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deharven et roussez sur nonametv

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Cheminot    0

Agrathor,

Je n'ai jamais dit que l'épigénétique n'existait pas ni que cette étude (globale) des évolutions environnementales de l'ADN n'était pas intéressante.

Je dis simplement que cela ne creuse pas encore suffisamment le problème par manque de chimie fondamentale, c'est tout.

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Olivier92    1

Salut Jibrail

Cf. ce que tu as écrit le 10 mai 2010 ci-dessus

> Etienne de Harven et Jean-Claude Roussez ont en effet choisi d'accepter une bien singulière

> tribune : celle d'Alain Soral,...

> Le nom d'Alain Soral trône désormais sur la première page de Rethinking Aids.

à lire absolument sous nouveau livre:

Comprendre l'Empire (Alain Soral)

Soral est pote avec Dieudonné (comme Dieudonné, il est interdit de parole sur tous les grands média).

Soral est aussi pote avec le président de la république Iranienne (un des rare chef d'Etat qui ose s'attaquer au système bancaire.

Le chef d'Etat Iranien a aussi remis en cause, lors d'un discours officielle à l'ONU la théorie officielle du 11-9-2001).

C'est incroyable le nombre de personnes qui visitent le site d'Alain Soral.

A+

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Jardinier    14

http://www.bakchich.info/societe/2009/03/13/alain-soral-et-son-canard-rouge-brun-heureusement-incompetents-54844

Alain Soral et son canard « rouge-brun », heureusement incompétents
Pensée politiquement incorrecte ? Vous voulez rire : pensée grotesque ! Le dernier épisode du « rouge-brun » Alain Soral et ses copains de Flash fait peur.

Le peuple est mort, vive les gens ! Mais pas n’importe lesquels : les vraies gens… façon Alain Soral ! Ces débatteurs de tous les cafés du commerce, experts en toutes disciplines, ont envahi les colonnes de Flash, nouveau support fâcheusement nationaliste, et se répandent à longueur de blogs sur tous les sites « nationaux révolutionnaires ». C’est sur Internet qu’un Alain Soral a trouvé le meilleur outil, déversant dans une myriade d’articles des torrents de mots, d’analyses, de vérités sèchement assenées. M. Michu-Soral au même rang que le prix Nobel de littérature !

Aujourd’hui, les vraies gens comme Alain Soral ont toujours raison. Sarkozy n’a jamais cessé de les invoquer et Ségolène Royal a feint de leur confier la plume de son programme lors de ses fameux « débats participatifs ». Avec ces insaisissables et bien pratiques vraies gens, c’est une nouvelle phase du mépris du peuple qui se joue. Soral est comme ces prêtres des romans de Bernanos ayant perdu leur foi : son âme morte s’obstine à dire la messe, mais, version sans latin, ça sonne faux et creux.

Il y a dix ans, pour démonétiser un adversaire, on le présumait « lepénisé », et l’affaire était entendue. Il n’en fallait pas beaucoup pour être « lepénisé », il suffisait de démystifier les palabres relatives à « l’assimilation » et d’estimer que l’immigration devrait être, sinon choisie, du moins contrôlée. Désormais, n’importe quel élu de banlieue, fût-il encore rouge, en convient – et le clergé médiatique a dû chercher ailleurs les ingrédients de son manichéisme : le dit « danger Le Pen », ça ne marche plus. Alors, sous la plume de quelques-uns, on brandit à tous escients Besancenot ou Bové comme le spectre d’un retour du bolchevisme censé menacer nos équilibres sociaux et surtout mentaux et mettre au placard la fameuse « exception française ».


Soral, warholien compulsif

Il y a plus d’un siècle, le général Boulanger se présentait dans plusieurs circonscriptions législatives à la fois pour être sûr de se faire entendre. Aujourd’hui, Alain Soral, warholien compulsif, se met en scène partout où on l’accueille encore, rêvant, pour un peu, d’être le démarcheur de toutes les doctrines passées, présentes et même à venir. Le problème est que l’intéressé ne se satisfait pas de butiner en tout lieu. Il souhaite également incarner tour à tour des idées antagoniques. D’où cette impression de bonapartisme éditorial qui émane de cet auteur par-delà les idéologies.

Depuis maintenant quelques années, certains journalistes s’interrogent anxieusement sur l’essence du « soralisme ». Est-il un maurrassien ayant lu les thèses de Vacher de Lapouge ? Ou l’héritier honteux du radicalisme de gauche façon anti-génération Mitterrand ? Il faut la légèreté d’un Nicolas Gauthier, rédacteur en chef de Flash, pour se demander si Alain Soral n’est pas, en fait, un artefact de la société du spectacle. Il y a dans le propos de ce collectionneur de mauvais mots une vulgarité peu commune. La France de M. Soral est, hélas, plus celle de Pierre Poujade que celle de Léon Bloy.

Invité récemment dans une librairie parisienne peu fréquentée de la rue Primatice d’où sont exclus à peu près tout ce qui ressemble à du « progressisme » , M. Soral est parti avec l’argenterie après être monté sur la table. Chacune de ses interventions est embuée de la lourdeur didactique de nombreux pamphlétaires. Les flèches qu’il décoche sont toujours obliques et il y a loin encore vers le modèle, Céline. L’immobilité de son regard ne lui rend pas service car elle lui interdit d’entrevoir ce qui reste barré aux seuls idéologues. L’histrionisme idéologique de M. Soral ressemble à des prélèvements d’organes – des greffons qui n’ont pas pris. Il n’est pas drôle. Il a du stylet plutôt que du style. Il ne se montre pas d’une grande originalité et quand on ouvre tous les fichiers à la fois, le bug menace de péter à tout instant.


United colors of Soral

Alain Soral s’en prend à la « pensée unique » et au « politiquement correct ». Bravo ! Qui ne soutiendrait cette juste croisade dans un pays où, de fait, on n’entendrait qu’un son de cloche ? Où le débat serait interdit, les opinions « dissidentes » bâillonnées, les minoritaires, les déviants, les originaux mis hors d’état de faire entendre leur voix et leurs divergences ? Le problème, c’est que rien de tout cela n’existe ailleurs que dans sa tête. A la limite, ce serait le contraire ! Une myriade de courants de pensée, de postures politiques ont disparu partout ailleurs, mais survivent chez nous.

Chez lequel de nos voisins y a-t-il immanquablement entre deux et trois candidats de la droite « nationale », trois et cinq candidats trotskistes ou communistes à la magistrature suprême ? Partout ailleurs, on considère – et peu importe ici que ce soit à tort ou à raison –, que l’histoire a ridiculisé leur catégorie et l’opinion ne veut plus en entendre parler. Olivier Besancenot, lui, a son avenir devant lui : enfin il vient d’accéder à Vivement dimanche et aux délices de la conversation dominicale avec Michel Drucker, sur velours rouge passé.


Flash, journal (pas vraiment) gentil et (pas vraiment) intelligent

Alors, parano, Soral, qui, dans la livraison de Flash du 3 décembre 2008 titre : « Fausses idoles et vrais guignols. D’André Breton à Olivier Besancenot, les imposteurs démasqués » ? Oui… et non. Ce n’est pas par hasard que ce faux débat sur la « pensée unique » ressuscite régulièrement. En réalité, ni nos institutions ni notre culture politique ne favorisent de débat authentique au sens de l’échange de bonne foi se concluant sur un écart de point de vue, dans la grande tradition « parlementaire ». Chez nous, on ne « parlemente » pas. C’est de ce débat-là, d’un débat fécond, que les Français, à juste titre, sont orphelins. Notre problème, M. Soral, ce n’est pas qu’on ne peut pas tout dire. C’est que personne n’écoute.

Ainsi, sous la plume de Soral, André Breton serait un écrivain salonard, auteur de « trois mauvais poèmes à jeux de mots foireux, deux provocations de potaches parfaitement dérisoires […] dégoisant des poèmes à la con, allongé sur un divan […] », jugé sur un même pied avec Sartre et Althusser, « fausses idoles pour bobos » pour mieux défendre Céline, Drieu La Rochelle et Antoine Blondin…

Mais qui, en France, sérieusement, de gauche comme de droite, doute encore des talents littéraires du « Maudit de Meudon », de l’auteur de Gilles ou du premier Hussard ? Alain Soral a perdu de sa capacité d’intimidation à cause de ses excès.


Soral ou le reniflage des moisissures françaises

C’est le paradoxe de sa nouvelle « pensée » : auteur moins identifiable, canaux de diffusion moins historiques – moins repérables –, posture moins agressive quoi que plus vulgaire. Mais les fausses évidences polluent peut-être encore plus le débat public et Soral se fatigue dans le reniflage des moisissures françaises.

C’est le nouveau ton de la pensée unique, en sourdine : le réactionnariat. Moins de coups de gueule, mais des coups en douce. Cela génère une pensée « politiquement » moins tenue, moins militante en apparence. Plus réflexe, mais pas moins envahissante. Privée des grands timoniers de la presse, elle prolifère grâce à l’habitude prise de ne pas débattre, de se protéger de la vérité. Elle mord moins, mais elle étouffe toujours et assomme encore.

« Certaines croyances sont tellement ridicules qu’il n’y a que les intellectuels pour s’y laisser prendre », raillait Georges Orwell, avant que les politiques, les fonctionnaires et les journalistes divorcent à leur tour de la réalité. C’est peut-être ça, la nouvelle pensée de l’équipe rédactionnelle réunie autour de Nicolas Gauthier et Philippe Randa : la dissémination d’une pensée paresseuse, moins sûre d’elle mais faite de croyances ridicules qui dispensent de faire face à la réalité sociale et se contentent de la version policière. Ce travers n’est plus le privilège des intellectuels. Journalistes, plumitifs, artistes ont succombé à l’attraction grégaire de la pensée « nationale révolutionnaire ». Peu importe de se tromper, si c’est en troupeau. Penser faux ensemble assure l’impunité. Et c’est encore mieux de suivre le troupeau en adoptant ces postures faussement rebelles caractérisant ces « mutins de Panurge » qui faisaient tant rire le regretté Philippe Muray.


