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Jibrail

Actualisation des recommandations américaines en matière de traitement

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Les autorité de santé américaines, à travers la CDC (Center for Disease Control) viennent d'actualiser leurs recommandations en matière de traitement.

Cinq combinaisons de médicaments sont privilégiés :

  • Dolutegravir/abacavir/3TC (pilule unique Triumeq) [si le HLA-B*5701 est négatif]
  • Dolutegravir + tenofovir/FTC
  • Elvitegravir/cobicistat/tenofovir/FTC (pilule unique Stribild) [si if CrCl est >70 mL/min]
  • Raltegravir + tenofovir/FTC
  • Darunavir/ritonavir + tenofovir/FTC

Il y a trois aspects intéressants :

1. Exit l'Atripla, la pilule unique "star" qui contenait Efavirenz, Tenofovir et Emtricitabine, et qui s'était vendu à plusieurs milliards de dollars ces dernières années. En cause, la toxicité de l'Efavirenz. Et là on reste confondu devant autant d'hypocrisie car la toxicité d'Efavirenz était connue depuis toujours - elle était identifiée dès les premiers essais cliniques, et ce n'est que lorsque son brevet a expiré et que de nouvelles molécules coûteuses ont été mises sur le marché, que finalement, l'Efavirenz, tout comptes faits c'est pas si bien que ça.

2. Le Tenofovir reste incontournable dans 4 des 5 thérapies, tout comme les inhibiteurs d'intégrases. En effet, le brevet du Tenofovir est encore valide est ne tombera qu'à partir de fin 2017 aux Etats-Unis. Pas de souci pour Gilead cependant, le producteur de la molécule, car une nouvelle version du Tenofovir (le Tenofovir Alafenamide) a déjà fait l'objet d'essais cliniques favorables, et une première demande d'autorisation à l'agence du médicament américaine (la FDA) vient d'être déposée en avril 2015. Cette nouvelle version aurait l'immense avantage de réduire ses principaux effets indésirables, en particulier sur les reins et la densité minérale osseuse, tout en conservant son efficacité "virologique".

Que du bon pour les patients, avec un juste tout petit détail en passant : Gilead travaillait déjà sur le Tenofovir Alafenamide (TAF, nom de code GS 7340) en... 2001. Soit au même moment que la mise sur le marché de l'actuelle version du Tenofovir (le Tenofovir disoproxil fumarate, TDF). C'est vrai qu'il aurait été ballot de refaire pour la nouvelle version tous les essais cliniques déjà réalisés pour la première version un ou deux ans plus tard, juste pour diminuer les effets secondaires, alors qu'en attendant 15 ans (15 ans d'effets secondaires) on pouvait doubler la mise en redéposant un second brevet et en rallongeant la durée d'exclusivité de 15 années supplémentaires. Le bon sens en action, et c'est même pas moi qui le dit.

TAF is probably a better drug than TDF, and the sub-clinical markers may have advantages. However, these were not sufficiently important for patient care for Gilead to prioritise it’s development.

Gilead had in vitro data on the potential benefits of TAF (formerly GS-7340) in 2001 and held back on development for over a decade before presenting Phase 1 data at CROI in 2011.

Le TAF est probablement un meilleur traitement que le TDF, et les marqueurs subcliniques pourraient avoir des avantages. Cependant, ils n'étaient pas suffisamment important du point de vue du soin du patient pour que Gilead priorise son développement. Gilead a des données in vitro des bénéfices potentiels du TAF (anciennement GS-7340) en 2001 et a retenu son développement pendant une décennie avant de présenter des données de phase 1 au CROI en 2011. [souligné par moi]

3. La lamivudine (3TC) et sa jumelle Emtricitabine (le FTC) demeurent dans toutes les combinaisons recommandées, ainsi que dans toutes les combinaisons de deuxième choix. Cela fait pourtant plusieurs années que la lamivudine est tombée dans le domaine public. Jusqu'ici ils n'ont apparemment pas trouvé mieux... et peut-être pas compris son mécanisme d'action. Comprendre si son bénéfice est liée à une hypothétique action antirétrovirale ou à une action anti-oxydante comme l'a suggéré Cheminot demeure sans doute une question trop cruciale...

