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Jibrail

COVID-19

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Bon,

Alors que le COVID-19 monopolise l'attention et l'actualité, difficile de rester silencieux alors qu'on ne cesse de parler de test, de dépistage, de PCR et d'anticorps (c'était pas inutile de faire un peu de virologie en autodidacte !). Et que le Comité Scientifique de l’Élysée est truffée de sommités du "VIH".

Pas le temps de faire le CV de tout le monde, mais c'est vrai qu'on a déjà eu la chance d'évoquer le Président de ce Comité, le bon docteur Jean-François Delfraissy, ex-directeur de l'ANRS (Agence Nationale de Recherche contre le Sida), qui avec un enthousiasme parfois un peu trop vif, sur le gel vaginal microbicide par exemple.

On a aussi évoqué sur ce fil certaines des recherches passées de l'incontournable Professeur Raoult, et son discutable apport aux fondements de la rétrovirologie. Ce qui ne nous dit rien, je le précise tout de suite, sur l'intuition qu'il a concernant l'intérêt de la chloroquine comme traitement de l'infection.

Parce que concernant les traitements, l'histoire ne cesse de tourner en rond. Les essais "DISCOVERY" lancés en France par l'INSERM sont en effet intéressants à regarder. Parmi les 5 bras de l'essai clinique, deux sont à base de lopinavir/ritonavir, une des composantes des multithérapies antisida, qui viennent de prouver leur inefficacité dans une publication chinoise (certes de durée courte et d'échantillon limitée) qui reste en Une du NEJM depuis une semaine - excusez du peu (le New England Journal of Medicine est la première revue médicale au monde pour son impact).

J'essaierai de creuser dans les prochains jours, mais cela paraît à première vue d'autant plus absurde de tester le Lopinavir que les effets du COVID-19 semblent inverses à ceux constatés dans les maladies définissant le SIDA. A la différence de l'auberge espagnole que constitue le SIDA, et ces multiples maladies à géométrie variable,  on observe apparemment toujours la même chose dans les cas graves de COVID : une tempête de cytokine dans les poumons ("cytokine storm") - les cytokines étant des molécules principalement produites par les lymphocytes T-Auxiliaires (nos fameux T4) du système immunitaire - en particulier des cytokines pro-inflammatoire (TNF-alpha) qui déclenchent des dégâts importants dans les poumons.  Ces cytokines pro-inflammatoire, typique des maladies autoimmunes (polyarthrites, lupus, sclérose en plaques...) sont celles qui manquent cruellement aux patients qui souffrent des maladies définissant le sida (voir ici, sur cette page ou encore  , en anglais), incapables de combattre les parasites et champignons pathogènes typique des maladies définissant le sida. Mais comme ils imaginent que le lopinavir est effectif contre un virus, il s'imagine que ce sera efficace contre le COVID...

A l'inverse, l'hydroxychloroquine promue par le Dr Raoult paraît un choix spontanément plus logique à tester dans la mesure où elle est utilisée justement avec un certain succès dans le cas de certaines maladies autoimmunes, lupus et polyarthrites, depuis plusieurs décennies... Une efficacité qui paraît à première vue absolument pas antivirale, mais potentiellement efficace contre les dégâts inflammatoires qui font suite à l'infection.

Enfin le dernier bras de l'essai concerne un supposé antiviral, le Remdesivir, de l'incontournable laboratoire GILEAD, qui encombre beaucoup nos archives numériques...  Est-ce que cela sera encore le jackpot pour GILEAD cette fois, après avoir encaissé les dizaines de milliards du Tenofovir, puis du Sofobusvir (contre l'hépatite C) ? Rien n'est moins sûr, le Remdesivir ayant échoué il y a quelques années à être efficace contre Ebola (lors de l'essai clinique, 50% des patients sont morts, autant que dans le groupe contrôle), et étant conçu comme un analogue de nucléotide qui interfère dans la polymérase de l'ARN (viral) d'une manière un peu similaire à la façon dont l'AZT était censé interférer dans la transcriptase inverse du supposé VIH ("DNA Chain Terminator"). Dans un de leurs articles les plus mémorables, Le Perth Group avait montré comment l'AZT ne pouvait pas fonctionner comme un inhibiteur de la transcriptase inverse, et expliquait à la fois son inefficacité et sa toxicité. Sans pousser plus loin, la comparaison, il y a néanmoins tout lieu d'être méfiant sur le recyclage du Remdesivir qui ne présente pour l'instant que des résultats in vitro soi-disant favorables et dont l'efficacité "in vivo" n'a jamais été démontrée. Car comme GILEAD l'indique lui-même, le médicament "n'est autorisé nulle part et il n'a pas été démontré qu'il soit efficace ou sûr pour aucun usage" ....

