Epistémo: scepticisme contre consensus en science
#1
Posté 27 décembre 2011 - 21:07
je lance ce topic assez périphérique pour discuter de questions épistémologique et de sociologie des sciences. L'objectif serait de réfléchir sur le rôle de la contradiction et du débat en science par rapport à la méthode du "consensus scientifique".
La contradiction et le débat en science sont normales, puisque le scepticisme et le rationalisme sont la règle. Cependant, la pensée universaliste et rationaliste en déduit aussi le principe du tiers exclu selon lequel une proposition ne peut être à la fois vraie et fausse, et qu'il doit exister des vérités universelles... donc des consensus. C'est aller un peu vite et oublier que deux théories peuvent être cohérentes en même temps. Alors viens l'expérimentation ou plus généralement l'empirie pour savoir laquelle des théories prévoit le mieux les phénomènes. Certes et le plus souvent cela marche mais ce n'est pas toujours aussi simple, puisque les "faits" qu'on étudie et mesure sont construits par la science et que parfois les systèmes étudiés sont trop complexes et l'expérimentation délicate (en économie par exemple, l'expérimentation, à de très rares exceptions près, est presque impossible : on ne va pas baisser les salaires de tout le monde de 50% juste pour vérifier si cela diminue ou augmente le chômage ; en climatologie, on ne va pas diminuer les émissions de CO2 de 95% juste pour savoir si cela va ralentir le réchauffement...). J'ajouterais que de nombreux scientifiques virent au scientisme pur et simple (religion de la science) quand ils oublient que la science ne fait qu'édicter des vérités temporaires, toujours révisables au fur et à mesure des découvertes. Cela est tout à fait manifeste quand certains parlent de "faits", alors que l'on sait que la science est épistémologiquement constructiviste (on ne connaît que les modèles et théories que l'on a construit, jamais une "réalité" brute) et critique (au sens qu'elle interroge les limites des connaissances). Le scientisme et le consensus sont d'autant plus probables que l'idéologie spontanée des scientifiques les pousse à croire La Vérité et en la Science et la Raison par bonne foi.
Pourtant, la science est à la fois évolutionniste, critique et constructiviste. La critique et les débats, par le biais des colloques, communication et publications en peer review sont là pour valider ou invalider les hypothèses et théories scientifiques. L'opinion de la communauté est la seule et unique façon de contrôler si les collègues n'ont pas fait d'erreurs. Mais ce n'est pas toujours certains que les collègues refassent toutes les manips et contrôlent dans tous les détails. Du coup, les articles contestataires sont en général minoritaires. Mais ils sont d'autant plus improbables qu'il existe un consensus large. Or comme le consensus ne change pas du jour au lendemain, il est toujours risqué pour la carrière d'aller à l'encontre...mais en même temps, si on parvient à bouleverser le consensus en apportant des nouvelles interprétations, méthodes, résultats, cela peut être un accélérateur!
A quelles conditions des opinions contraires peuvent-elles consensus sont les plus difficiles à fragiliser?
Je ne fais ici que proposer ici quelques hypothèses pour discuter.
H1 : le consensus sur un sujet est d'autant plus difficile à rompre que l'objet étudié a des conséquences éthiques et politiques importantes.
On comprend bien qu'une controverse portant sur la possibilité de particules supra-luminiques pourra plus facilement bouleverser le consensus car bien peu de gens sont capables de comprendre et dont les implications éthiques et politiques sont nulles. Au contraire, avec les controverses sur le SIDA, sur le réchauffement climatique ou même lorsque Galilée affirma que la Terre tournait, et bien là, le consensus apparaît plus difficile à rompre et la dissidence aura plus de mal à exister car :
- des intérêts (scientifiques, économiques et/ou politiques) sont en place, qui "vivent" du consensus : financements, recherches... ;
- les scientifiques qui travaillent sur des questions aux conséquences éthiques peuvent vivre leur travail comme une mission pour sauver l'humanité (les scientifiques ont souvent tendance à se vivre ainsi, mais la chose est encore plus probable sur ces questions) et dès lors contester le consensus a aussi des implications éthiques pour les scientifiques qui peuvent être sérieuses. On voit d'ailleurs que la frontière entre le positif et le normatif est beaucoup moins étanche qu'on le dit souvent dans ces cas là.
H2 : un consensus majoritaire est d'autant plus difficile que le phénomène est complexe et que la vérification empirique est délicate.