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Merci Jibrail pour toutes ces informations. Si le cynisme de l'industrie pharmaceutique (Gilead en l'occurrence) n'a plus rien pour nous étonner, qui en tant que groupe capitaliste, fait ce qu'il a à faire (du profit, la santé n'étant qu'un prétexte), le cynisme (ou l'incompétence? ou l'hypocrisie?) des autorités est par contre plus inquiétants. Il faudrait voir comment ces décisions ont été prises, les éventuels conflits d'intérêt etc...

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Elvitegravir, FDA, mai 2013 :

    • Test methods have not been validated to support release and stability testing of drug substances (DS) and drug products (DP). There is no assurance that the data generated from these test methods are reliable.
    • Test methods have not been adequately validated to support release and stability testing of clinical, registration, process validation batches of Elvitegravir drug product. There is no assurance the data generated from these test methods are reliable.
    • Test methods for the clinical and primary stability batches are not the same as the proposed commercial test methods because the analytical techniques and parameters are different between the methods. Bridging study to establish method comparability for test methods was not conducted.

    Source ici : http://liber8-gilead.blogspot.fr/2014/07/sloppy-pigs-gilead-sciences-rebuked-by.html

Et pour ce qui est de l'historique des "interférences" entre Gilead Science et des autorités gouvernementales, voir ici, c'est très clair : http://en.wikipedia.org/wiki/Gilead_Sciences : au Conseil d'administration, Donald Rumsfeld dès 1988, Georges Shultz, entre autres Secrétaire d'Etat de Reagan, Etienne Davignon (ex vice président commission européenne), etc...

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Le rythme et le montant des acquisitions des dirigeants de cet organisme démontre une puissance financière sans limite.

Il est un groupe d'humains qui fabrique l'argent pour lequel il n'est qu'un outil de récompense ou de punition.

Ce groupe décide qui en a et qui en manque pour parvenir à nous contrôler par la maladie associée à la malbouffe et la déprime.

Cette attitude est pour moi l'expression de la peur d'Hommes pleutres dont le profil est emmené à disparaître.

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A l'attention d'Econoclaste et de tous ceux qui voudraient s'y coller :

Sur une autre page du site qui a signalé les démêlés de Gilead avec la FDA à propos de l'Elvitegravir en 2013, on trouve une série de liens vers des sites présentant des documents importants, très sérieux et détaillés, sur le fonctionnement politico-économique, les malversations et la criminalité de l'industrie pharmaceutique : http://liber8-gilead.blogspot.fr/2014/07/liber8-gilead-corporate-organized-crime.html

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Une nouvelle présentation à la conférence estivale de Vancouver confirme l'intérêt de la formulation du Tenofovir sous la forme de "Tenofovir alafenamide" plutôt que le "Tenofovir disoproxil fumarate" tel que commercialisé aujourd'hui, avec apparemment de moindres effets secondaires sur la fonction rénale et la densité minérale osseuse.

Comme indiqué plus haut, la valse des brevets autour de 2016-2017 va donc être parfaite entre ces deux versions du Tenofovir; parfaite pour Gilead, le labo, a défaut de l'être pour les millions de patients qui ont pris inutilement, depuis 15 ans, la version la plus toxique.

Un immense succès du corps médical et des associations de de lutte contre le sida, cela va sans dire.

Mais ça va mieux en le disant. Alors je suis aussi retombé ce soir sur une autre étude présenté au CROI (une autre conférence nord-américaine) en février de cette année, qui aboutissait grosso modo aux mêmes conclusions; mais cette fois ce sont ces auteurs qui m'ont marqué avec deux noms qui me disaient quelque chose. D'abord le bon Dr David Wohl, qui il y a 18 mois se faisait fort de démolir dans une revue grand public l'Efavirenz, molécule favorite de concurrents à Gilead.