L’anti-bloc notes de Soral : une pensée vaginale et stérile

Une chose ne change pas : cette pensée vaginale, stérile, transcende toujours les clivages politiques. Et c’est à peu près le point seul d’accord possible avec Alain Soral : au début des années 90, la pensée unique a pu s’installer grâce aux défaillances de la gauche française, dont le handicap premier reste son rapport panique avec la vérité. L’interminable règne de François Hollande a consacré au PS le triomphe de cette pensée molle, rebaptisée « synthèse ». Cette pensée tiède qui ne dit rien mais revendique tout autorise ce que Sarkozy a pompeusement baptisé « l’ouverture » et qui n’est autre qu’un mode de gestion de carrières individuelles prêtes à tout (Kouchner, Besson, Bockel, Jouyet).

Depuis Charles Maurras et Léon Bloy, deux gaillards de la plume, tout a changé, mais rien n’a changé. Même la pensée « politiquement incorrecte ». Dénoncée il y a plus de vingt ans par un intellectuel – un vrai –, Régis Debray, ce catalogue de fausses vérités sur des « guignols jouant aux idoles » ânonnées par un perroquet sûr de lui et obéissant à la haine de l’avis qui n’est pas le sien s’est seulement métamorphosé. Mais sous de nouveaux atours, avec de nouveaux thèmes et de nouvelles obsessions subsistent le même mépris du réel social, la même allergie au débat, le même réflexe d’excommunication.

Et la quasi-totalité des « papiers » de M. Soral s’alignent sur une « pensée » que son auteur estime juste et surtout sans alternative. Comme Jacques Chirac en 1995 et Nicolas Sarkozy en 2007, Alain Soral se fait (é)lire en combattant l’idée maîtresse de la « pensée unique » : il n’y aurait qu’une seule politique possible. Ce qui, en définitive, rassure les bataillons de l’autre pensée unique retournés illico à leurs moulins à paroles.

Reconnaissons à Alain Soral un incontestable panache. Dans Flash, notre « nouvel » intellectuel tire son épée et entonne le grand air de Turandot pour nous sommer d’entrer en résistance contre ces « fausses idoles et [ces] vrais guignols ». Tout y passe. Tout est bon, même l’infamant, surtout l’infamant, pour hisser à grande peine rhétorique Marine Le Pen jusqu’à l’exceptionnelle stature d’un(e) titan(e) de l’histoire auquel sont reconnues, merveilleusement accordées ensemble, toutes les formes du génie humain, politique, philosophique, et même spirituel – paternel. L’écrivain nous prouve, une nouvelle fois, que le culte de la personnalité et la fascination du héros n’ont pas encore déserté l’imagination des hommes. Soit. Nous respectons ses choix sans les partager vous l’aurez certainement compris.


Compteur idéologique bloqué

Devait-il pour parvenir à ses fins aligner une telle succession de contre-vérités, notamment à propos d’André Breton et de Louis Althusser ? Ce bouquet d’invectives adressées à tous ceux qui ont l’outrecuidance de s’opposer aux idées en place dans la tête de Soral ne serait-il pas, a contrario, un aveu de faiblesse ? Quand on fait tonner la grosse artillerie, c’est que, en fait, on amorce une position de repli.

Aussi, dès le début de sa leçon d’Histoire, notre "cher" Soral, plus proche de Taine et de Burke que de Michelet et de Hugo, amalgame des éléments qui n’ont rien à voir. Il lie, dans un commun opprobre, le « gauchisme à la Prévert » et le « gauchisme à la Baader », André Breton, le surréalisme et Jean-Paul Sartre, et confond révolutions littéraire, philosophique et politique.

Hélas, Alain Soral n’est pas conscient qu’il ne représente pas plus que sa propre personne. Ce qui est déjà beaucoup. Et il faut une forte dose de culot, ou de mauvaise foi, pour recoder le refus de voir en Breton, Sartre et Althusser de véritables écrivains. C’est que le compteur chronologique de M. Soral est resté bloqué au 6 février 1934 idéologique – ce jour tragique où les ligues d’extrême droite rêvèrent de renverser la République.

La fascination ambiguë de l’auteur de L’Abécédaire de la bêtise ambiante pour les années 30 le conduit à penser sottement que tout le monde partage ses obsessions. C’est précisément là où nous quittons le registre historique pour le canal hystérique.


Non-conformiste mais vrai con

Alain Soral présente un cas intéressant d’hystérie projective. Il se projette dans ce qu’il estime être les arrière-pensées et les non-dits du politiquement correct. Ce n’est plus un exercice de démolition ; c’est un exercice de divination. Les détracteurs de son « politiquement incorrect » seraient, notamment, allergiques à son non-conformisme. Soral voit des « faux curés, faux écolos, faux paysans, fausses princesses, faux comiques […] statufiés » partout. Les « grands prêtres du néo-cléricalisme ambiant » n’ont pas sa faveur, « turlupins communiant tous à la religion des droits de l’homme » vite expédiés à cause de leur « exhibitionnisme obscène ». Nous n’aurons pas le mauvais esprit de rappeler à l’historien pamphlétaire que la seule fois où l’étiquette « non-conformiste » trouva un débouché politique fut précisément dans les années 30… Non. L’essentiel n’est pas là, il est dans cette valse à trois temps rhétorique qui fantasme les raisons du succès de la personnalité d’Olivier Besancenot.

Ce dernier romprait, selon Soral, avec le standing du révolutionnaire littéraire. Ce ne fut pourtant pas la principale caractéristique des « présidences » de Krivine et de Laguillier. Mais passons… Parce qu’il est fonctionnaire, Besancenot représenterait à lui seul une anomalie dans la vie politique française. Curieuse hantise des origines (professionnelles) que celle que manifeste ici, une fois de plus, l’écrivain qui dénonce la LCR comme un « lieu exclusif de l’étudiant bobo, bouche tendue aux sexualités trans-genres ». Tout le monde appréciera. S’il existe un « mépris de gauche » selon Alain Soral, on croit avoir trouvé une haine (extrême) de droite (nationale).


Dieudonné, Soral, sur un air d’autovictimation

Même s’il souligne, avec un air d’ingénu mais avec gourmandise, ses péchés de jeunesse politique, Soral est, à l’exemple d’un Dieudonné, dans la ligne de l’autovictimation effrénée qui nous dit, aujourd’hui, que le politiquement correct est un racisme. Il fallait le trouver. Il a osé.

Toute critique politique doit donc être diabolisée et retraduite en atteinte à la personne. Normal : quand on ne défend pas des idées, on porte des identités vindicatives en sautoir. Point de salut en dehors de l’allégeance à « l’universalisme français ». Cette repersonnalisation accélérée des enjeux politiques restaure une conception féodale de l’engagement. Vassalité à tous les étages. Peur panique de la divergence, ou même de la simple nuance critique. Nous avons tous connu dans notre enfance cet élève qui donne des coups de pied en douce à ses camarades et qui va ensuite se plaindre à la maîtresse quand, à son tour, il se fait botter les fesses.

Chez Soral, tout le reste n’est pas, hélas, que mauvaise littérature : ce n’est pas seulement un type violent et dangereux, il a également tort.

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article127788

La « pensée » d’Alain Soral : Révolution ou réaction ?
de : Maxence Staquet
samedi 12 mai 2012 - 20h31

1 commentaire
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Alain Soral est un essayiste français proche du FN, sans en être membre. Il soutient la candidature de Marine Le Pen pour la campagne présidentielle. Son dernier livre s’est vendu à 28 000 exemplaires, ce qui constitue un succès modéré. Ses lecteurs sont des jeunes et beaucoup sont d’origine immigrée. Il suffit pour s’en convaincre d’aller voir les commentaires sur ses sites[1].

Soral tente de rallier aux idées d’extrême droite un public qui ne lui est traditionnellement pas attaché : de jeunes Français issus de l’immigration qui aspirent à bac + 3.

La croissance basée sur l’endettement des années 1990 et 2000 a fait place, depuis la crise de 2008, à une précarité accrue touchant les plus démunis, mais aussi, et c’est nouveau, les classes moyennes. Et notamment une partie des jeunes salariés issus de milieux populaires qui ayant fait des études plus poussées que leurs parents, pouvaient prétendre à des emplois mieux rémunérés et protégés. Soral s’adresse à ces jeunes qui, ayant terminé leurs études ou non, voient leur avenir en berne. L’ascenseur social est en panne et la colère gronde. Pour ceux dont les parents sont immigrés, la situation est pire encore, car ils doivent aussi faire face à la discrimination raciste.
Cette légitime colère ne sera payante qu’en ciblant les vrais responsables de la crise : le grand capital. Elle ne sera efficace que si elle se lie au mouvement ouvrier. Mais c’est là que le bât blesse… Les partis de gauche en France, comme le PS, ne remettent pas en question la domination des financiers. En politique étrangère, il y a unanimité à gauche pour le soutien à l’impérialisme français en Libye et en Syrie. Le PS ne dénonce pas la politique d’apartheid de l’État d’Israël contre les Palestiniens. Et pour couronner le tout, nombreux sont ceux, à gauche, qui s’associent au discours stigmatisant l’islam au nom de la défense de la laïcité républicaine.
L’objectif de Soral est de rallier un électorat jeune, déçu de la gauche et d’origine immigrée. Pour l’heure, il travaille sur le terrain idéologique afin de former de futurs cadres de la droite extrême, capables d’encadrer les quartiers des banlieues populaires. Il se présente d’ailleurs lui-même comme un « producteur de concept », un idéologue en somme.

