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Un article publié dans le Monde nous apprend qu'on aurait élucidé la deux "contrôleurs" d'élite, qui auraient été guéri du "VIH", du fait de la particularité de leur génome. Ils auraient des signaux cordons stop dans leur adn qui empêchent la réplication du soi-disant virus. La "guérison" ici doit être comprise comme une PCR négative malgré un Western Blot positif.

Plusieurs questions se posent à mes yeux de naïf. A quel mpment un patient ayant une CV indétectable mais positif au WB sera-t-il considéré comme débarrassé du virus ou simplement que les résultats au test sont à refaire ou sont des non-sens?

Ensuite, l'auteur de l'article rappelle que plus de 8% de l'ADN humain serait d'origine rétrovirale, et à aucun moment il ne se demande si le prétendu VIH ne serait pas un virus endogène, voire une simple particule endogène qui se réactive ou non chez certains patients dans certaines circonstances (et pas chez d'autres). En plus, il est indiqué que les chercheurs ont obtenu "non sans mal" ces séquences génétiques...

Plus généralement, je me pose pas mal de questions sur les techniques génétiques et l'analyse du génome, car on a l'impression que c'est la réponse à tout : le VIH est peu infectieux chez certains patients, c'est le génome ; il mute beaucoup ; certains patients ne tombent pas malade, c'est grâce à leur génome etc... ça fait un peu explication tout terrain. Un peu quand on évoque Dieu lorsqu'on a besoin d'une explication commode... Après, je suis totalement incompétent sur ce sujet, mais j'avoue que cela me pose question à chaque fois.

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L'article du Monde relaye cette étude de chercheurs marseillais, mais il passe sous silence le savoureux volet de l'étude relatif aux koalas, oui, ces charmants marsupiaux sont eux aussi atteint d'un rétrovirus maléfique qui les décime mystérieusement.

Le journal La Provence résume à sa façon cette nouvelle hypothèse de la rétrovirologie - à côté la numérologie passe pour une science dure et normative :

"Ces deux personnes se présentent comme ayant eu une infection avec le VIH, sans jamais avoir été malades et sans jamais avoir eu le virus détectable dans le sang", explique le Pr Didier Raoult. Ces cas sont très rares. Mais pas inconnus. On les appelle "élite contrôleurs" (lire ci-contre), et ils représentent 1 % des séropositifs. Ces sujets sont porteurs d'un virus "invisible" que des technologies modernes de séquençage massif sont parvenues à reconstituer. "On a montré que le virus était inactivé du fait de la présence d'interruptions au milieu de ses gènes. Endommagé, le VIH ne peut plus se multiplier, mais il reste présent à l'intérieur de l'ADN des patients", poursuit le virologue.

Dans ces conditions, les deux patients semblent être guéris de l'infection. Et depuis plus de 30 ans pour l'un d'eux, qui semble être immunisé contre le VIH. D'où l'hypothèse des chercheurs marseillais : "Il existe une enzyme humaine, appelée Apobec, qui sait faire ça : mettre des interruptions dans les gènes de l'ennemi". Problème : face à l'enzyme gloutonne, véritable arme naturelle antivirale, le VIH dispose d'une riposte. Il dégaine en effet une protéine qui inactive Apobec ! "Rendre des forces à cette enzyme en la stimulant, grâce à un procédé que nous connaissons déjà peut ouvrir une nouvelle piste de guérison", estime Didier Raoult.

Quel rapport avec les koalas ?

Mais quel rapport avec les koalas ? le chercheur marseillais appuie son hypothèse par l'observation de l'évolution d'une forme de sida qui est apparue il y a une centaine d'années chez ces petits ours d'Australie. "Aujourd'hui, une partie de la population de cette espèce est en train de guérir spontanément. Des individus deviennent résistants en intégrant le virus dans leur ADN. Les koalas du zoo de San Diego, aux États-Unis, ont même transmis cette immunité à leurs petits."