Et puis il y a aussi le bon Dr Jean-Michel Molina, figure de l'establishment français du VIH. En tant que médecin au service "Néphrologie" de l'Hôpital St Louis, en 2003 il mettait en garde à juste titre contre les effets secondaires du Tenofovir sur la fonction rénale, puis devenu chef de service des maladies infectieuses de St-Louis, a conduit l'étude IPERGAY pour administrer en préventif du... Tenofovir (sous forme de Truvada) aux séronégatifs (avec un certain succès il est vrai), puis nous fait maintenant le panégyrique du "Tenofovir Alafenamide" qui existait déjà en 2003 (en 2001 au moins pour être exact) ... A voir sa déclaration d'intérêt succincte sur cette présentation.

Est-ce qu'on peut attendre de notre meilleur spécialiste hexagonal du Tenofovir qu'il évoque cette question délicate de la valse des brevets?

J'attends avec une impatience non dissimulée !

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1. Exit l'Atripla, la pilule unique "star" qui contenait Efavirenz, Tenofovir et Emtricitabine, et qui s'était vendu à plusieurs milliards de dollars ces dernières années. En cause, la toxicité de l'Efavirenz. Et là on reste confondu devant autant d'hypocrisie car la toxicité d'Efavirenz était connue depuis toujours - elle était identifiée dès les premiers essais cliniques, et ce n'est que lorsque son brevet a expiré et que de nouvelles molécules coûteuses ont été mises sur le marché, que finalement, l'Efavirenz, tout comptes faits c'est pas si bien que ça

Comme les choses se répètent sans cesse, de la même façon que l'AZT avait envahi l'Afrique et les pays pauvres dès le moment où les signes évidents de sa toxicité sont apparus insupportables en Europe et en Amérique du Nord, l'industrie s'apprête à y fourguer en masse l'Efavirenz au moment même où on met enfin en évidence sa toxicité (à juste titre mais 15 ans après), et alors que l'expiration de son brevet oblige à chercher de nouveaux débouchés.

Ainsi, une étude vient d'être réalisée en Afrique du Sud chez des enfants de plus de trois ans pour savoir s'il tolérerait bien le passage du traitement actuellement le plus répandu (Ritonavir/Lopinavir) à l'Efavirenz (bien sûr la réponse est oui). Le résumé de l'étude (l'article est bien sûr payant) ne mentionne pas les questions de toxicité qui sont désormais au premier plan dans les pays du nord, et préfère s'attarder sur ses indicateurs favoris (charge virale...), en se demandant si le passage d'un traitement à l'autre serait négatif en terme "de rebond" ou "d'échec" virologique.

On peut néanmoins, avec de très bons yeux, lire la première page en preview gratuite de l'éditorial du JAMA (Journal of American Medical Association), qui publie cette étude. L'éditorialiste indique que les troubles neurologiques spécifiques de l'Efavirenz touchent aussi, sans surprise, les enfants d'Afrique du Sud - "1 sur 4 développe des cauchemars ou des troubles du sommeil dans cette étude" - oui vous avez bien lu, un enfant sur quatre, 25%... et s'inquiète du nombre d'enfants qui pourraient développer des "troubles de la concentration ou d'autres troubles moins évidents du système nerveux central"...

Donc pourquoi avoir fait cette étude sans centrer sur cette question cruciale ? Pourquoi ne pas avoir surveillé ces effets secondaires bien connus et potentiellement discrets comme le lait sur le feu ? Pourquoi la publier avec ses conclusions positives, alors que selon l'éditorialiste de la même revue, "tous les problèmes sont loin d'être résolus" ? S'agit-il de prendre l'argent tout en se dédouanant ?

Dans le communiqué de presse accompagnant l'étude, on peut noter que l'étude a bénéficié de financements de la part de l'"Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development", un institut américain mis en place par le président Kennedy pour contribuer plus particulièrement à améliorer la santé des enfants.

Peut-être, si on estime qu'améliorer la santé des enfants des pays pauvres consiste d'abord à transformer ces pays en marché de deuxième main pour l'industrie pharmaceutique, comme débouché une fois que les produits sont périmés dans leur marché de première main en Europe et en Amérique du Nord...