Politiquement incorrect

Mais comment réussir le tour de force de rapprocher du FN des petits enfants français des premiers immigrés algériens qui ont connu le FLN et la décolonisation ? Le FN est dirigé par Marine Le Pen, soit la fille spirituelle et biologique du père, lieutenant parachutiste, engagé volontaire en Algérie pendant la guerre d’indépendance pour maintenir l’empire colonial français ! Soral est d’ailleurs, quoiqu’il s’en défende, un nostalgique de la grandeur coloniale de la France : « Plus je vois la merde noire (corruption, intégrisme, généraux…) dans laquelle l’Algérie s’enfonce un peu plus chaque jour, plus je découvre en images que les seules choses qui tiennent encore debout là-bas (infrastructures, urbanisme…) sont celles que la France coloniale y a construites, plus je me dis que leur seul espoir, c’est qu’on y retourne[2]. » Ce n’est certes pas un tel discours qui peut convaincre…
Mais il est beaucoup plus séduisant chez Ardisson lorsqu’il dénonce le discours des médias sur les « islamo-violeurs des banlieues » à propos des tournantes au bas des immeubles. Il y affirme que « les musulmans violeurs ça n’existe pas, soit on est un violeur et on est un délinquant, un sous-prolétaire américain d’imitation […] soit on est un mec qui est dans la religion et on ne viole pas ».
Soral est un adepte du discours sur la perte des valeurs dans la société : « les films pornos qui ne leur donnent pas une image très respectable de la femme occidentale […] la misère sexuelle, elle est pour les garçons de banlieue […] il y a toujours la possibilité pour la jolie beurette de se sortir de la banlieue en allant proposer ses fesses dans les boîtes de nuit[3]. »
Il apparaît comme un défenseur de l’islam lorsqu’il répond à une interview du plus important site Internet musulman d’expression française Oumma.com : « Oui, le piège du rap, tendu par les médias du pouvoir pour pousser le Franco-Maghrébin à s’identifier au noir américain du ghetto […] la culture musulmane produit des hommes élevés dans des valeurs[4]. »
Il se présente comme un rebelle « antisystème », dénonçant un complot des élites, toujours en des termes vagues d’ailleurs. Morceau choisi : « Tout le pouvoir, c’est les réseaux […] c’est l’oligarchie bancaire qui coopte des gens en leur faisant comprendre qu’ils auront leur part du gâteau s’ils participent au projet de domination […] on voit bien qu’au Siècle il y a tout ce monde-là, c’est les gens qui participent au pouvoir, c’est-à-dire les élites […] on est dans le monde de l’hyperclasse mondialiste[5]. »
Il veut dénoncer la domination des banques et de la finance internationale tout en sauvegardant le capitalisme. Il n’attaque jamais la mondialisation capitaliste, mais bien le mondialisme : « Le mondialisme n’est pas la mondialisation. […] Le mondialisme est un projet idéologique […] qui travaille à la mise en place d’un gouvernement mondial et à la dissolution de toutes les nations du globe en une seule humanité. […] la mondialisation — processus d’échanges dus au progrès technique — pourrait tout aussi bien se satisfaire d’un monde multipolaire fait de nations pratiquant un protectionnisme réciproque et raisonné[6]. »
Soral s’en prend toujours à l’impérialisme américain et à son allié sioniste, ce qui plaît : « on cherche à obtenir des gens dans les médias un soutien inconditionnel à Israël […] si t’es antisioniste ou judéocritique, tu dégages[7]. » Pourtant, il ne parle jamais de l’impérialisme français. Il veut d’ailleurs occulter tout bilan, toute réflexion sur le passé colonial français : « la culpabilisation du peuple de France qui n’a rien à voir avec la Collaboration […] l’antisémitisme », ni avec l’esclavage et la colonisation. Il ne faut plus en parler, car ça entretient la « haine de la France[8] ».
Lorsqu’il condamne l’hypocrisie du PS et de l’UMP qui tiennent un discours de défense des droits de l’homme tout en soutenant Israël et les interventions en Libye et en Syrie, il fait mouche : « Le droit-de-l’hommisme est, aujourd’hui, le bras armé idéologique du mondialisme[9]. »
Il présente l’élite au pouvoir en France comme étant au service du sionisme : « Bernard-Henri Lévy, qui défend les intérêts israéliens, a donné l’ordre à l’armée française, au-dessus de Juppé, qui n’était pas très chaud pour y aller, de déclarer la guerre à la Libye sans recourir à un vote du parlement. » Selon lui, il fallait pour Israël avoir une « présence militaire impériale proche des frontières de l’Égypte […], car si les frères musulmans et l’armée égyptienne s’entendent, le blocus de Gaza c’est fini[10] ». En attendant, les entreprises françaises, surtout Total, ont de beaux jours devant elles en Libye[11], les frères musulmans ont gagné les élections, quant à Gaza…
Il faut lire l’allocution de Soral prononcée à Villepreux le 2 novembre 2008 sur « Le politiquement incorrect comme idéologie de résistance au mondialisme[12] » pour bien comprendre comment il s’intègre dans ce vaste courant de la critique d’extrême droite qui substitue au discours anticapitaliste et anti-impérialiste, un discours sur les valeurs : « Le politiquement incorrect n’est en rien un inutile jeu de provocations. C’est, même […] la doctrine de résistance au mondialisme. […] nous pouvons, nous nationaux, en tant que seuls critiques efficients […] devenir les maîtres à penser de demain et incarner, nous et nous seuls, le renouveau du Génie français ! ». Cette nouvelle élite, nourrie au biberon de la pensée Nouvelle droite pour diriger la France de demain en occupant le terrain déserté par la gauche.
Tout comme Marine Le Pen, Soral aime entretenir la confusion politique en parlant alternativement du système UMPS et de la résistance au mondialisme. « J’aime certains gars de banlieues pour ça, j’aime Le Pen pour ça […] Ce sont encore des hommes […] toutes ces merdes du système UMPS […] J’aimerais bien voir le jour où ça va péter dans la rue, comment ils vont se comporter […] moi je suis prêt déjà à ça, pas eux[13]. » Cette saillie provocatrice, mêlée de fanatisme et de culte du surhomme pourrait prêter à sourire. Elle est néanmoins typique du personnage et du fond de ses idées politiques. Lorsque ça va « péter » comme il dit, on peut se demander si lui et ses copains du FN seront du bon côté, ou s’ils joueront, comme toute l’histoire l’a montré, le rôle de gardiens du capitalisme, de bourreaux du mouvement ouvrier. En attendant, ce côté rebelle contestataire et prêt à en découdre plaît à des jeunes qui se trompent de colère.

Parcours d’un rebelle autoproclamé

Alain Bonnet de Soral est né le 2 octobre 1958 à Aix-les-Bains. Il se présente comme suit : « Je suis donc un atypique, fils de bourgeois déclassé, ayant passé son enfance au milieu des communistes dans une cité-dortoir, mais allant au collège Stanislas […] comme la plupart des marginaux que je croise dans les squats et autres lieux alternatifs qui me permettent de survivre et d’échapper au salariat. […] J’ai toujours été un fervent patriote […]. Mon virage vers le communisme et le PCF […] je m’essaierai, toujours pour survivre, au journalisme et à la publicité. […] nous faisons campagne pour le “non” à Maastricht… Une campagne pour le non où PCF et FN se retrouvent dans le même camp… […][14]. »
Nous sommes alors en 1993, après la chute du socialisme en URSS. Le PCF, comme nombre de partis communistes européens, est en pleine débâcle. Soral, estimant sans doute qu’il a misé sur le mauvais cheval, entame un tournant qui l’amènera en 2005 à adhérer au Front national de Jean-Marie Le Pen. En novembre 2007, il devient un cadre du parti d’extrême droite en intégrant le comité central du FN. Au début des années 1990, il est donc au PCF, mais participe à l’appel de Jean-Paul Cruse pour créer un large front ni droite, ni gauche[15] rassemblant « Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultranationalistes […] la civilisation contre la marchandise — et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde [… contre] Wall Street, le sionisme international, la bourse de Francfort et les nains de Tokyo[16]. » Le PCF condamna promptement ce projet de rapprochement « rouge-brun » qui tourna court. Pour Alain Soral, ce fut une école. C’est à l’Idiot international de Jean-Edern Hallier, un journal pamphlétaire et anarchiste de droite, que s’opère ce rapprochement entre déçus de la gauche communiste et électrons libres de la droite extrême. L’initiative est soutenue par Alain de Benoist, qui fut l’un des plus influents penseurs de la Nouvelle Droite. Il fonde le GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne) en 1969 pour lutter contre Mai 68 et la domination des idées de gauche dans la société moderne. Une bonne partie des jeunes cadres du FN et de l’UMP ont été fortement influencés par ce courant qui a joué un rôle de catalyseur du rapprochement actuel entre la droite dure et la droite extrême.
« Il me paraît clair que, depuis la ratification du traité de Maastricht, l’ennemi est le capitalisme financier mondialiste, dont l’Europe est le cheval de Troie. […] Il me paraît clair aussi que le seul homme politique qui peut combattre ce système ne peut être qu’un nationaliste[17]. » Soral écrit ceci en 2007, en parfaite continuité avec ses débuts en politique en 1993. Mais s’il y a continuité idéologique, la fidélité des engagements n’est pas son fort. Il claque la porte du FN en 2009, déçu de ne pas avoir été choisi comme tête de liste en Île-de-France. Il anime alors avec l’humoriste Dieudonné une liste antisioniste aux élections européennes de 2009 qui connaît un échec cuisant. Il fonde ensuite le collectif Égalité et Réconciliation afin « de créer l’union sacrée de la gauche patriote et de la droite antifinancière, afin d’atteindre le pourcentage électoral qui permettra au peuple de France de reprendre le pouvoir par les urnes[18] ». Aujourd’hui, il se sert de cette association comme tremplin pour faire sa publicité et peut-être gagner son retour au FN en soutenant Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle de 2012, mais cette fois en restant à l’extérieur du FN.

Les grandes constantes de la « pensée Soral »

Essayons maintenant de déceler ce qui est constant dans ses écrits, ce sur quoi il insiste. Voyons ce qui se cache derrière la rhétorique droite des valeurs, gauche du travail.