Pour le Pr Raoult, "ce mécanisme a probablement existé lors d'épidémies précédentes. Entre 7 et 30 % de l'ADN de l'homme vient de rétrovirus anciens. C'est le cas par exemple du placenta."

Et si l'évolution est étroitement liée à l'intégration des rétrovirus dans nos gènes, le virus du sida ne pourrait-il à terme être absorbé par notre ADN ? "Si on laissait courir l'épidémie, je suis quasiment certain qu'elle finirait par s'éteindre par sélection naturelle", conclut le Pr Raoult.

Mais s'il n'est évidemment pas question de laisser faire la nature en attendant cent ans, comme les koalas, le chercheur marseillais préconise d'organiser des tests génétiques chez les enfants des pays africains les plus infectés : "On pourrait savoir ainsi si certaines populations commencent à s'immuniser naturellement, en développant des résistances."

On croyait juste ici que le rétrovirus s'intégrait à l'ADN de l'hôte pour se multiplier et infecter d'autres cellules. Mais en fait pas du tout.

Après un certain temps, (si la force, enfin si APOBEC est avec vous, de préférence), il devient tellement intégré à l'ADN qu'il protège de... lui-même.

En d'autres termes, le rétrovirus est tellement puissant qu'à force, il s'impuissante lui-même !

Il fallait y penser ! Remarque Wells y avait déjà pensé dans la Guerre des Mondes...

Mais effectivement tout ça ne ressemble qu'à une nouvelle élucubration spéculative pour tenter d'expliquer leurs contradictions : comme il est impossible de dire que ces tests sont non spécifiques, ils inventent et conceptualisent de façon parfois délirante, parce que pour eux ça reste inconcevable d'être séropositif depuis 10 ou 20 ans, de ne pas avoir de charge virale et de se porter bien...

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Bon, j'étais distrait depuis 2 jours, je n'avais pas vu ce nouveau sujet. Je croyais avoir trouvé un scoop, mais j'ai présenté dans un nouveau post l'article dont vous parliez déjà depuis la veille. Autant pour moi.

Moi aussi, j'ai été intrigué par le couplet sur les rétrovirus endogènes, dont la dissidence a parlé quelque peu, et amusé d'apprendre que les chercheurs ont obtenu "non sans mal" ces séquences génétiques... En fait, la PCR est complétée par des technologies de séquençage génétique, dites de génotypage et de phénotypage, en principe pour "mesurer" les effets des antirétroviraux (avant et après traitement). Sauf que, pour ajouter à la confusion, les technologies, leur conception et leur emploi... En faisant une recherche sur ces procédés, j''étais tombé un jour sur un article s'alarmant de ce qu'au Cameroun l'un d'eux fourni par Siemens cherchait à séquencer le vih de type/souche B alors que le vih africain serait plutôt de type non-B (http://jcm.asm.org/content/49/4/1635.full - High Failure Rate of the ViroSeq HIV-1 Genotyping System for Drug Resistance Testing in Cameroon, a Country with Broad HIV-1 Genetic Diversity).

En tout cas, si le vih n'est plus présent que sous forme d'anticorps signalant son inactivation et même une immunisation biocellulaire, soit il est inoffensif, soit il est en mesure à l'occasion d'avoir, apobec et/ou stop codons aidant (ou pas ?), une sorte de fonction... de vaccination, voire "d'autovaccination" comme le suggère Jibrail. Le pot-aux-roses étant que le rétrovirus n'a pas été isolé, mais identifié par clonage, et qu'il fallait vraiment aller le chercher, ou bien en prendre un à peu près au hasard en sachant pertinemment que sa dangerosité n'était ni démontrée ni vraiment démontrable, sauf à recourir à des tests non spécifiques et à des technologies génomiques "dédiées"... pour limiter un tant soit peu les effets dévastateurs des antirétroviraux tout en continuant d'en justifier l'emploi contre vents et marées. Bref, combien de "contrôleurs d'élite" non malades et d'autres "guéris" parmi les personnes jamais dépistées et qui bon an mal an se portent très bien au fil du temps, merci pour elles ?