Je suis moins sûr de celle-ci, mais ça me paraît assez clair en sciences humaines, où il existe toujours du fait de la complexité de l'objet et de la difficulté à tester empiriquement, de multiples interprétations/théories possibles.
Je voudrais finir sur la question du réchauffement climatique. Le parallèle avec la recherche sur le SIDA est ici assez édifiant. Il existe un mainstream (globalement défini par le GIEC) qui se définit comme le consensus et un certain nombre de scientifiques dissidents (Allègre n'en est qu'un parmi bien d'autres). Ces derniers sont vilipendés et traités de "denialists" (tiens, tiens...), considérés comme de pauvres incompétents qui parlent d'un sujet qu'ils ne connaissent pas car ils contestent les scénarios du GIEC. Comme dans le cas du SIDA, le GIEC et ses épigones se vivent comme les sauveurs de l'humanité (climatologue = écologiste), en voulant explicitement faire pression sur le politique pour que des mesures visant la réduction des émissions de CO2 soient mises en place. La différence ici est que dans le cas du réchauffement, la plupart des industries par intérêt auraient à supporter les dissidents (mais pas forcément toutes, car les secteurs "verts" ont intérêt à ce que le protocole de Kyoto soit appliqué) tandis que dans le cas du SIDA, les intérêts économiques sont dominants côté mainstream. Juste quelques liens parmi bien d'autres :
http://www.pensee-unique.fr/froid.html
Un site qui défend les "faits" scientifiques, et tous les consensus écolo-bien-pensants compatibles (dont le sida) : http://www.greenfact...e-re4/index.htm
Je précise tout de suite que je ne suis pas ici pour donner raison aux "climato-sceptiques", je me contente de constater et de militer pour le pluralisme scientifique.
#2
Posté 03 mars 2012 - 20:45
Je profite du redoux pour ressortir ta très intéressante contribution qui a été un peu enfouie dans les neiges de l'hiver.
Je partage tes deux hypothèses, qui dans le cas présent, à mon avis, se combinent. Il y à la fois des implications économiques et politiques qui seraient plus que ravageuses en cas de remise en cause notable de l'hypothèse VIH=sida, et en premier lieu pour toutes les couches qui en vivent, dans les pays développés d'abord (mais sans doute pas seulement). Mais il y a aussi l'impossibilité pour la plupart d'infirmer cette hypothèse sans disposer de moyens et de matériels spécifiques et onéreux, ce qui nécessite au préalable d'être déjà introduit dans un environnement orthodoxe - bref, seuls ceux qui n'y sont pas disposés serait en mesure d'infirmer le consensus.
Mais j'irai un peu plus loin dans notre cas : si remise en cause il y avait, cela remettrait en cause également, à tort ou à raison, toute la technostructure scientifique dans son ensemble. Le sida a constitué un symbole trop important, trop démesuré pour ne pas entraîner des pans entiers de la science contemporaine dans son sillage.
Le parallèle que tu dresses avec la question du réchauffement climatique me semble aussi tout à fait juste : on ressent bien combien la problématique scientifique a été dès le départ posé de façon idéologique (renouant avec les croyances ancestrales qui voulaient que les éléments météorologiques se déchaînaient quand les hommes se comportaient "mal" vis-à-vis de la morale de l'époque). On a aussi des intérêts politiques et économiques énormes, mais là une situation un peu différente avec à mon avis une impossibilité technique pure et simple, comme l'a souligné le sceptique Serge Galam : il faudrait au moins un ou deux siècles pour construire des modèles climatiques empiriquement vérifiables avec des mesures aussi précises que celles dont on dispose aujourd'hui, sur lesquelles on a un recul qui n'excède pas deux ou trois décennies (les premières photos satellites des glaces arctiques ne datent que de 1979...). On peut bien aller fouiller les calottes de glace de l'Antarctique, mais ça ne suffira pas à décrire le climat d'il y a 2.000 ou 50.000 ans avec la précision d'aujourd'hui. En attendant la climatologie gagnerait à rester modeste, ce dont elle s'abstient pourtant avec la plus grande déraison.