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Et ça roule pour Gilead qui vient d'obtenir de la part de l'Agence Européenne du Médicament, le 25 février, un avis positif pour la mise sur le marché du Descovy (retenez-bien ce nom). Il s'agit du futur successeur du Truvada, qui combine toujours l'entricitabine et le Tenofovir, mais avec une nouvelle formulation moins toxique du Tenofovir, le Tenofovir Alafenamide. Ce n'est pas encore une autorisation de mise sur le marché mais une étape essentielle est franchie.

L'objectif, pour Gilead, est de pouvoir ainsi maintenir sous brevet, et donc à un tarif élevé, son produit star, le Truvada, et notamment pour le fameux usage en préventif (la PREP - Prophylaxie pré-exposition), alors qu'il n'y a plus que quelques mois avant l'expiration du brevet de la première version du Tenofovir (le Tenofovir disoproxyl); l'autre molécule, l'entricitabine, demeure inchangée.

Seul hic, comme je l'avais exposé un peu plus tôt sur ce fil, cette formulation moins toxique du Tenofovir, le Tenofovir Alafenamide existe depuis au moins... 2001. L'association américaine AHD (Aids Healthcare Foundation), avec un argumentaire proche du mien, a d'ailleurs décidé de poursuivre Gilead pour avoir délibérément retardé les essais du Tenofovir alafenamide pour conserver son exclusivité sur le Tenofovir.

La poursuite suggère que Gilead a délibérément retardé les essais cliniques de ténofovir alafenamide (TAF) jusqu'à l'expiration du Viread (fumarate de ténofovir disoproxil, TDF) pour maximiser la protection de brevet sur le TDF, a obtenu la protection illégale sur d'autres formulations de promédicament de TDF, et a conclu des accords de licence avec Japan Tobacco et l'Université Emory qui violent la loi antitrust.

"L'expiration des brevets de TDF [en 2017 et 2018] laisserait Gilead sans exclusivité de brevet portant sur le ténofovir, que le brevet de la molécule avait expiré et la formulation de promédicament était sur le point d'expirer," AIDS Healthcare Foundation (AHF) a écrit dans le procès . "Au lieu de laisser les brevets d'expirer et génériques à entrer sur le marché, contribuant ainsi à réduire les prix des médicaments nécessaires pour les patients atteints du VIH, Gilead a développé, un système anticoncurrentiel complexe de prolonger son exclusivité sur les médicaments intégrant le ténofovir."

C'est une démarche que j'estime très courageuse de la part de l'association, dont le Président, Michael Weinstein, bien que vétéran des militants antisida, s'était déjà fait démolir pour avoir émis des réserves sur la PREP. Avec ce procès, à la différence de la plupart de ces associations, elle pourra sans doute faire une croix définitive sur les subsides de Gilead, tandis que la plupart des autres et du business gay continueront de faire la publicité de la Prep avec l'argent des dons ou des publicités de Gilead.

Quant à Jean-Michel Molina, que j'évoquais plus haut, après avoir mis en garde en 2003 contre la toxicité rénale du Ténofovir, puis, par la magie de l'industrie du VIH/SIDA, conduit l'essai IPERGAY consacré à la PREP en distribuant du Tenofovir (financé en grande partie les fonds publics de l'ANRS (Agence Nationale de Recherche contre le Sida) pour un montant final que je n'arrive pas à trouver sur le net (sans doute de l'ordre de quelques millions d'euros), il a décidé... d'ouvrir la première consultation de PREP à l'Hôpital St-Louis. Mais il ne s'agit certainement pas de faire fructifier à titre personnel la position privilégiée qu'il a eu dans cet essai financé sur fonds publics.

Car je suis certain que Jean-Michel Molina ne manquera pas de dénoncer, d'ici très peu de temps, la valse des brevets auquel se livre Gilead, au détriment des patients et des assurances publiques de santé, afin de dissiper le nuage de conflit d'intérêts qui lui colle aux basques depuis plusieurs années maintenant, et qui est d'ailleurs confirmée par sa déclaration d'intérêt (rémunération personnelle de la part de Gilead et d'autres labos).