Modifié par Jardinier
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http://news.yahoo.com/hivs-ability-cause-aids-weakening-over-time-study-200113825.html

Encore une étude dont on se dit que la génétique permet de justifier de tout et n'importe quoi. Dans celle-ci les auteurs prétendent que des mutations du VIH pour s'adapter à un gène particulier qui nous protègerait contre lui, a pour effet de le rendre moins virulent. Puis il est indiqué que, via des modèles mathématiques, les traitements auraient l'effet de rendre le VIH moins virulent en général, expliquant qu'aujourd'hui le SIDA n'est plus du tout le nom terrifiant d'une maladie dont on allait mourir en quelques semaines ou mois. L'étude s'est faite au Botswana.

A mon avis, il s'agit probablement pour eux de donner une explication à la faible mortalité en Afrique et en Occident, qui défie pas mal l'orthdoxie (sauf à supposer que 100% des patients en Afrique prennent les traitements, ce qui est bien sûr très improbable). Encore une fois, quand on veut justifier l'injustifiable, on peut toujours y arriver, puisque les mutations génétiques sont en fait plus courantes qu'on le croit, et qu'elles peuvent être causées par l'environnement (épigénétique).

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Oui, d'ailleurs, si on lit bien l'article jusqu'à la fin, grosso modo c'est encore un panégyrique pour les traitements, du genre "Encore un effort, les potes, on est sur la bonne voie"...

Mais ce qu'ils disent ou du moins insinuent au début, pour mieux noyer le poisson ensuite, c'est qu'en fait la (supposée) virulence du vih s'affaiblit d'elle-même avec le temps.

Bref, comme tu dis, Econoclaste, un petit sac de noeuds discursif pour justifier la génétique et l'immunologie en l'état avec toutes leurs lacunes et tous leurs contre-sens, même si au passage cela égratigne un peu les dogmes.

Modifié par Jardinier

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0n trouve une version de l'info un peu plus complète que celle de yahoo ici : http://www.sciencealert.com/hiv-appears-to-be-evolving-into-less-deadly-less-infectious-form

1 extrait qui fait la différence : "James Gallagher (...) reports that some virologists have even suggested that if HIV continues evolving as it has been, eventually it could become "almost harmless" ."

Mais pas de changement pour le fond et le sens d'ensemble cependant.

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Merci Jardinier pour cet extrait rafraîchissant.... C'est pour le coup du pur "révisionnisme" de la part de chercheurs mainstream, au sens initial, marxiste du terme, de révision majeure de la théorie rétrovirale initiale et jusqu'ici presque universellement acceptée et partagée !

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Pour illustrer encore une fois combien la science - la génétique en particulier - est faible et perméable à tous les fantasmes, le site Internet de la revue Science fait référence à de nouveaux travaux qui lient l'homosexualité à une "modification chimique de l'ADN". Sans doute ils trouvent ça plus intelligent et moderne que de lier le poids des cerveaux à l'intelligence des individus comme le faisait leur prédécesseurs racialistes.

En effet, comme les généticiens sont incapables de trouver des séquences génétiques concordantes, et que les vrais jumeaux sont parfois bien discordants du côté de leur orientation sexuelle (à considérer même qu'elle soit toujours unique et univoque chez tout le monde), alors ils appellent à la rescousse l'épigénétique : une modification chimique de l'ADN au cours de la vie (qui parfois reste, parfois pas, parfois se transmettrait à la génération future - le tout avec beaucoup de prudence) ferait que la même séquence génétique donnerait lieu à des phénomènes différents selon que la modification chimique ait lieu ou non (voir par exemple Wikipédia sur la méthylation de l'ADN pour plus de précisions sur le concept).