Après ce qui m'intéresserait, c'est de savoir comment on arrive à faire rompre un consensus scientifique lorsque les faits ne sont pas si aisés à établir. Faut-il attendre une nouvelle génération de chercheurs et la disparition progressive de celle qui se serait fourvoyée ? Faut-il attendre l'expiration des brevets des principaux médicaments, qui se renouvellent avec difficulté ? Faut-il attendre une inflexion importante de la situation politique et économique qui avait donné naissance à ce consensus ? Ou des découvertes scientifiques ultérieures qui seront encore plus manifestement incompatible avec l'hypothèse initiale ?
En d'autres termes, est-ce que cela vaut la peine d'aller à l'assaut de la muraille aujourd'hui et maintenant, ou ne faut-il que se préparer patiemment en attendant que la situation générale change, et laisse dans 5 ou 20 ans le champ plus libre à une rupture du consensus ? Est-ce que cela dépend de l'action organisée des sceptiques, ou du hasard et du temps ?
Si tu as étudié la question, peut-être y a-t-il d'autres cas dans l'histoire scientifique qui nous seraient instructifs ?
#3
Posté 03 mars 2012 - 20:46
Je profite du redoux pour ressortir ta très intéressante contribution qui a été un peu enfouie dans les neiges de l'hiver.
Je partage tes deux hypothèses, qui dans le cas présent, à mon avis, se combinent. Il y à la fois des implications économiques et politiques qui seraient plus que ravageuses en cas de remise en cause notable de l'hypothèse VIH=sida, et en premier lieu pour toutes les couches qui en vivent, dans les pays développés d'abord (mais sans doute pas seulement). Mais il y a aussi l'impossibilité pour la plupart d'infirmer cette hypothèse sans disposer de moyens et de matériels spécifiques et onéreux, ce qui nécessite au préalable d'être déjà introduit dans un environnement orthodoxe - bref, seuls ceux qui n'y sont pas disposés serait en mesure d'infirmer le consensus.
Mais j'irai un peu plus loin dans notre cas : si remise en cause il y avait, cela remettrait en cause également, à tort ou à raison, toute la technostructure scientifique dans son ensemble. Le sida a constitué un symbole trop important, trop démesuré pour ne pas entraîner des pans entiers de la science contemporaine dans son sillage.
Le parallèle que tu dresses avec la question du réchauffement climatique me semble aussi tout à fait juste : on ressent bien combien la problématique scientifique a été dès le départ posé de façon idéologique (renouant avec les croyances ancestrales qui voulaient que les éléments météorologiques se déchaînaient quand les hommes se comportaient "mal" vis-à-vis de la morale de l'époque). On a aussi des intérêts politiques et économiques énormes, mais là une situation un peu différente avec à mon avis une impossibilité technique pure et simple, comme l'a souligné le sceptique Serge Galam : il faudrait au moins un ou deux siècles pour construire des modèles climatiques empiriquement vérifiables avec des mesures aussi précises que celles dont on dispose aujourd'hui, sur lesquelles on a un recul qui n'excède pas deux ou trois décennies (les premières photos satellites des glaces arctiques ne datent que de 1979...). On peut bien aller fouiller les calottes de glace de l'Antarctique, mais ça ne suffira pas à décrire le climat d'il y a 2.000 ou 50.000 ans avec la précision d'aujourd'hui. En attendant la climatologie gagnerait à rester modeste, ce dont elle s'abstient pourtant avec la plus grande déraison.
Après ce qui m'intéresserait, c'est de savoir comment on arrive à faire rompre un consensus scientifique lorsque les faits ne sont pas si aisés à établir. Faut-il attendre une nouvelle génération de chercheurs et la disparition progressive de celle qui se serait fourvoyée ? Faut-il attendre l'expiration des brevets des principaux médicaments, qui se renouvellent avec difficulté ? Faut-il attendre une inflexion importante de la situation politique et économique qui avait donné naissance à ce consensus ? Ou des découvertes scientifiques ultérieures qui seront encore plus manifestement incompatible avec l'hypothèse initiale ?
En d'autres termes, est-ce que cela vaut la peine d'aller à l'assaut de la muraille aujourd'hui et maintenant, ou ne faut-il que se préparer patiemment en attendant que la situation générale change, et laisse dans 5 ou 20 ans le champ plus libre à une rupture du consensus ? Est-ce que cela dépend de l'action organisée des sceptiques, ou du hasard et du temps ?
Si tu as étudié la question, peut-être y a-t-il d'autres cas dans l'histoire scientifique qui nous seraient instructifs ?