Il n’y a pas de danger fasciste aujourd’hui en France

Mais il doit pour cela pratiquer un double discours sur le danger de la montée du FN et dénoncer tous ceux qui veulent maintenir le cordon sanitaire. « En fait, pour qu’il y ait fascisme, il faut qu’il y ait démocratie — et pour pousser la précision plus loin, qu’il y ait démocratie en crise et risque de prise du pouvoir par les communistes […]. Dès lors, parler de menace fasciste dans le monde unipolaire d’aujourd’hui a très peu de sens[19]. » « Les mêmes qui avaient sponsorisé le fascisme des années 30 ont mis en place, dans les années 60, un système infiniment moins coûteux et bien plus efficace pour enlever au peuple toute volonté séditieuse… Et ce système s’appelle société de consommation[20]. » Nous sommes d’ailleurs en train d’en sortir avec le démantèlement des conquêtes sociales depuis les années 90. Une vérité pour deux gros mensonges :
— La bourgeoisie ne renonce jamais à la possibilité de la répression des masses par l’État à son service. Le fascisme n’est pas assimilable à une simple dictature militaire, il allie le terrorisme d’État à un mouvement de masse basé sur les éléments déclassés et sur les classes moyennes fragilisées par la crise, il fait suite à un échec majeur du mouvement ouvrier.
— Le fascisme n’est pas un phénomène qui émerge du jour au lendemain, il a besoin de temps et d’un climat propice pour apparaître. Aujourd’hui, les capitalistes veulent faire porter aux travailleurs le poids de la crise économique qui a commencé en 2008. En France, les luttes contre la réforme des retraites du ministre Woerth n’ont pas réussi à la stopper. D’autres luttes viendront. Face à la résistance croissante des masses populaires, une alliance FN-UMP brisant le cordon sanitaire est possible. Elle inaugurerait une période de restriction stricte des droits démocratiques donc des possibilités pour les forces de gauche, y compris les syndicats, de résister aux attaques du Capital contre le Travail. Cette alliance existe déjà en Françafrique où beaucoup de cadres du FN font leurs premières armes[21]. Elle existe déjà dans les médias, où le discours du FN est de plus en plus banalisé grâce aux « intellectuels médiatiques » proches de Sarkozy comme Éric Zemmour ou Pascal Bruckner.
Son discours soi-disant réconciliateur masque d’ailleurs assez mal sa haine viscérale contre ceux qui ont efficacement combattu la domination fasciste : « Un antifascisme désormais sans fascistes » issu de l’alliance entre gaullistes et PCF pour masquer la « domination du Capital dans sa forme la plus parasitaire — anti-industrielle et financière[22]. »
À la fin de son livre, Comprendre l’Empire, Soral compare fascisme et communisme pour mieux défendre les expériences fascistes : « Les opposants sérieux à la démocratie moderne : du nationalisme intégral de Charles Maurras à la République islamique d’Iran, en passant par l’Ordre noir de la SS cher à Heinrich Himmler, cette même tentative de juguler le pouvoir de l’argent par le retour au pouvoir absolu d’un ordre à la fois militaire et religieux. La seule puissance militaire, sans le secours du sacré face aux forces de l’argent, conduisant inéluctablement à la défaite, comme en témoignent les expériences communistes et fascistes européennes, le panarabisme, le baasisme[23]. » Mais ce genre de citation révélatrice est noyé dans un flot de diatribes contre le pouvoir des banques, contre Israël, contre l’impérialisme américain, jamais contre l’impérialisme français, cela s’entend.

La France !… Quelle France ?

« Pour ceux qui n’auraient pas compris le raisonnement : il n’existe pas de lobby juif en France, puisque c’est interdit ! » Pour ceux qui n’auraient pas encore compris Soral : le lobby judéo-maçonnique domine le monde puisque tous les présentateurs télé juifs français veulent sa peau. Ce qui lui permet d’affirmer qu’il suffirait de changer d’élite dirigeante (en balayant les juifs pour commencer) pour que tout rentre dans l’ordre, puisque le système ne fonctionnait pas si mal du temps de l’âge d’or, à l’époque de De Gaulle. « Il faut que les élites légitimes, patriotes, françaises reprennent le pouvoir sur ce pays […] refaire une Constitution […] sortir de l’Europe […] arrêter avec l’euro […] reposer la question nationale et identitaire intelligemment […] échapper à la dictature du mondialisme financier[24] » en soutenant l’impérialisme et les bons capitalistes patriotes français…
« Je me souviens de la banlieue populaire des années 60 […] les travailleurs y vivaient en bonne intelligence, et dans le plein emploi […] Aucun racisme contre les anciens immigrés […] les seuls qui posaient problème, déjà, c’étaient les Algériens qui se tenaient à l’écart dans la solitude, la peur, l’islam[25]. » Il fait comme si cette cohésion, cette harmonie supposée des quartiers populaires étaient organiques au « bon peuple français » : « Une communauté française dans les faits, la moins raciste du monde puisque peuplée majoritairement, et jusque-là sans trop de problèmes, d’anciens étrangers[26]. » Les peuples ont des caractéristiques politiques qui sont comme inscrites dans leurs gènes : « Le Français a toujours tendance à prendre le parti du plus faible et de l’humilié[27]. » En bref, la France est la patrie des droits de l’Homme inscrite dans les gènes des Français et non dans l’histoire des luttes de classes acharnées pour les droits sociaux et démocratiques. Quid de la colonisation française, une des plus féroces pourtant (Indochine, Algérie, etc.) ? Quid de la néo-colonisation en Françafrique ? Quid du travail du PCF dans les banlieues après 1945 ; peut-être est-ce là qu’il faut trouver quelque réalité au mythe du « bon peuple français » ? Quid du massacre du 17 octobre 1961 ? Quid des bidonvilles de Nanterre ?
Toute analyse sérieuse d’un discours politique doit tenir compte de ses références historiques : la Commune de Paris ou le mouvement boulangiste visant à instaurer une dictature en France en 1888 ? Le Front populaire ou l’État français du maréchal Pétain ? Le FN, quant à lui, prétend : « nous ne rejetons rien de ce qui appartient à l’histoire de France[28] », dixit Le Pen sur France 2 en 1990, pour pouvoir réhabiliter ses vieux mythes racistes et élitistes, battus en brèche lors de la défaite des nazis en 1945. Ce discours ne prospère que sur le mensonge et la manipulation des masses. Il se croit permis de tout revoir : la traite des noirs, la colonisation, les chambres à gaz, la résistance et la collaboration, etc. Tout revoir, car il veut faire tourner à l’envers la roue de l’histoire.
Aujourd’hui, prétendre vouloir restaurer l’Ancien Régime le couvrirait de ridicule, voilà pourquoi Soral met tellement en avant le modèle gaulliste : un pouvoir présidentiel fort et nationaliste (une France forte et impérialiste).
« On peut globalement considérer la période d’après-guerre 1945-1973 comme une période de prospérité et de consensus social […]. Un régime d’économie mixte, libéral et social, résultant du programme du Conseil national de la résistance. » Et pourtant, il a quelques critiques : « le mythe de la trahison pétainiste et de la Résistance de gauche, profitable aux deux contractants […] [De Gaulle] avait pactisé par deux fois avec l’Empire : en 1940, en rejoignant le camp des alliés contre Pétain, puis en 1958, en achevant de liquider l’Empire français dans l’affaire algérienne[29]. » Soral reprend là deux griefs reprochés à De Gaulle par quasi toute l’extrême droite française après la Deuxième Guerre. Selon lui, De Gaulle n’a pas été écarté par le peuple suite aux actions de Mai 68 et du référendum de 1969, mais parce qu’il s’est opposé à l’Empire qui a manipulé (encore un complot, dont il ne nous dira rien d’ailleurs) pour l’évincer, car il avait la « volonté de retourner à l’étalon-or » et parce qu’il a condamné très mollement l’invasion de la Cisjordanie par Israël en 1967. Rappelons tout de même que la 4e République était le meilleur allié d’Israël et que De Gaulle a continué la politique de livraison massive d’armes à ce pays, en dépit de son double jeu vis-à-vis du monde arabe.
Sarkozy, l’homme des réseaux, traître à la France, car l’ayant réintégré dans l’Otan sous domination américaine (c’est uniquement cela qui dérange Soral). Traître, car ayant ratifié le traité de Lisbonne au mépris du projet d’Europe des Nations de De Gaulle, « l’abandon de la souveraineté nationale », contre l’Europe multinationale de la Constitution européenne. Mais qu’elle soit surtout ultralibérale, Soral n’en dit pas un mot. Traître à la France, car ayant fait entrer des gens que Soral considère comme étant de gauche (Kouchner) et des juifs sionistes (Attali et Klarsfeld) : « Soit en réalité l’union sacrée libérale, atlantiste et sioniste. » Traître, car il n’a pas assez passé les banlieues au karcher : « Un régime sécuritaire envers le peuple du travail sans jamais toucher à la délinquance des prédateurs sous-prolétaires et des prédateurs de l’élite[30]. » Il faut bien lire l’Abécédaire de Soral, afin de se rendre compte que le modèle gaulliste est une référence pour lui depuis dix ans[31].