Du coup, dans leur délire mengélien, ils ont refait le coup sur des vrais jumeaux discordants ou non (en terme d'orientation sexuelle) et indiquent qu'on retrouverait des schémas de méthylation de l'ADN qui seraient corrélés à l'orientation sexuelle. Donc c'est pas de la génétique mais c'est quand même une sorte de génétique, où tout est programmé d'avance. Et ce genre de fadaises consomme du temps, de l'argent et des colonnes dans Science, qui est supposé être le top de la connaissance scientifique mondiale.

Je ne sais pas si c'est juste risible ou vraiment terrifiant, mais une chose est sûre, ces mecs sont capables de tout...

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Bonjour Jibrail, le premier lien de ton post - "de nouveaux travaux" - renvoie apparemment au haut de cette page. Je m'attendais plutôt à un abstract de Science. C'est voulu de ta part ? Bon, on avait découvert un peu par hasard l'emploi des tests de génotypage et phénotypage, par quelqu'un à qui on les avait fait en complément d'Elisa et d'une PCR, si je me souviens bien, alors qu'en théorie ils ne sont utilisés que pour le contrôle des traitements. Puis, bout de ficelle scelle de cheval, j'étais tombé sur l'article exposant le problème des procédés Siemens au Cameroun.

Au sujet des souches du vih, j'ai entrevu ces jours-ci sur 1 page FaceBook que des chercheurs auraient découvert une nouvelle souche, d'une variété qui dixit les découvreurs serait inoffensive - on arrête pas le progrès.

Sinon, pour l'ADN et la génomique, on sait bien qu'il y a un lien étroit avec le fonctionnement des rétrovirus et la théorie de la transcriptase, et tu sais ce que j'ai toujours dit, à savoir que la recherche sur le sida sert aussi à des recherches avec des cobayes de choix dans d'autres domaines, sans doute notamment dans le domaine de la génomique, celle des pathologies et autre. Génotypage et phénotypage seraient-ils des moyens de recherche à l'insu sur la méthylation de l'ADN et la quête d'ersatz d'un chromosome de l'orientation sexuelle déviante ? C'est un peu ce que tu donnes à entendre, non ?

Modifié par Jardinier

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Merci Jibrail pour cette info,

cela confirme que le délire génétique n'a pas de limite, et que l'on n'est toujours pas sorti d'une vision purement génétique de la biologie. L'épigénétique est effectivement une tentative de dépasser l'opposition gènes/environnement, plus exactement, comprendre comme l'environnement peut modifier certaine gènes. Mais ce que ne semblent pas apercevoir ces chercheurs, c'est que même si on trouvait (ce qui me paraît très improbable) qu'il y a présence d'un certain gène chez les homosexuels, suite à des modifications liées à l'environnement, cela ne veut en aucun cas dire que c'est ce gène qui cause l'homosexualité. Les chercheurs confondent ici corrélation et causalité. On pourrait tout à fait penser au contraire, qu'une orientation sexuelle quelconque, nous pousse à certains comportements, qui sous certaines conditions, peuvent modifier notre ADN, et que cette modification soit éventuellement transmissible à la génération suivante. Mais dans ce cas, cela veut dire explicitement que la causalité est inverse : c'est l'orientation sexuelle, qui, via certains comportements (je répète, je suis dans le "très hypothétique"), modifiera l'ADN et non l'inverse. Qu'un tel article soit publié dans Science en dit long sur le sensationnalisme et le professionnalisme de cette revue, comme d'ailleurs de l'idéologie consciente ou inconsciente des biologistes généticiens.

Plus généralement, cela me rappelle dans le cas du SIDA, la corrélation entre "VIH" et SIDA dont on sait ici ce qu'elle vaut, ou la corrélation entre émissions de CO2 et réchauffement climatique, qu'on considère comme la preuve que le réchauffement est causé par les gaz à effet de serre, alors que les carottages glaciaires montrent que l'augmentation du CO2 a lieu après (entre 500 et 1000 ans après) le réchauffement http://www.pensee-unique.fr/soleil.html#vostok1... J'ai l'impression que ces confusions élémentaires sont monnaie courante dans les sciences de la vie et de la Terre.