#4
Posté 04 mars 2012 - 12:22
merci pour tes commentaires. Tout d'abord, je suis d'accord avec toi que si le consensus SIDA devait être brisé, cela aurait des répercussions extrêmement larges sur la technoscience, qui vont bien au-dela des seules questions médicales. Et je dirais que c'est peut être une raison plus ou moins inconsciente de la réticence que peuvent avoir certains chercheurs mainstream ou ne connaissant que le sujet de très loin à de telles remises en questions. Remettre en cause une telle hypothèse et hop, on te compare aux créationnistes ou que sais-je encore. J'ai un ami physicien, pourtant assez ouvert d'habitude, qui ne veut même pas en entendre parler, car il est ininimaginable qu'une erreur aussi grosse, soit défendue par une aussi grande frange de la communauté scientifique. Il est vrai que le contexte social pousse les scientifiques à défendre par principe la "Science", la "Raison", et donc les résultats de la communauté scientifique (dominante), même si on n'a jamais étudié le problème à fond... Attitude pour le moins corporatiste (je défends par principe les résultats des collègues, qui sont honnêtes, sérieux, patati et patata), même si animée par un généreux attachement à l'universalisme et au rationalisme. Mais, au nom de ce rationalisme, on défend sans critiquer, ce qui est le contraire de la raison véritable. Peut être que les scientifiques font confiance aux résultats des autres scientifiques des autres domaines à cause de l'extrême spécialisation de la recherche et par attachement à la fois corporatiste et à la lutte contre l'obscurantisme.
J'en viens ensuite à tes questions. Je crois en effet que tu poses les bonnes questions, même si je n'ai malheureusement pas de réponse toute prête. En tout cas, cela va m'inciter à faire quelques recherches dessus et à y réfléchir. Si on suit l
Mais je doute qu'il y ait une réponse absolument générale à cette question, car l'organisation de la recherche scientifique a changé. Selon Robert Merton, la communauté scientifique se structurerait grâce à quatre normes complémentaires :
- universalisme : les connaissances scientifiques doivent être considérées indépendamment de leur producteur ;
- désintéressement : les scientifiques ne doivent être intéressés qu'à la découverte de la vérité ;
- commun(al)isme : les résultats scientifiques sont des biens publics partagés par la communauté scientifique
- le scepticisme organisé : les résultats doivent passer le crible de la critique systématique par les pairs.
Evidemment, ces normes sont plus un idéal normatif qu'une description de la manière dont la science fonctionne effectivement. Aujourd'hui, chacune de ces normes est contestée :
- très souvent, et en partie à cause des avancées de la sociologie, tout le monde interroge le droit d'un tel ou tel à parler au nom de la science, en partie parce qu'il est soit supposé intéressé à autre chose que la vérité (après tout, il est clair que nos discours sont façonnés par le contexte social, nos origines, nos intérêts de classe etc...), soit qu'il ne possède pas le diplôme adéquat pour discuter de la discipline (on va critiquer que des chimistes comme Cheminot ou le PG aient le droit de parler en dehors de leur champ).
- toujours sur le désintéressement, l'organisation actuelle de la recherche, avec son obsession de l'évaluation, de la productivité (science citation index, ranking des revues...) crée les conditions pour que le chercheur ne soit intéressé qu'à sa carrière, et pas à la vérité!
- le communalisme existe toujours certes, mais les interactions entre industrie et recherche, la possibilité pour les chercheurs de devenir de riches entrepreneurs capitalistes en brevetant leurs découvertes etc... remettent en cause ce processus.
