quand même : 40% des femmes auraient "un faible niveau d'adhérence".

Mais bon, mauvaise langue comme je suis, je ne peux m’empêcher de voir rouge. icon_tresfache.gif

Déjà 38 femmes sur 445 utilisant le gel ont été « contaminées » en 30 mois, soit près de 8% de séroconversion : cela démontre encore un très haut degré d’inefficacité !
Ensuite il faut déjà rapprocher ces chiffres « encourageants » de 38 contre 60 par rapport aux chiffres « décourageants » de 134 contre 151. C’est peut-être statistiquement significatif, mais on est quand même à quelques unités près, surtout quand on connaît la fiabilité des tests et plus encore ceux utilisés généralement en Afrique.

Justement, à propos, comment sont testées ces jeunes femmes sud-africaines dans cette étude ?

L'étude indique qu'ils utilisent deux tests rapides [Determine HIV 1/2 d'Abbott et Uni-Gold Recombigen® HIV test de Trinity Biotech]. Ce sont deux tests rapides, et comme il est dit dans House of Numbers : "on sait que plus rapide et moins cher veut dire plus fiable".
Ainsi la notice de l'Uni-Gold Test de Trinity indique : "Uni-Gold™ Recombigen® HIV n'est pas approuvé pour tester à grande échelle les donneurs de sang, de plasma, de cellules ou de tissus". [Uni-Gold™ Recombigen® HIV is not approved for use to screen donors of blood, plasma, cells or tissues]
C'est donc qu'il est très fiable ?

Rappelons qu’en France même si les tests rapides viennent d’être autorisés par le Ministère de la Santé, ils ne le sont que pour des usages limités et restreints, indiquant donc ouvertement que la règle doit rester celle en premier lieu de la pratique d’un test ELISA en bonne et due forme. S’il est positif, le test ELISA doit être répété une seconde fois, et s’il est à nouveau positif, un test de confirmation, de type « Western Blot » doit être réalisé (les bandelettes qui identifient individuellement chacun des anticorps aux protéines supposées du VIH). La procédure est semblable à ma connaissance dans la plupart des pays « riches ».

Quel test de confirmation est utilisé pour confirmer la séropositivité des ces jeunes femmes sud africaines dans le cas de notre étude sur le gel microbicide ? Eh bien… une double mesure de charge virale. Oui oui. C’est écrit ainsi : “Pour les participantes avec des résultats discordants, indéterminés, ou positifs concordants, la possibilité de la séroconversion était établie par deux tests de PCR, à environ une semaine d’intervalle. » [Participants with concordantly positive, discordant or indeterminate results were assessed for possible seroconversion by two separate RNA polymerase chain reaction (PCR) (Roche Cobas Amplicor HIV-1 Monitor v1.5, Roche Diagnostics, Branchburg, New Jersey, USA) assays, about one week apart.]
Et il ne donne même pas le niveau de charge virale retenu pour confirmer la séroconversion.

Rappelons encore quelques éléments factuels : le test de charge virale (par PCR) est strictement interdit dans tous les « pays riches » pour diagnostiquer ou confirmer une séroconversion. Il est utilisé uniquement pour tester l’évolution supposée du virus chez les personnes dont la séropositivité est déjà confirmée par la procédure habituelle (ELISA puis Western Blot). En effet, la mesure de la charge virale manque notoirement de spécificité... Mais c'est pas grave : l'étude précise que les femmes sud-africaines devenues séropositives après ce marathon de tests (elles étaient testées chaque mois, soit jusqu'à 30 fois) ont gagné à un accès à une multithérapie antirétrovirale gratuite... si c'est pas beau la vie malgré tout...

Alors avec de tels tests de diagnostics, le 38 contre 60… ça ne fait rêver que ceux qui ont besoin de continuer leur carrière dans l’orthodoxie du $ida.
Les autres ont le droit de rester au moins aussi sceptiques qu'avant, et de continuer à se poser beaucoup de questions sur la façon dont on instrumentalise les femmes africaines.

Ainsi même dans une étude à portée internationale, ils ne sont pas foutus de respecter les normes que l’orthodoxie avait initialement (et péniblement) mis au point. Et après, de ces études réalisées par-dessus la jambe on rédige de grandes recommandations internationales…

Ce qui est toujours troublant, c'est que ces études ne sont font jamais n'importe où : Mondial ou pas, on est en Afrique du Sud.
Pourquoi ne fait-on jamais ces études sur les « gels microbicides » dans les pays riches ? Qui voudrait tester, en France ou Canada, à titre individuel, un produit de prévention aussi notoirement inefficace ?

Je vous laisse répondre à cette question !
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Ecrit le : Dimanche 29 Août 2010 07h39 
PNI
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Un post un peu passé sous les neiges de l'été, mais hyper intéressant.
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