Modifié par Econoclaste

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On pourrait tout à fait penser au contraire, qu'une orientation sexuelle quelconque, nous pousse à certains comportements, qui sous certaines conditions, peuvent modifier notre ADN, et que cette modification soit éventuellement transmissible à la génération suivante.

C'est beaucoup s'avancer je pense de concevoir les choses ainsi, et en tout cas cela ne contredit nullement ce que pointe Jibrail en termes d'idéologies et de tares de la pensée dogmatique inhérentes aux idéologies :

Dans leur délire mengélien, ils ont refait le coup sur des vrais jumeaux discordants ou non (en terme d'orientation sexuelle) et indiquent qu'on retrouverait des schémas de méthylation de l'ADN qui seraient corrélés à l'orientation sexuelle. Donc c'est pas de la génétique mais c'est quand même une sorte de génétique, où tout est programmé d'avance.

C'est beaucoup s'avancer, parce que les comportements sont sociaux, et que donc leur domaine en est extrêmement vaste et présente des réseaux de causes et d'effets d'une inépuisable complexité. Et puis, si on entend par comportement le fait d'aller se faire dépister pour le vih et se faire mettre sous traitement ARV, je pense qu'il faudrait d'abord aller voir par exemple si ce ne sont pas les ARV qui modifient l'ADN et en quoi en termes entre autres de conséquences. Quant à la transmission intergénérationnelle... Transmission de quoi en termes de comportements, alors que l'histoire personnelle, culturelle et sociale de chaque individu offre déjà tant de possibilités diverses et plus ou moins contradictoires (inductrices de double-binds) à corréler ou non avec des facteurs biochimiques et environnementaux ?

Modifié par Jardinier

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Jardinier effectivement ce n'est pas le bon lien vers l'article de Science : le voici.
Ici un article critique en français.

Pour être tout-à-fait précis, il ne s'agit pas d'un article publié dans Science, mais d'une communication qui a été faite dans un congrès de la société américaine de génétique humaine à Baltimore au début du mois. Il n'empêche que cette communication a été largement reprise, par la presse grand public, ce qui n'est pas étonnant, mais aussi par la presse spécialisée dont la revue Science.

Pour clarifier mon propos, j'ai toujours pensé, comme le suggère Jardinier, que l'orientation sexuelle était le produit complexe des interactions sociales et psychiques - en gros qu'il doit beaucoup à la plasticité du cerveau de l'enfant qui se construit et se réarrange, et bien peu à la fixité de l'ADN cellulaire qui passe sa vie à se diviser à l'identique. Rechercher un gène ou une expression épigénétique de l'homosexualité, qui est déjà totalement inutile d'un point de vue médical, me parait donc de toute façon une quête vouée à l'échec, d'autant que l'homosexualité comme l'hétérosexualité est multiple et n'est pas réductible à un désir unique et standardisé.

Ne reste donc pour ces chercheurs que l'énigme scientifique que certains peuvent se représenter. Il est vrai que l'humanité s'interroge depuis toujours, philosophiquement, sur la part de l'inné et de l'acquis, de l'hérédité et de l'éducation, de ce qui se transmet ou pas. Mais plusieurs décennies après la découverte de l'ADN, on aurait pu imaginer abandonner le stade primaire qui vise à chercher une explication génétique à n'importe quel trait de caractère - d'autres scientifiques ont des urgences heureusement un peu plus ancrées dans la réalité.

Mais pour ceux qui s'accrochent, comme l'auteur de cette étude, on retrouve là tout l'héritage traditionnel des obsessions génétiques - et Mengele et sa fascination pour les jumeaux n'en représente que finalement la version la plus extrême; j'ai rappelé combien des scientifiques avaient par le passé consacré des ressources immenses à donner un crédit scientifique à leur vision de l'inégalité des races (qui en plus n'existent pas en tant que telles). Car quand ces recherche visent à réduire des comportements psychologiques ou sociaux à un code ADN, ils ne cherchent guère qu'à déshumaniser les individus, et j'en viens à me sentir bien plus proche des religieux qui développent une vision mystique et spirituelle pour éclairer les différents aspects de la vie et des comportements humains, et derrière laquelle on retrouve en filigrane les questionnements liés à la complexité des relations humaines, plutôt que de la réduire à une équation simpliste et réductionniste.