Plus généralement, si l'histoire des sciences est utile pour pouvoir répondre aux questions que tu te poses, je crois tout de même que la situation est assez différente, raison pour laquelle je me garderais d'énoncer une loi générale pour dire quand les consensus sont rompus, lorsque les faits sont si difficiles à établir. Nous avons aujourd'hui une recherche qui est ultra-divisée et spécialisée (presque taylorienne), largement contrainte (et obsédée) par les questions de financement, soumise à une évaluation purement quantitative (avec le ranking des revues et l'évaluation des chercheurs, on n'évalue plus la qualité intrinsèque d'un article, mais la revue dans laquelle il a été publié...), autant d'éléments qui me font croire qu'un consensus aussi bancal peut encore continuer un moment, même si des faits s'y opposent. En économie, on ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup de lois ou théories qui soient vérifiées, cela n'empêche pas qu'il y a un mainstream très dominant, et que les faits peuvent lui donner largement tort, cela ne remet pas en cause sa position dominante pour le moment. Faut-il attendre une nouvelle génération de chercheurs? Peut être, si ceux-ci peuvent avoir plus d'autonomie par rapport à leurs prédessesseurs. Plus généralement, je pense qu'il faut une combinaison à la fois de découvertes manifestement contradictoires, d'une nouvelle génération de chercheurs et très certainement d'un travail continu des dissidents. Mais il ne s'agit-là que d'une hypothèse que je fais, pas d'une vérité scientifique. En tout cas, voilà de quoi ouvrir une question de recherche...Merci encore
#5
Posté 02 septembre 2012 - 16:25
Bonjour,
Colloque Médias / Santé Publique
Bordeaux – 18 et 19 octobre 2012
Inscription et programme du colloque à l'adresse :
http://www.conference-universite.org/MedSante2012/
A côté d’un traitement plus ordinaire des questions médicales,
scientifiques ou techniques, les épisodes du SRAS en 2003, de la grippe
A (H1N1) en 2009 ou très récemment de la bactérie ECEH ont montré
comment des questions de santé publique pouvaient devenir des problèmes
politiques dont les médias s’emparaient dans leur immédiateté, comme des
scoops, contribuant ainsi à les ériger en événements.
En traitant alors ces « événements » sous différents angles
(scientifique, médical, technique, politique, économique, industriel,
social, environnemental), les médias mettent en scène des acteurs
relevant de sphères discursives distinctes : scientifiques, responsables
politiques, citoyens malades avérés ou potentiels, professionnels de la
santé. Une polyphonie de discours publics se laisse alors saisir,
pouvant parfois donner l’impression d’une cacophonie, parfois d’une
orchestration vite vue comme manipulatrice. Au delà d’une information
classiquement relayée et commentée par la presse (généraliste ou plus
spécialisée), la télévision, la radio ou internet, des campagnes de
communication sont alors mises en place pour faire connaître des moyens
de prévention, ou pour inciter à la vaccination par exemple. On peut
aussi voir émerger des reprises ironiques, sous forme de clips sur
internet, faux journaux, créations théâtrales...
Le colloque qui sera organisé à Bordeaux les 18 et 19 octobre 2012 vise
à réunir des chercheurs d’horizons différents (en Sciences de
l’Information et de la Communication, Philosophie, Linguistique,
Sciences du Langage, Sociologie) ainsi que des professionnels de la
santé, de la politique et des médias, afin de croiser leurs réflexions
sur le mode de traitement par les médias des questions de santé
publique.
Les problématiques suivantes pourront être abordées, sans exclusive :
En matière de santé publique, comment le discours de la science est-il
diffusé ? Comment les paroles des experts scientifiques sont-elles
rapportées ? Quelle texture énonciative se dessine ?
Lorsque le journaliste endosse le rôle de médiateur, quel dialogisme
interactionnel se met en place ? Quelles en sont les marques
linguistiques et sémiotiques (reformulations, vulgarisation,
désignations qualifiantes, infographies, encadrés et illustrations à
vocation didactique, etc.) ?
En contexte de santé publique, quelles sont les stratégies rhétoriques
que les médias mettent en acte ?
Comment les médias ventilent-ils les raisons (scientifique, politique,
économique) dans les différents discours à propos de la santé publique ?
Plus largement, quelle importance les médias accordent-ils aux questions
de santé publique ? Comment mettent-ils en scène les questions ou les
problèmes de santé publique ? A partir de quand peut-on parler
d’« événement médiatique » ? Et à quel moment passe-t-on de « question »
à « problème politique » de santé publique ?
Comment les médias interviennent-ils dans la mise en place d’une alerte
sanitaire ? Observateurs, acteurs, révélateurs, amplificateurs ?
Comment les différents publics réagissent-ils au traitement médiatique
des problèmes de santé publique ?
Quelles sont les stratégies rhétoriques que les médias mettent en œuvre
en contexte de santé publique?
Comment, dans un contexte d’abondance de l’information et de possibilité
de bruitage, les médias permettent-ils de distinguer le vrai du faux ?
Quelle désinformation peut se mettre en place ?
Comment se redéfinit l’expertise en matière de santé publique et qui
peut être considéré comme expert ?