On attendrait pas autre chose d'un expert de sa trempe, mis à l'abri de la tentation par ses rémunérations à l'Hôpital St-Louis et à l'ANRS (financées largement par l'Assurance-Maladie et autres fonds publics) et mettant ainsi à profit de la collectivité son indépendance d'esprit, en particulier vis-à-vis d'une firme qui pratique largement l'optimisation fiscale et fait ainsi partie des "intaxables".

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Je me rends compte que je n'ai pas été très sympa en dénonçant sans l'étayer les dons aux associations de lutte contre le sida faites par GILEAD, qui pouvaient être susceptibles d'amoindrir leur sens critique.

J'avais déjà oublié que pour une fois, de façon remarquable, l’État français avait mis en place une base de données dénommée "Transparence Santé" qui répertorie justement ce type de dons (depuis 2012).

En cherchant ainsi les dons les plus élevés faits par la filiale française de "GILEAD SCIENCES", on note ainsi avec intérêt :

- AIDES : 159.000 € en 2015, 80.000 et 54.000 € en 2014, soit 293.000€ en deux ans.

- ACTIONS TRAITEMENTS : 53.500€ en 2015, 40.000 € en 2014, 50.000 € en 2013, soit 143.500€ en trois ans.

- ACT-UP : 45.000 € en 2014 et 45.000€ en 2015

- SIDA INFO SERVICES : 90.000 € sur 3 ans entre 2013 et 2015

- BASILIADE : 100.000 € sur 3 ans entre 2013 et 2015

Soit la coquette somme de 716 500€ sur trois ans pour les 5 premières associations récipiendaires, mais il y en au moins une quinzaine au total...

Bien sûr, on va me dire que c'est peu par rapport à leur budget. Celui de Aides serait de l'ordre de 40 millions d'euros.

Alors pourquoi, dans ce cas, ne pas garder son indépendance vis-à-vis de ces labos en refusant cette "aumône" ?

Et au passage même chose pour les associations de lutte contre les hépatites :

- SOS HEPATITES : 96.000 € en 2015, 40.000 € en 2014

- REVHEPAT : 80.000€ sur deux ans en 2014 et 2015

D'ailleurs GILEAD sur sa propre page ne dit pas autre chose.

On comprend donc tout l'intérêt politique et économique de déléguer toute la gestion des malades et la prévention (par exemple le dépistage communautaire par des volontaires non médicaux) à des associations aussi dépendantes !

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"quand les os se bousillent les dents aussi et si on cherche dans l'urine on trouve les minéraux manquants"

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Le 27/02/2016 à 15:14, Jibrail a dit :

Seul hic, comme je l'avais exposé un peu plus tôt sur ce fil, cette formulation moins toxique du Tenofovir, le Tenofovir Alafenamide existe depuis au moins... 2001. L'association américaine AHD (Aids Healthcare Foundation), avec un argumentaire proche du mien, a d'ailleurs décidé de poursuivre Gilead pour avoir délibérément retardé les essais du Tenofovir alafenamide pour conserver son exclusivité sur le Tenofovir.

Deux nouveaux patients américains viennent à leur tour de porter plainte contre Gilead pour avoir retardé le développement du Tenefovir Alafenamide (TAF), dont les effets secondaires sur les os et les reins sont supposés plus faibles que sur la version initiale du Tenofovir (TDF) approuvée en 2001. L'un est atteint d'ostéoporose avancée, l'autre d'ostéroporose et d'une rare pathologie des reins.  Pour rappel, les premières études qui suggéraient des effets indésirables plus faibles du TAF comparé au TDF date de 2001, et pendant 15 ans, Gilead l'a soigneusement remisé dans son placard pour le ressortir au moment où le brevet du TDF expirait. Pendant ce temps, des millions de patients prenaient la version supposée la plus nocive, tandis que la firme engrangeait des dizaines de milliards de dollars de bénéfices.

L'AIDS Healthcare Foundation avait finalement perdu son action en 2016 contre Gilead, le juge du tribunal californien ayant jugé l'affaire ayant sans surprise priorisé le bon fonctionnement du capitalisme le juge avait ainsi indiqué que "Gilead avait un brevet qui lui donnait un monopole sur les deux versions du Tenofovir et qu'il n'avait aucune obligation d'introduire un produit amélioré à une date plus précoce", et que "n'importe quel concurrent aurait pu battre Gilead sur le marché en proposant un meilleur médicament".