Ce cas précis nous éclaire cependant sur la facilité avec laquelle un certain milieu scientifique accueille sans trop sourciller des études aux présupposés simplistes, tant qu'elle croit donner une explication scientifique à des phénomènes sociaux - et donc renforcer le champ de la science "dure". Et ce y compris au prix d'une grande médiocrité scientifique, comme le rappelles Econoclaste : la pauvre corrélation qu'ils ont cru déceler sur un faible nombre de jumeaux n'autorise absolument qu'on la prenne au sérieux. Mais c'est les miracles de la génétique que tu as si bien dénommé : comme ils n'y comprennent visiblement pas grand'chose, ils instrumentalisent visiblement des concepts scientifiques aussi malléables que spéculatifs pour faire passer toutes leurs obsessions personnelles.

Et à mon sens c'est de la même façon que toutes les invraisemblances liées notamment au génome du sida (en perpétuelle mutation mais toujours maléfiquement infectieux) ont pu paraître crédibles par le plus grand nombre des scientifiques : obsession de l'agent infectieux (renforçant la nécessité et le prestige de la médecine en générale et de la virologie en particulier), médiocrité de la conceptualisation scientifique (nombreuses invraisemblances et faible valeur prédictive de la théorie), les deux formant un tandem infernal se nourrissant l'un de l'autre.

Modifié par Jibrail

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Supprimé pour cause de doublon.

Modifié par Jibrail

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Jardinier,

C'est exactement ce que je pense, à savoir que les comportements sont sociaux et multifactoriels. Je n'ai fait que prendre une position strictement hypothétique sur une corrélation éventuelle, pour laquelle j'ai dans l'absolu le plus grand doute. Ce que je dis, c'est que même si une corrélation existait, corrélation n'est pas causalité, d'autant plus si on considère l'epigenetique. D'ailleurs, sur l'idée assez délirante d'un transfert du gène des parents aux enfants (NB: on se demande pourquoi ils se sont forcés à être hétéro...), comment faire la différence entre l'effet de l'éducation et de la culture au sens très large de l'effet des gènes.

À ce propos, j'ai discuté avec une microbiologiste récemment et elle m'a révélé qu'ils sont loin d'avoir décodé le génome des protozoaires, vu l'absence de financement sur ce sujet, et probablement aussi de certains virus, donc on imagine combien il doit être difficile d'être certain qu'un gène est bien associé à tel microbe et pas tel autre (au passage, elle m'a confirmé qu'ils ne fonctionnent presque que par recherche d'anticorps lorsqu'un patient est malade, délaissant semble t il largement les techniques d'isolement et purification...).

Bref, oui Jibrail, c'est encore le miracle de la génétique, qu'on ressort comme explication tout terrain.

D'ailleurs il faudrait plus généralement travailler sur le prestige de certaines sciences (génétique et virologie notamment) par rapport à d'autres. Il y a évolué des effets de mode et de domination qui peuvent durer un moment, le temps qu'une nouvelle génération se rende compte des âneries de la précédente. Bref...