- Inscriptions : jusqu'au 29 septembre 2012
- Date du colloque : 18 et 19 octobre 2012
Contact : medsante2012@conference-universite.org
Composition du comité scientifique :
Benkimoun Paul Journaliste en charge des questions de santé - Le Monde
Boutet Josiane, Professeur des Universités en Sciences du Langage,
Université Paris IV-La Sorbonne et Université Paris VII-Denis Diderot
Brun Cédric, Maître de conférences en Philosophie, Université Bordeaux,
SPH (EA4574)
Doury Marianne, Chargée de recherche, Laboratoire Communication et
politique.
Duteil-Mougel Carine, Maître de conférences en Sciences de l’Information
et de la Communication, ENSIL-Université de Limoges, CeReS (EA 3648)
Gonon François, Directeur de recherche, Institute of Neurodegenerative
Diseases, CNRS, UMR 5227
Krieg-Planque Alice, Maître de conférences en Sciences de l’Information
et de la Communication, Université Paris-Est Créteil (UPEC), Céditec.
Laügt Olivier, Maître de conférences en Sciences de l’Information et de
la Communication, Université Bordeaux, SPH (EA4574)
Ledegen Gudrun, Maître de conférences en Sciences du Langage, Université
de Rennes 2, Préfics
Londei Danielle, Professore Ordinario di Lingua francese auprès de la
Scuola Superiore di Lingue Moderne per Interpreti e Traduttori (Forli)-
Università di Bologna
Moirand Sophie, Professeur des universités en Sciences du Langage,
Université Sorbonne nouvelle et Paris 3, Cediscor-Syled
Rastier François, Directeur de recherche CNRS, ERTIM
Reboul-Touré Sandrine, Maître de conférences en Sciences du Langage,
Université Sorbonne nouvelle et Paris 3, Cediscor-Syled
Santone Laura, Université Roma Tre, Faculté de Lettres et Philosophie -
Département de Langues et cultures étrangères, Rome
Venturini Tommaso, Maître de conférences à Sciences Po Paris
Vergely Pascale Maître de conférences en Sciences de l’Information et de
la Communication, Université Bordeaux, SPH (EA4574)
Bien cordialement,
---
Carine Duteil-Mougel
Maître de Conférences
ENSIL - Université de Limoges
16 rue Atlantis Parc Ester Technopole
87068 LIMOGES
carine.duteil@ensil.unilim.fr
http://www.linkedin.com/in/carineduteilmougel
#6
Posté 29 octobre 2012 - 19:03
Pour alimenter le débat sur le sujet de ce fil, et surtout bien savoir de quoi on parle, je vous signale quelques thèses de doctorat qui me semblent intéressantes :
* La référence dans les sciences de la nature :
http://www.theses.fr/2011AIX10117
(cliquer sur "Accéder en ligne" en bas à gauche de la page)
* La Fabrique des politiques scientifiques :
http://tel.archives-...NGHOFF_2010.pdf
(accès direct au PDF)
* Le double visage des inventions biotechnologiques :
http://tel.archives-..._-_Laporte_.pdf
(accès direct au PDF)
* Problématiques(s) des rapports soma/psyché dans les neurosciences et dans la psychanalyse : du réel de la science au réel du parlêtre
http://tel.archives-...lin_Vincent.pdf
(accès direct au PDF)
Amitiés à tous
Modifié par Jardinier, 29 octobre 2012 - 19:12 .
#7
Posté 31 octobre 2012 - 00:00
#8
Posté 31 octobre 2012 - 13:27
Pourquoi les rédactions en chef de tous les médias, doyens de facultés , représentants politiques rapportent ils tous aux mêmes oligarques ... On ne va pas rajouter les " je pense en remmerciant (traduction latérale)" qui se développent plus vite que les découvertes non brevetables ....
Ce ne sont certainement pas les lois naturelles de la vie qui ont organisé ces systèmes de contrôle qui sont là pour nous éloigner des fondamentaux, de l' autonomie énergétique en passant par la santé !!!
#9
Posté 31 octobre 2012 - 16:22
Les lois naturelles de la vie ? Celles qui - par exemple - n'ont rien trouvé de mieux que de tenter de faire mourir les femmes à chaque fois qu'elles donnent la vie, et qui réussissent d'ailleurs très régulièrement ?Ce ne sont certainement pas les lois naturelles de la vie qui ont organisé ces systèmes de contrôle qui sont là pour nous éloigner des fondamentaux, de l' autonomie énergétique en passant par la santé !!!
Je ne sais pas si je leur confierai les clés de ma voiture...
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