Citation

Remdesivir is not yet licensed or approved anywhere globally and has not been demonstrated to be safe or effective for any use

Affaire à suivre ces prochains jours. Les résultats des essais cliniques chinois, en avance sur les français, seront connu au plus tard début avril.

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Bonjour à vous,

 

merci Jibrail. Je me permets de vous signaler cette interview récente de David Rasnick par Celia Farber, où sont comparés VIH et coronavirus. Pour Rasnick, alors que le coronavirus est un vrai virus qui peut être facilement isolé et observé au microscope électronique, le VIH n'est qu'un artefact de laboratoire. En effet, on sait sur ce forum que la méthode de purification n'a jamais été pratiquée efficacement sur le VIH, alors que cet article sur le SARS-COV2 a appliqué avec plus de rigueur les méthodes usuellement considérées comme nécessaires pour isoler et purifier un virus. On notera cependant que si Rasnick pense que le SARS-COV2 est un vrai virus, lui comme Crowe n'ont pas cessé d'être sceptiques sur la dangerosité de cette épidémie (Crowe pense lui que le virus n'existe pas, malgré l'article partagé... sans doute parce que ce virus ne respecte pas les postulats de Koch ne sont pas respectés et parce que les tests manquent de spécificité).

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Salut,

Merci pour l'info... S'il y a une information importante à retenir, c'est que Rasnick, 22 ans après, renie l'article-clé de 1998 qu'il a cosigné avec Duesberg : "The AIDS Dilemma: Drug Diseases Blamed on a Passenger Virus", puisque le supposé VIH n'est plus le "virus passager" décrit par Duesberg, mais un "artefact de laboratoire", comme l'ont suggéré le Perth Group dès 1988 (et décrit avec une belle acuité une décennie durant).

A ce moment-clé de la dissidence du sida, à la fin des années 90, alors que le Perth Group commençait à atteindre une audience significative, et que l'émergence des multithérapies allait bientôt changer complètement la donne, Duesberg et Rasnick ne trouvait rien de mieux que de consacrer toute leur énergie à défendre envers et contre tout la thèse inepte du "virus passager" contre celle du "virus qui n'existait pas" du Perth Group, à laquelle Rasnick finit par se rallier au crépuscule de sa carrière, au moment où il n'y a plus d'autre enjeu que rétrospectif.

Certains diront, "mieux vaut tard que jamais". Peut-être, si c'était assumé, si un bilan était fait, si des leçons en avait été tirées. Rien de tout ça puisque rien n'est reconnu et encore moins compris. A partir de là, il bien difficile de prêter attention à ses propos sur le COVID, comme à ceux de Celia Farber qui les relaie, avec un regard autre que celui de l'historien et du sociologue des dissidences, et de les disséquer avec une précision microscopique mais sans une once de vibration. Le blog de Celia Farber est d'ailleurs exemplaire de la radicalisation "trumpienne" de la critique libertarienne (fonds idéologique à mon sens déterminant , du moins majoritaire, de la dissidence  américaine du sida), et qui devient de plus en plus réactionnaire face à la résistance et même au renforcement de la puissance des institutions néolibérales en général et des agences de santé américaines, CDC ou FDA (le grand public a ainsi appris connaître Anthony Fauci et la CDC, que les lecteurs attentifs du forum connaissaient déjà bien). Ce qui me paraissait encore à l'époque tempérée par des influences multiples, y compris issue des mouvements d'émancipation des années 60/70, est devenue de ce point de vue de plus en plus caricatural.

Bien sûr, il y aurait beaucoup, énormément à dire sur le COVID-19, la nature et la gestion de l'épidémie. Il n'est pas question non plus d'abandonner la critique des institutions néolibérales de la santé, qui ont transformé le sida en catastrophe ni même rejeter la critique libertarienne d'un revers de main. Mais, et sans doute est-ce parce que je suis blasé, mais comment dire... Comme les critiques de cette vieille garde, qui s'était trompé sur l'essentiel et n'avait pas su évoluer, sont attendues, sans surprises, et au final de peu d'utilité.

 

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