Du bon impérialisme

« Notre intérêt, désormais solidaire de celui de l’Allemagne, n’étant pas non plus de rembourser une deuxième fois — via l’ONU — 80 % du coût de la guerre du Golfe aux Américains, pour nous avoir fait perdre tous nos marchés dans la Péninsule arabique. D’autant plus que le but ultime de cette nouvelle guerre impérialiste est de contrer la suprématie économique européenne, par la mainmise sur ses futures sources d’approvisionnement en énergies fossiles[32]. » Soral représente aux côtés des Le Pen, De Gaulle, De Benoist et autres réactionnaires une tendance de la grande bourgeoise française qui veut briser l’alliance avec les États-Unis.
Ils sont nombreux aujourd’hui à droite à minimiser l’impérialisme français au moment même où il redevient agressif : les événements en Libye, en Côte d’Ivoire et plus récemment en Syrie en sont la preuve. Tandis qu’à gauche, on fait semblant de ne pas le voir, on dénonce Sarkozy, qui serait au service de l’impérialisme américain.
Or, l’impérialisme français est loin d’être enterré, et le grand capital français est tout sauf inféodé aux États-Unis, n’en déplaise à Soral : « En 1980, parmi les 500 plus grands groupes industriels du monde, 217 provenaient des États-Unis, 66 du Japon et 168 d’Europe…[33] » En 2008, la liste du magazine Fortune est la suivante : 140 groupes industriels américains, 68 du Japon, 37 de Chine et 179 de 18 pays européens. Quel est l’impérialisme qui se renforce le plus ? De ces 179, 39 sont français et 37 sont allemands. Fortune vient de publier le classement pour 2010 : États-Unis 139, Japon 71, Chine 46, France 39, Allemagne 37, Grande-Bretagne 29, Suisse 15, Pays-Bas 13, Italie 11, Canada 11, Corée du Sud 10, Espagne 10, etc.[34] Cette liste est essentielle pour voir les vrais rapports de force dans le monde ! L’impérialisme français est loin d’être mort et en Europe, allié bon an mal an à l’Allemagne, il se renforce. En fait, à deux (malgré des désaccords bien sûr, la rivalité ne s’interrompt jamais), ils se complètent pour dominer la politique européenne. L’axe Paris-Berlin voulu par Mitterrand et Kohl, initié par De Gaulle, est toujours vivace. Que l’on pense par exemple aux coups de force du couple Sarkozy-Merkel pour imposer l’austérité à tous les pays européens.
« Grâce à Zemmour, on a à nouveau le droit d’aimer son pays […] je l’aime bien […] il y avait des juifs à l’Action française qui montraient leur amour de la France en se convertissant au catholicisme, pour montrer qu’il n’est pas dans la double allégeance […] être juif, c’est pas seulement une religion, c’est aussi un peuple, une nation avec Israël […] si on aime la France comme il l’aime, on doit faire comme Marcel Dassault, comme Michel Debré, on doit se convertir au catholicisme […] qu’il aille jusqu’au bout de son assimilation, puisque lui aussi est un métis, un immigré, faut pas oublier, il vient du Maghreb, il est issu d’une double culture[35]. » Vous avez bien lu, l’important c’est de soutenir l’impérialisme français. Le but de Soral c’est de remplacer les élites mondialistes donc amorales et antifrançaises par de vrais Français nationalistes et catholiques. Pour rappel, Debré était ministre sous De Gaulle et Dassault, un puissant capitaliste du complexe militaro-industriel français. Alain Soral demandera-t-il la même chose aux jeunes musulmans qu’il fait semblant de chérir ? L’Islam ou la France, il faut choisir !
Soral essaie de manipuler les sympathies propalestiniennes et anti-israéliennes pour défendre un renouveau de l’impérialisme français nationaliste et conquérant. Lorsque Soral s’en prend au sionisme, nombreux sont ceux qui pensent qu’il attaque Israël, ce qui n’est pas tout à fait vrai : il en veut aux élites juives apatrides et cosmopolites : « Finalement, les sionistes essaient d’exister : une nation comme les autres […] je préfère cent fois les sionistes à ce genre d’antisioniste juif [comme Chomsky] ce qui les gène dans le sionisme [israélien] c’est que ça rabaisse le cosmopolitisme juif d’élite qui est chez lui partout comme le dit bien Attali […] si on était resté au projet de Herzl où les juifs pourraient vivre en tant que nation sans renouer avec le projet biblique qui est un projet de domination mondiale et mondialiste, je serais le premier des sionistes, car j’estime tout à fait sain qu’un juif veuille exister en tant que nation[36]. » On comprend mieux pour qui roulent vraiment Alain Soral et Marine Le Pen. Le FN fait en quelque sorte une offre aux grands patrons : « Nous sommes forts, lâchez l’UMPS pour une France forte, alliée à l’Allemagne, protectionniste et impérialiste, choisissez le FN, allié à la droite de l’UMP. » D’où les appels du pied en direction de la droite de l’UMP et la droitisation de l’opinion savamment orchestrée par les médias. Les grands patrons font leur marché quand ils choisissent de soutenir telle ou telle tendance politique en fonction de leurs besoins du moment. Et aujourd’hui, ils ont de plus en plus besoin de museler les syndicats pour faire passer des réformes antisociales dont l’ampleur est inégalée. La social-démocratie et la droite classique manquent d’efficacité pour réprimer le mouvement ouvrier : la droite dure, décomplexée n’aura pas peur de s’attaquer aux droits démocratiques.

Du bon capitalisme

Soral : « seul le retour aux vieilles valeurs morales : respect des anciens, de la hiérarchie et de la parole donnée, sens de l’honneur et du beau, goût du rituel… peuvent produire une politique sociale. […] Une alliance de l’honneur et du producteur[37]. » Comme Sarkozy, Soral ne veut pas en finir avec le capitalisme, il veut le moraliser : il y aurait un « bon » et un « mauvais » capitalisme, à savoir, les capitalistes industriels patriotes contre les capitalistes financiers mondialistes. Encore un mythe… Soral ne dénonce pas le capitalisme en tant que tel, mais le capitalisme usuraire, le prêt à intérêts. Il suffirait donc de remettre les banquiers à leur place en réinvestissant l’État de ses droits entre autres régaliens comme le droit de battre monnaie, ainsi que le suggère Marine Le Pen.
Selon Soral, « La Banque devient ainsi propriétaire de tout, sans jamais rien produire, et avec de la fausse monnaie pour seule mise de fonds ! Nous touchons là à ce que nous pouvons appeler à la fois le génie et le vrai secret bancaire[38]. » Qui n’a été un secret que pour lui, il se révèle donc n’être qu’un vulgaire keynésien (Hitler aussi, tout comme Roosevelt, était keynésien). Cette analyse n’a donc rien de neuf, ni de marxiste, encore moins de révolutionnaire. Ah ! Nostalgie des temps glorieux où l’État pouvait se prêter à lui-même à taux zéro (et donc faire grimper l’inflation qui ruine le bon petit peuple et engraisse les banques… Soral lui-même reconnaît que le pouvoir politique a plus d’une fois fait un usage abusif de la planche à billets). Pas une seule fois d’ailleurs, il ne pose la question essentielle du caractère de classe de l’État.
La Réserve Fédérale américaine représenterait l’archétype de « l’oligarchie bancaire mondiale ». Le vertige des chiffres sans doute : « Or il faut savoir que les seuls intérêts perçus par la FED s’élèvent, annuellement, à 2 500 milliards de dollars. Soit cinquante fois la fortune de Bill Gates. […] Une super fortune que se partage le cartel des douze banquiers internationaux cachés derrière la FED[39]. » Voilà qui donne le tournis ! Sauf que tout est faux. En 2010, la FED réalise un bénéfice de 80,9 milliards de dollars, dont 78,4 milliards reversés au budget fédéral, soit la quasi-totalité. On est loin des 2 500 milliards, qui sont le chiffre d’affaires de la FED non de ses bénéfices. Les bénéfices de la FED sont l’équivalent des bénéfices cumulés des quatre entreprises multinationales qui ont fait le plus de bénéfices en 2010 : Gazprom (Russie), Exxon Mobil (États-Unis), Industrial & Commercial Bank of China (Chine) et British Petroleum (Royaume-Uni). Trois d’entre elles sont des compagnies pétrolières, de vrais capitalistes industriels. Les entreprises russe et chinoise sont possédées par l’État.
Il parle encore de la mise en circulation de nouveaux billets pour 4 milliards de dollars basés sur un équivalent argent (en fait, cela était possible depuis une loi votée au congrès en 1934 ; Kennedy n’a fait qu’étendre ce principe ; on est loin d’une attaque frontale contre la FED…). Quatre milliards, ça pèse peu face aux 533 milliards de dollars que la guerre du Vietnam a coûtés au contribuable américain et de la part qu’en ont tirée les géants de l’armement…[40]
Soral aime mettre en exergue le club du Siècle comme preuve du grand complot de la « Banque ». Mais un examen attentif de la liste des participants aux dîners du Siècle de janvier 2011 montre que sur les 131 hommes d’affaires présents[41], il y a autant de représentants des banques que d’entreprises industrielles ou de services. Il y a surtout ceux issus de grands groupes d’investissements financiers dont les activités sont multisectorielles, tels Lagardère, Aforge, le groupe Arnault (la société holding de Bernard Arnault, le quatrième homme le plus riche de la planète) ou encore LBO France. Qui n’a pas entendu parler du dîner du Fouquet’s du 7 mai 2007, le lendemain de l’élection de Sarkozy[42] ? On pouvait y voir le gratin des capitalistes français venus féliciter leur poulain qu’ils avaient réussi à faire élire : les Arnault, Bolloré, Bouygues, Dassault, Decaux, Frère et bien d’autres. Ce sont ces hommes qui dirigent la politique française dans l’ombre du gouvernement. Les portefeuilles d’actions de ces capitalistes montrent plutôt une imbrication complète entre capital financier et industriel et non la domination de l’un sur l’autre.
Voilà pour le sérieux de la « méthode » Soral. Après ça, il lui est aisé de nous faire prendre des vessies pour des lanternes… de différencier les « bons » capitalistes des « mauvais ».

Les salariés : « des minables qui font un travail de merde[43] »