A l'époque, un remarquable article du Los Angeles Time avait résumé l'affaire. Outre le fait que les avocats de Gilead ont rappelé très sincèrement que la firme n'avait pas "le devoir de développer, tester, chercher l'approbation et le lancement de ces nouveaux produits dans un calendrier particulier", et que la firme ne s'est pas gênée pour publier en 2014 les résultats d'une étude clinique de 2002 sur le Tenofovir Alafenamide, il est intéressant de constater que Gilead est contesté même par ses plus fidèles relais au sein des patients. Ainsi, le fondateur de POZ, une des principales publications des gays séropositifs américains, est contraint de constater que sa prise du Tenofovir depuis une décennie a mis ses os dans le même état que celui d'une "femme de 85 ans" en raison des complications d'ostéoporose liées au Tenofovir, et qu'il a du subir de la chirurgie (broches, etc...) pour réparer sa cheville fracturée.

L'affaire se complique ainsi, et aujourd'hui, POZ rend compte d'une étude critique de chercheurs anglais, pour qui le bénéfice du Tenofovor Alafenamide serait douteux : le bénéfice en terme d'effets secondaires ne serait vraiment significatif que lorsque la molécule est "boostée" en combinaison avec d'autres molécules (Cobicistat ou Norvir notamment), qui augmente sa concentration dans le plasma sanguin (de 20 à 30%), et cela pourrait être dû au fait que dans les études cliniques comparant les deux molécules en version "boostée", la dosage du TAF est significativement moins importante que celle du TDF. Moins de molécule, moins d'effets secondaire, de l'arithmétique élémentaire... Au minimum expliquent les chercheurs, Gilead aurait du cherché à diminuer le dosage du TDF en version "boostée" afin de limiter les effets secondaires tout en conservant son "efficacité antivirale", ce que le laboratoire n'a jamais fait. Comme la plupart du temps, le TDF est actuellement prescrit sans booster (notamment dans sa formule ATRIPLA ou TRUVADA), le bénéfice sanitaire du changement de molécule en terme de réduction d'effets indésirables pourrait au mieux limité, voire nul. Bref, POZ en est à se demander si la stratégie entière de GILEAD n'est pas basée sur une "fausse promesse".

Dans un tel brouillard où s'entremêlent les enjeux de santé et les enjeux financiers sur fond de milliards de dollars, on aimerait compter sur nos meilleurs scientifiques pour y voir plus clair, et en particulier le bon docteur Jean-Michel Molina, notre spécialiste hexagonal incontesté du Tenofovir. Mais celui-ci semble avoir définitivement choisi son camp, en multipliant l'encadrement d'essais cliniques liées au TAF pour le compte des firmes pharmaceutiques. Le labo JANSSEN, producteur du Darunavir, lui offre une jolie possibilité, début 2018, d'être le 2ème auteur d'une publication dans LANCET, revue située dans le Top2 des revues médicales, à propos de l'étude d'une combinaison entre Darunavir et TAF. GILEAD lui avait déjà offert cette possibilité pour un essai clinique d'une combinaison incluant le TAF en 2017, mais en tant qu'auteur plus accessoire. Ces deux études font partie de celle critiquées par les chercheurs anglais.

On aurait aimé qu'il s'exprime publiquement sur les problèmes moraux, sanitaires et financiers liés au "switch" entre le TDF et le TAF, qu'il passe une bonne partie de sa carrière à évaluer. On aurait aimé qu'il nous convainque, en grand scientifique désintéressé, qu'il est absolument nécessaire de ruiner les sécurités sociales du monde entier (et la française en particulier, qui la rémunère et lui fournit toutes ses opportunités de carrière), pour des motifs vraiment impérieux, en transférant encore quelques dizaines de milliards de dollars dans les années à venir dans les poches de GILEAD.

Si quelqu'un l'a entendu ne serait-ce que murmurer à ce sujet, qu'il n'hésite pas à se manifester ici.

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