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Je viens de découvrir un document en anglais de circa 140 pages qui tente de rapprocher la thèse d'un mycoplasme défendue entre autres par Montagnier des thèses de Duesberg et du Perth Group (et celles-ci entre elles). Ne pas s'affoler des premiers chapitres du document, qui font notamment un lien (à mon avis a priori à tort*) avec le syndrome de la fibromyalgie, mais qui évoquent aussi via tout un historique la thèse des recherches sur les mycoplasmes dans un contexte de biowarfare (en d'autre termes les thèses notamment de Donald Scott et Alan Cantwell respectivement, et vulgarisées à tort en raison de leurs apparences quelque peu paranoïantes sous l'appellation d'un "virus fabriqué"). La suite des articles et communications proposés éclaire les raisons de ces premiers chapitres de façon intéressante, même si le lien avec les premiers de la série est un peu acrobatique : c'est toutefois d'une genèse du contexte de la recherche dans des domaines connexes débouchant sur la théorie du vih et la critique de celle-ci qu'il s'agit au final. Sur tout les sujets et aspects abordés dès ces premiers chapitres et ensuite, dont nombreux présentent et recoupent entre elles les études et analyses des dissidents "classiques", les données et références sont extrêmement nombreuses et précises, et la manière de les recouper et de les mettre en relation me semble largement mériter par sa pertinence et les compléments d'information qu'elle apporte, de signaler cette synthèse :

https://martinkeerns.files.wordpress.com/2014/11/chapter-forty-two-from-book-3-on-aids.pdf

* Puisqu'il a été reconnu depuis que le supposé virus de cette maladie (peut-être très psychosomatique, ou d'origine iatrogénique)) était une chimère de laboratoire.

Modifié par Jardinier

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Encore un nouvel épisode des miracles de la génétique, et aussi de la PrEP (l'utilisation en préventif d'antirétroviraux pour empêcher une séroconversion).

Vous connaissez la théorie de la résistance du VIH aux antirétroviraux : à force de prendre le traitement en continu, et compte tenu des mutations incessantes du supposé rétrovirus, il y a une sélection naturelle progressive des souches du rétrovirus résistants aux traitements. Ce phénomène de résistance est censé être limité lorsque le traitement est pris en continu et fonctionne bien, et être accélérée en cas d'interruption, parce que le rétrovirus a des capacités de se développer de nouveau, et plus particulièrement les souches résistantes. Théoriquement, le développement des résistances est censé justifier d'un côté la prise en continu du traitement, de l'autre l'utilisation combinée de plusieurs molécules censée également réduire ce risque. Et toujours théoriquement, comme les gènes du rétrovirus sont par définition insérés dans ceux des cellules de l'hôte, alors il est virtuellement impossible de s'en débarrasser - la mutation résistante apparaît irréversible ou presque.

Pour une raison inconnue, cela ne semble pas être vrai dans le cas de la PrEP. Une étude (dont seul le résumé est aujourd'hui disponible) a suivi 9 patients qui avait fait une séroconversion dans le cadre d'une étude sur la PrEP (l'étude Partners PrEP), et dont les analyses ont révélé des "résistances" du virus au traitement qu'ils avaient pris en préventif. Il y a alors eu interruption du traitement qui était pris en prévention suite à la découverte de la séroconversion et de la résistance. Et que s'est-il passé ? Les résistances ont tout bonnement... disparues après quelques mois.

Levels of resistant virus had decayed – or fallen – to below the limit of detection in all patients six months after treatment was discontinued and remained undetectable twelve and 24 months after follow-up.

“PrEP-selected resistance decays rapidly after PrEP cessation,” comment the investigators. “By six months after seroconversion (after PrEP was discontinued), resistance mutations K65R, K70E and/or M184IV that were present at seroconversion were no longer detected, even with highly sensitive resistance testing.”

Bon, ça n'a rien à avoir avec les craintes qu'il y avait que la PrEP puisse sélectionner d'emblée des souches "résistantes", ce qui aurait pu justifier le fait qu'elle ne soit pas conseillée ni remboursée (voir cet article qui fait pas vraiment dans la dentelle). Les miracles de la génétique le permettent bien. Mais cette nouvelle victoire tactique des vendeurs de Truvada est une victoire à la Pyrrhus, avec pour dommage collatéral un des coeurs de la théorie rétrovirale, le phénomène de résistance, dont les bases théoriques sont réduites en poussière à partir du moment où les résistances disparaissent toutes seules.

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