Toute tentative de mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme serait-elle illusoire ? « Criminelle ! » répond Soral : « Des deux révolutions du 20e siècle, la surréaliste et la communiste, que reste-t-il ? L’une a changé les objets de décoration sur les murs des bourgeois, l’autre notre arrogance quant à la possibilité de changer le monde autrement que sur le plan esthétique. Révolution futile selon l’ordre du désir, révolution ratée selon l’ordre de la production, deux échecs qui nous forcent à réfléchir sur les pièges jonchant le dur chemin qui mène à l’homme nouveau[44]. »
Soral défend une dialectique des équilibres entre dominants et dominés, ponctuellement rompus, mais toujours restaurés par une nécessité hissée au rang de loi de la nature. On est chez lui confronté à une vision cyclique et fataliste de l’histoire : il n’y a pas de progrès, c’est l’éternel retour de la domination. Rien de nouveau sous le soleil, il y a toujours eu des riches et des pauvres : « Les hommes ont des idées et ils sont obligés de vivre ensemble. Doués d’imagination par la fonction symbolique, mais aussi d’expression par le langage, ils sont portés par leur nature à discuter la Loi […] quelle que soit la puissance de la révélation, toute religion […] est-elle contrainte de justifier la Loi par la logique. Introduisant de fait, comme le ver dans le fruit, la raison dans la foi… C’est ce moment de basculement[45] » qui de manière répétée renverserait les anciennes élites pour en instaurer de nouvelles, portées par une foi tout aussi nouvelle, jusqu’à ce que le cycle recommence. Pas de progrès donc : éternelle domination des élites sur les masses, éternelle, car naturelle.
Soral ne veut donc pas mettre fin à l’exploitation. Cette dernière serait dans l’ordre naturel des choses. « La démocratie n’a jamais existé […] Seule différence avec l’ancienne version antidémocratique d’avant 1789 ? Le privilège de pouvoir être exploité par un ancien pauvre[46]. » « Esclaves noirs, serfs blancs, prolétaires… Le mensonge que les Afro-Américains ont subi en passant du sud au nord après la guerre de Sécession est à peu près le même que celui que subirent les serfs en passant du servage au prolétariat, après la Révolution. Mensonge démocratique recouvrant l’éternelle exploitation des humbles[47]. »
Il ne s’agit pas non plus de transformer la société, puisque c’est impossible : « il est intéressant de remarquer que de tout temps, sous tous les régimes : Égypte pharaonique, démocratie grecque, brahmanisme hindou, monarchie catholique… une oligarchie d’à peine 1 % de la population a toujours commandé à la masse des 99 % restants ; comme une meute de loups dominant un troupeau de moutons[48]. »
Pour Soral, il n’y a que des élites qui se battent entre elles (par petit peuple interposé et qui prend les coups) pour s’emparer de la machine de l’État, des médias, de l’appareil industriel, etc. Tout ça n’a pas grand-chose à voir avec Marx, car il n’y a pas de classes pour Soral, il n’y a que les élites et les masses ; l’occasionnelle référence à des luttes de classes n’est qu’un artifice de langage pour défendre la théorie du grand complot, des intrigues entre les élites pour la conquête du pouvoir. Des pouvoirs pour être précis : économique, étatique, médiatique, etc. La prise du pouvoir n’est qu’un remplacement par des élites plus jeunes, plus vertueuses et spartiates (c’est ce qu’il admire dans la combativité des sionistes…) des plus anciennes, dégénérées, empêtrées dans leurs contradictions. Il n’a que mépris pour les ouvriers. À leur propos, il tient le même discours que le MEDEF : « Les 35 heures ne sont pas seulement un symbole de gauche, c’est-à-dire une mesure de gauche inefficace […] l’application des 35 heures pénalise systématiquement les PME au profit des multinationales […]. Pour les minables qui font forcément un travail de merde, les petits salariés pour qui aucune perspective ni aucun épanouissement ne peut plus venir d’un travail aliéné à l’extrême, moins de travail et toujours aussi peu d’argent ; soit l’espoir de rester de plus en plus longtemps à la maison devant la télé[49]. » Ils sont les éternels perdants. « Je les respecte parce qu’ils font tout le boulot », dit-il, mais il tient surtout qu’ils restent à leur place : bosser pour entretenir les « producteurs de concepts », les parasites comme Alain Soral (comme il se définit lui-même d’ailleurs) : « Adolescent […] j’avais pour projet de ne rien faire, juste échapper le plus possible à l’impératif de production pour passer ma vie au café, à discuter et à regarder les filles[50]. » « En contemplant l’Histoire avec un peu de sérieux, on constate que le but permanent du genre humain fut toujours d’échapper au travail[51]. »
Sa conception du travail est celle de toutes les classes d’exploiteurs avant la Révolution industrielle : une conception de parasites, le travail vu uniquement et toujours comme avilissant, comme une déchéance. Conception aristocratique héritée de l’Antiquité grecque, selon laquelle l’homme libre est par définition un combattant ou un intellectuel, libéré de l’obligation de travailler parce qu’il possède des esclaves pour le faire à sa place. Pas étonnant qu’il estime un pouvoir fort nécessaire, sinon comment faire bosser ces fainéants de prolétaires ? « Le goût du travail bien fait, c’est la dignité de l’Homme. Un sens de l’excellence et du devoir gangrené par un détournement de la lutte des classes devenue alibi de la paresse et du sabotage. Un certain parasitisme syndical[52]. »
L’abolition de l’esclavage et du servage grâce aux luttes des paysans contre leurs seigneurs ; la Déclaration des droits de l’Homme en 1789 ; les conquêtes du mouvement ouvrier comme la fin du travail des enfants, le suffrage universel, les contrats de travail, la loi sur les huit heures, les libertés syndicales, la sécurité sociale ; la révolution d’Octobre, les États socialistes ; les indépendances des pays colonisés : tout ça n’existe pas dans le discours de Soral.

Le grand complot

Pour Soral, le rôle des masses devrait donc se limiter à soutenir de nouvelles élites plus vertueuses et plus solides face à la « Banque, [contre] l’Empire. Leur triomphe [des grands hommes] passant toujours et nécessairement par l’appui, la constitution de réseaux ». D’où les intrigues et les complots qui, à la mesure du renforcement de la cohésion et de l’influence de ceux-ci, donnent la victoire. Ils sont « la condition sine qua non de toute prise de pouvoir…[53] » Ceux qui rêvent que Soral voudrait faire un patient travail d’organisation, de conscientisation et de mobilisation des travailleurs pour rendre cette société plus juste en seront pour leurs frais. Non, lui et ses semblables veulent être califes à la place du calife : virer BHL et DSK car ce sont des juifs sans morale, parce que juifs. Tandis que lui et Le Pen seraient vertueux, parce que chrétiens et français authentiques…
Soral remet au goût du jour les théories organicistes sur la société de Maistre, Bonald et Burke[54], inventées au début du 19e pour s’opposer à l’universalisme républicain, enfant de la Révolution française. La société moderne serait absurde, elle rompt les équilibres naturels. Elle est donc vouée à disparaître « par un châtiment du sens. C’est juste une question de temps… Car tout système de domination [doit posséder] sa justification transcendante dans l’ordre symbolique […] aucun ordre absurde ne saurait être durable[55]. » Ou pour le dire autrement : toutes les sociétés complexes ont besoin d’ordre, donc de hiérarchie. Et qui dit hiérarchie, dit inégalité. Mais cette inégalité doit être fondée sur un discours qui semble légitime et basé sur une relation de réciprocité. Soral aime prendre à ce propos l’exemple de l’Ancien Régime basé sur trois ordres : ceux qui travaillent, ceux qui prient et ceux qui combattent et protègent. Il ne dit rien évidemment des impôts et corvées exorbitants exigés des paysans par l’Église et les seigneurs, ni que ces derniers décidaient seuls des lois et maintenaient le peuple dans une ignorance crasse. Ce n’est pas plus un « châtiment du sens » qui a mis fin à ce système, mais bien les soulèvements paysans et la Révolution française.
Lorsque Soral fait semblant de dénoncer le discours stigmatisant des médias à l’encontre des musulmans, il ne prône pas l’unité des travailleurs contre l’exploitation capitaliste. Non, tout progressiste se réduit à ce qu’il appelle « Des antiracistes gauchistes toujours immigrationnistes, par haine des peuples enracinés. Mais, désormais anti-islamistes, au nom de la défense de la laïcité. Tout cela voulu bien sûr par la toute-puissance de plus en plus visible du lobby sioniste […] une obscénité communautaire parfaitement illustrée par la prosternation générale du personnel médiatique et des instances républicaines, président de la République en tête, à l’annuel dîner du CRIF[56]…[57] » L’enjeu n’est donc pas d’unir les travailleurs, mais tous les vrais Français contre les dangers plus ou moins fantasmés du « mondialisme ». Bref, tout comme le FN, il vend aux capitalistes un discours et des méthodes de défense de l’ordre capitaliste qui seraient plus efficaces contre les mouvements sociaux que ceux de l’UMP et du PS.
Il veut nous resservir le vieux rêve fasciste d’un État fort et ultranationaliste afin d’abolir la lutte des classes sans mettre fin à la division de la société en classes et à l’exploitation : « Un luttisme de classe ne pouvant être contré, dans notre société bourgeoise de l’immanence et du profit, que par la solidarité nationale en remplacement de l’ordre divin[58]. »
Soral développe une théorie du grand complot comme moteur de l’histoire, l’action des réseaux de pouvoir en lieu et place de la lutte de classes : « La lutte du grand capital mondialiste, manipulant et finançant les révolutionnaires professionnels issus de la bourgeoisie cosmopolite […] pour empêcher la jonction populaire, elle authentiquement révolutionnaire de la petite bourgeoisie et du prolétariat national […] étant l’histoire cachée du mouvement ouvrier[59]. » Sa preuve ? Le ralliement au libéralisme de toute la gauche à partir des années 1970, qui coïnciderait avec la fin de la bourgeoisie nationale.
Résultat ? « La destruction finale de la classe moyenne — productive, lucide et enracinée — correspondant au projet impérial de liquidation de toute insoumission au Capital, par essence apatride[60]. » Les compromissions répétées des sociaux-démocrates avec l’ordre bourgeois, la désertion du combat anticapitaliste par le PCF : tout cela ne serait que le produit d’un grand complot de la « Banque », concocté il y a plus d’un siècle et dont les « maîtres du monde » auraient prévu toutes les étapes. La révolution d’Octobre en Russie et la chute du mur de Berlin ; tout aurait donc été goupillé à l’avance ? Tous les enchaînements de l’histoire devraient donc aboutir au « règne de la finance américaine sur le reste du monde, à travers la création de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. L’Empire[61]. » Il y avait donc un plan de domination au départ…
Toute cette longue, pénible et délirante démonstration, pour en arriver finalement à prôner comme alternative : le ralliement du monde du travail à l’impérialisme français contre le grand complot mondialiste américano-atlanto-judéo-maçonnique.

Marx : l’ennemi à abattre

Tout le discours de Soral sur la réconciliation de la droite des valeurs et de la gauche du travail masque mal que son véritable objectif est de réhabiliter le fascisme. Son rôle dans le jeu politique français : ratisser large, rallier un électorat d’origine immigrée, et ce, malgré la campagne anti-islam de Marine Le Pen, rallier des jeunes déçus des inconséquences d’une gauche qui se renie et est toujours plus libérale. L’objectif ? Un succès électoral pour le FN en 2012, ce qui accélèrerait le rapprochement UMP-FN. Le tout afin d’aboutir à une fascisation de l’État français qui fortifierait l’impérialisme franco-allemand, libéré de son alliance et de sa sujétion à l’impérialisme étasunien.
Le prolétariat se constitue de ceux qui survivent en vendant leur force de travail aux capitalistes possesseurs des moyens de production. Ils sont les producteurs de toutes les richesses et n’ont pourtant le droit de rien dire sur comment faire tourner la société. Le marxisme donne justement les clés pour sortir de cette soumission, il offre une perspective aux luttes éparpillées.
Que pense Soral du mouvement ouvrier ? « Classe potentiellement révolutionnaire de petits salariés incarnant le pouvoir réel, mais dénués de toute subjectivité subversive d’un côté ; classe traditionnellement révoltée, mais sortie de l’Histoire en même temps que de la production concurrentielle ou de la production tout court, de l’autre… »
Que pense-t-il du marxisme ? « Le marxisme a rencontré le problème de toutes les sciences humaines, qui est de ne pas être tout à fait exactes. […] Quoi qu’il en soit, les 10 % qui séparaient au départ Dieu de Marx (le second après Dieu) se mesurent à l’arrivée par l’écart entre le “socialisme réel” et le paradis ! » Assez tôt dans son livre Contre l’Empire, il doit quand même évoquer l’expérience de la construction du socialisme en URSS pour mieux pouvoir évacuer la seule tentative réussie d’une alternative anticapitaliste : « Le communisme soviétique étant, en théorie, la tentative de mettre hors d’état de nuire la domination oligarchique et privée de l’argent, par la socialisation intégrale des moyens de production sous contrôle public de l’État ». Une épopée qu’il qualifie de « juive en haut pour la volonté de domination, chrétienne en bas pour l’espoir de partage[62] ». Il réhabilite la vieille rengaine fasciste du complot judéo-bolchevique de domination mondiale. Encore une fois, le bon petit peuple (russe orthodoxe) a été manipulé par des élites (juives).
Il s’agit bien d’une attaque en règle contre le mouvement ouvrier révolutionnaire et les expériences des pays socialistes. Il lui faut dénigrer les expériences de construction du socialisme, tentatives de réaliser une société sans classes, pour pouvoir mieux défendre son modèle fasciste d’une société qui maintiendrait l’exploitation, mais avec la maigre consolation d’être dominée par une nouvelle élite autoproclamée plus vertueuse que l’ancienne. Avec un tel discours, il est donc tout à fait « politiquement correct » ! Il hurle en chœur avec tous les anticommunistes de la gauche sociale-démocrate à la droite UMP qu’il n’y a rien à tirer de l’expérience des pays socialistes.
Contre Marx, Soral défend Proudhon, Bakounine et Sorel, « Une société mutualiste de petits producteurs […] Une société aux antipodes aussi bien du socialisme marxiste-léniniste que du capitalisme bourgeois, tous deux fondés sur la fuite en avant technicienne, l’extrême division du travail et le salariat généralisé au service d’un État-patron (pour le socialisme) et d’un Patron-État (pour le capitalisme), ce qui revient au même…[63] » Soit le socialisme utopique contre le socialisme scientifique. Nous avons vu qu’il repousse l’utilisation de la méthode scientifique pour l’étude des sociétés. C’est la volonté contre la science, les mythes sont censés remplacer les faits, car l’histoire ne serait qu’une construction idéologique de l’élite des vainqueurs, de ceux qui ont le pouvoir. Tous les fascistes sont antimodernes, Mussolini aussi citait Proudhon et Sorel. Les nazis aussi ont flatté la paysannerie et le petit-bourgeois allemand avant de donner tout le pouvoir aux géants industriels.

Sur les fausses solutions fascistes

Le prolétariat est sans volonté propre ; toute tentative d’émancipation est illusoire ; l’exploitation et la division en classes ont toujours existé ; les masses sont toujours manipulées ; il n’est pas possible d’être objectif et scientifique en étudiant l’histoire… Qui donc est servi par un tel discours ?
Aujourd’hui, il n’y aurait plus de danger fasciste ; il y a des élites perverses et des élites vertueuses ; il y a des bons et des mauvais capitalistes ; ce qu’il nous faut c’est un État fort ; nous devons tous nous rassembler derrière la bannière tricolore… Quelle classe un tel programme défend-il ? Oui, c’est vrai, le fascisme s’est toujours posé en alternative au libéralisme. Mais il n’ambitionne nullement la fin de l’exploitation capitaliste.
L’impérialisme allemand et français est provisoirement allié à l’impérialisme américain pour faire face à la montée en puissance de la Chine, perçue comme une menace contre l’hégémonie étasunienne. Certains fascistes comme Soral estiment que l’Allemagne et la France doivent se détacher du lien atlantique et se constituer en superpuissance : c’était le projet de De Gaulle. Une telle option ne pourra se faire qu’au prix de lourds sacrifices payés par les travailleurs. Mais cela importe peu aux fascistes comme Soral, seule compte la grandeur de la France des capitalistes.
Les fascistes ont toujours vendu leurs services aux capitalistes, prétendant qu’ils étaient plus efficaces que les partis démocratiques pour mater le mouvement ouvrier : « J’aime Le Pen pour ça […] Ce sont encore des hommes […] toutes ces merdes du système UMPS […] J’aimerais bien voir le jour où ça va péter dans la rue, comment ils vont se comporter […] moi je suis prêt déjà à ça, pas eux[64]. » Alors que de grandes luttes sociales s’annoncent pour contrer l’austérité voulue par l’Europe des patrons, Soral et ses semblables sentent que leur temps est venu.
La réponse de la vraie gauche à la crise générale du capitalisme qui s’abat contre le monde du travail doit combattre le fatalisme entretenu par les médias bourgeois. Les soi-disant vérités sur les pays socialistes, sur les révolutions et les luttes qui ne changent rien, sur les boucs émissaires de la crise, tout cela est une construction idéologique empruntée par Soral au discours dominant de la bourgeoisie. Il prospère sur le fumier de La barbarie à visage humain de Bernard-Henri Lévy, sur les provocations racistes d’Éric Zemmour, sur le discours au karcher de Sarkozy.
Soral refuse aux opprimés toute initiative propre, toute velléité de sortir de leur condition d’exploités, tout rôle dans l’histoire. Or, Marx a démontré que c’est la lutte des classes qui est un des principaux moteurs de l’histoire. Et les faits ont démontré que les ouvriers étaient capables de prendre leur sort en main : pour sortir les enfants des mines, pour augmenter les salaires, pour ne plus travailler comme des forçats, pour se syndiquer et même prendre le pouvoir et tenter de construire le socialisme en URSS.
« Tout indique qu’un long processus initié au 18e siècle par une oligarchie bancaire mue par l’hybris de la domination approche de son épilogue. Ce Nouvel ordre mondial […] un gouvernement mondial sur les décombres des Nations. Cette oligarchie spoliatrice […] nomade aux procédés sataniques menant le monde à cet “âge sombre” décrit par la Tradition. 2012 : soit la dictature de l’Empire ou le début du soulèvement des peuples. La gouvernance globale ou la révolte des nations[65]. » 2012, échéance de l’élection présidentielle en France, voilà le moment où tout peut basculer. Les capitalistes n’ont qu’à bien se tenir, ils en tremblent déjà…
« Révolte des nations » contre l’ « Empire de la Banque » ? Ce qui se cache derrière cette fumisterie, c’est le projet fasciste de restaurer la « grandeur » de la France, alliée à l’Allemagne pour défier les États-Unis et soumettre les pays du tiers monde. Ce projet impérialiste sert les intérêts du grand capital français et leur propose la constitution d’un État fort et militariste sur les ruines de la sécurité sociale. Les travailleurs n’ont rien à gagner à suivre un tel programme. C’est ici qu’il faut être clair sur ce que l’on veut : soutenir l’impérialisme européen contre l’impérialisme américain ? Ou soutenir les luttes des travailleurs et des peuples opprimés contre tous les impérialismes ?
Ne laissons pas des Soral falsifier encore plus l’histoire que la bourgeoisie ne l’a déjà fait. La constitution d’un large front anticapitaliste et antifasciste nécessite pour être efficace que les organisations ouvrières en prennent la tête. Cela passe aussi par la lutte idéologique contre la pensée unique et contre cette fausse alternative qu’est le fascisme, car elle est le plan B de la bourgeoisie pour soumettre par la force le mouvement ouvrier. Si elle s’imagine qu’on va la laisser faire…

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Jardinier    14

Bon, précisons que pour la 2ème citation ci-dessus notamment, celle-ci expose des considérations politiques dont la portée dépasse la seule analyse critique du personnage Alain Soral et de ses opinions. Il n'en reste pas moins que celui-ci est bien entre autres un idéologue et un activiste au service d'un projet politique, et même si elle émane d'un courant politique adverse, l'analyse dudit projet que comporte la communication en question m'a semblé assez objective et éclairante pour la citer.

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Jardinier    14

Olivier,

Salut Jibrail


Cf. ce que tu as écrit le 10 mai 2010 ci-dessus

> Etienne de Harven et Jean-Claude Roussez ont en effet choisi d'accepter une bien singulière

> tribune : celle d'Alain Soral,...

> Le nom d'Alain Soral trône désormais sur la première page de Rethinking Aids.

à lire absolument sous nouveau livre:

Comprendre l'Empire (Alain Soral)

Je viens de répondre, ci-dessus, à ton injonction enthousiaste de lire toutes affaires cessantes le bouquin de Soral.

Je voudrais juste ajouter un nota bene à propos de ce que tu rappelles à Jibrail en souvenir de son post du 10 mai 2010. Voici en effet un extrait d'un courriel d'explication qu'Etienne de Harven m'avait adressé le 1 août 2010 et que je me permets de reproduire. Dans ce courriel, il se disait blessé de l'intervention à ses yeux inappropriée de Jibrail sur le forum, mais il m'écrivait aussi :

"Il est exact qu'un certain George Marc m'avait invité pour une ITV au début de l'année, au nom de cette association "Egalité et Réconciliation". J'ai exploré sur le NET cette association, et quand j'ai compris qu'ils étaient tout-à-fait FN, j'ai aussitôt refusé leur invitation. Lorsqu'une autre invitation fut transmise à Roussez de la part de No-Name TV, je n'avais, pas plus que Roussez, strictement aucune raison de penser qu'il y avait un quelconque rapport avec Soral !"

Libre à chacun de conjecturer et de tirer les conclusions de cette déclaration.

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Jardinier    14

Post-scriptum :

Sur cette page http://www.sidasante.com/forum/index.php?/topic/17315-liens-sidasante-sur-le-site-de-soral/#entry315110 , où je viens d'insérer un nouveau post contenant une info importante, j'avais écrit aussi, à propos de la façon dont Soral s'est accaparé les interviews de De Harven et Roussez (y compris celle publiée initialement, plus récemment, sur le blog "Le Libre Penseur"), j'avais écrit, et je le maintiens :

c'est parfaitement nauséabond dans le registre de la manipulation d'opinion d'inspiration crypto-nazie

Si vous ne voulez toujours pas voir de quoi je parle, sachez que ces temps-ci, Soral se revendique textuellement sur son site comme "nationaliste de gauche" - donc national-socialiste, non ?!

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Erudit    0

Bonsoir, Jardinier,

Je suis Soral depuis quelques années, déjà, sur d'autres domaines que le SIDA ; tout ne me plaît pas chez lui ; je me suis moi-même

posé la question de savoir quoi penser du personnage...

Il me semble qu'il s'est longtemps cherché ; puis, depuis un peu plus d'un an, s'est trouvé.



"Nationaliste de gauche" ne signifie pas du tout National-Socialiste.

Le Socialisme est un modèle crée par le monde libéral (donc capitaliste) de toute pièce. Hollande, Sarkozy... font partis de la même enseigne,

et répondent aux mêmes technocrates oligarques qui nous gouvernent.

Je dirais même que les représentants du Front de Gauche, de même. Seuls les partisans du Front de gauche sont de gauches, bien

que la plupart tiennent encore à l'élection...

Il faudra en finir avec l'élection ; il faudra cesser de prôner ce système politique ; nous resterons toujours esclaves de quelques uns, ainsi.

Les partis politiques, dans leur ensemble, prônent l'élection ; et si vous êtes du FN, désolé de vous dire, que Marine aussi le prône.


Il faut casser les partis ; et le peuple sera réuni, non plus divisé. Qui plus est, une politique nationale est stupide. Une politique locale

est plus stable, plus petite, plus facile à gérer par de simples citoyens que nous sommes ; c'est être responsable.

Et je tiens à être responsable. Il n'y a que le petit peuple que nous sommes qui puissent faire ce qu'il y a de mieux pour lui-même.
Il faut cesser de désigner des représentants qui, baignant dans leur seul monde qui est la finance et le pouvoir, nous trahiront toujours.

Vous le constaterez par vous-même, et à 80 ans, vous ouvrirez peut-être les yeux, pour ceux qui sont encore très attachés au model

politique, qui prétend être "démocratique".


Je vous rediriges vers Alain, Propos sur les Pouvoirs ; Robert Michels, les Partis Politiques ; Etienne Chouard.




Il n'y a pas que le SIDA qui est une escroquerie. Mais vous comprendriez peut-être mieux pourquoi l'escroquerie du SIDA est en place.


Soral est donc de gauche, mais une gauche qui n'est pas représentée par nos médias. Et puis, il a des valeurs de De Gaulle ; une droite qui

n'est plus représentée non plus.

De Gaulle, même si je sais qu'il n'a pas été brillant partout, a été un résistant, face à l'oligarchie anglo-saxonne. Mais, il n'aura pas

tenu longtemps ; et Pompidou et Giscard sont des voyous ; en fait, tous après Mai 68. Sans exception.



Je pense que notre impuissance politique répond d'une escroquerie, qui date depuis très longtemps.

Et par cela même, des escroqueries comme le VIH/SIDA, il y en a d'autres aussi.

Posez-vous la question, qui gouverne notre Santé ?

Inévitablement, les lobbys sont derrière tout ça ; et nos politiciens ne font qu'appliquer gentiment ce que

les lobbys leurs disent.


Je pense, dans un premier temps, qu'ils n'en ont rien à tricoter des populations. La faim dans le monde, qui est plus

simple a enrayé que le SIDA, ne l'est pas ; Mieux encore, les grosses compagnies de boissons s'approprient les ressources

naturelles en eau potable des pays, dont les populations n'ont déjà pas grand chose...


Mais où est l'ordre des priorités ???

Enfin ! C'est du délire total ! Où sont les priorités ?

De superbes évènements pour éradiquer le VIH/SIDA, et rien pour la faim !

Comme dit Nabilla, "non mais allo, quoi ?". :)




A priori, Aixur a très bien répondu sur l'autre poste que tu proposes ci-dessus, quant aux inquiétudes que l'on peut avoir l’accaparement des interviews.

Je suis du même avis que lui ; ne soyons pas inquiets pour cela. Au contraire, tant qu'il y a propagande (= propagation d'informations, au sens premier du terme,

pas au sens péjoratif, qui lui a été donné) sur des éléments soulevés, c'est tant mieux, et c'est très important.


Il faut propager au mieux de telles choses ; c'est une manière aussi d'avoir encore plus de chance, pour voir un débat national.

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Jardinier    14

Si tu regardes le dernier message que j'ai posté ici : http://www.sidasante.com/forum/index.php?/topic/17315-liens-sidasante-sur-le-site-de-soral/ , ce que j'y déplore, c'est que Soral, en mettant sur son site la vidéo de Kémi Séba, prouve qu'il n'est pas cohérent par rapport à la démarche des dissidents scientifiques du sida. En effet, les partisans de la thèse du virus fabriqué entérinent fortement celle de l'existence du virus, alors que précisément les dissidents scientifiques n'ont cessé de montrer qu'à y regarder de près elle ne tient pas et constitue une vaste imposture.

Quant à Soral, au-delà de toutes ses désinformations, de toutes ses manipulations, de tous ses faux masques et de ses facéties venimeuses, il ne travaille qu'à la réhabilitation d'un fascisme à la française que l'épisode de Vichy a définitivement discrédité devant l'Histoire. C'est un voyou qui trimballe et propage une psychopathologie très dangereuse. Il brouille les pistes à loisir, encore que, il fait quand même preuve systématiquement d'une grossièreté évidente, mais de toute façon son but et sa philosophie du social et du politique sont très clairs dès qu'on cherche à comprendre. Que ce soit au niveau des références politiques qu'il brandit et promeut ou au niveau des méthodes qu'il emploie, il est autoritariste, réactionnaire, et tout sauf démocrate, que ce soit au sens d'Etienne Chouard ou de qui que ce soit d'autre.

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Erudit    0

Oui, j'ai lu ton billet...


Je ne sais pas trop quoi en penser, ensuite... Il me semble qu'il a posté les vidéos, parce qu'il les trouvait intéressantes, je suppose ;

il n'a pas laissé de message, non plus, comme il peut le faire, la plupart du temps.

Je reste sur l'idée que tout message dissident doit être propager comme on le peut ; je le vois plutôt ainsi.


Il n'a pas fait de vidéo qui met en lien ces deux vidéos, ni de billet...

Donc bon, je ne sais pas si ça signifie quelque chose qui soit important.


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Jardinier    14

AIXUR, JIBRAIL, TOUS,

VU LA TENEUR POLITICO-IDEOLOGIQUE PROFONDEMENT EQUIVOQUE DES SITES EGALITE ET RECONCILIATION, KONTRE-KULTURE, ETC, JE SOUHAITERAIS SAVOIR SI QUELQU'UN DE SIDASANTE A OU NON DONNE SON ACCORD POUR QUE LE SITE FIGURE DANS LES LISTES DES SITES AMIS SUR CEUX D'ALAIN SORAL. IL ME SEMBLE TRES IMPORTANT QUE SIDASANTE S'EN DISSOCIE AU MOINS A CE NIVEAU LA.

Merci pour vos réponses.

Voici quelques appréciations qu'on peut trouver sur la politique marketing de Kontre-Kulture et diverses questions annexes :

http://www.jeuxvideo.com/forums/1-51-38262520-1-0-1-0-l-escoquerie-kontre-kulture.htm

Un avertissement en page d'ouverture du site Sidasanté.com et de ce forum devrait à mon avis signaler que l'utilisation de vidéos et documents émanant de la dissidence du sida par Egalité & Réconciliation est indépendante de la volonté des responsables de Sidasanté.



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Jardinier    14

Devinez qui est l'avocat qui a ouvert le premier compte en Suisse de Cahuzac, en 1992 (d'après Le Monde du 3-4-2013) :

"Philippe Péninque, 60 ans, n'est pas un inconnu pour ceux qui suivent les affaires de l'extrême droite. Cet ex-membre du GUD, un syndicat étudiant d'extrême droite radicale, connu pour sa violence, est aussi ancien membre fondateur d'Egalité et réconciliation. Il fait aujourd'hui partie des conseillers officieux de Marine Le Pen. En 2007, il avait réalisé l'audit du Front national."
http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/03/un-proche-de-marine-le-pen-a-ouvert-le-compte-de-m-cahuzac-chez-ubs-en-1992_3153137_823448.html

Et aussi :
"Si l'histoire du compte non déclaré de Jérôme Cahuzac est un lourd secret, c'est parce qu'elle est avant tout une histoire de famille inavouable. Celle de Jérôme Cahuzac, ou plus exactement de son ex-femme. Patricia Cahuzac est en effet la cousine de la femme d'un avocat parisien, Jean-Pierre Eymié.
Ce dernier est installé rue Marbeuf, dans le 8e arrondissement de Paris. Il porte au sein d'un petit cercle le surnom de "Johnny le boxeur". C'est un ancien du GUD, l'organisation étudiante d'extrême droite radicale réputée pour ses méthodes musclées. M. Eymié est associé au sein de son cabinet avec un autre avocat, lui aussi ex-"gudard", Philippe Peninque, l'homme qui a ouvert le compte de Jérôme Cahuzac à UBS en 1992. Et qui est aujourd'hui conseiller proche de Marine Le Pen.
"L'ARGENT ALLAIT ENSUITE SUR UN COMPTE UBS"
Peninque et Eymié sont les grands amis de celui qui est alors chirurgien de profession, et pas encore ministre du budget de François Hollande. La petite bande se retrouve régulièrement depuis la fac, autour d'un golf, à Vaucresson ou à la Baule. Ou encore dans la jolie maison du cap Benat, près du Lavandou, dans le Var, chez les Eymié. Jerôme Cahuzac se met à la boxe et au vélo, comme ses deux amis. "Tout cela forme une petite fratrie très familiale", racontait un proche ces derniers jours.
Jérôme Cahuzac fraye alors en plein "Gud business". Une bande virile, un univers clos, où on ne fait des affaires que dans l'entre-soi. Eymié et Peninque jouent les "rabatteurs". Le premier adresse des clients au spécialiste des implants capillaires. Le second, grand manitou des activités du clan, s'occupe, lui, de l'argent et des affaires.
C'est ensemble que cette petite bande décide d'investir dans des mines au Pérou via une SCI nommée La Rumine, fondée par un autre "gudard", Lionel Queudot et sa femme. Ce dernier a expliqué à ses amis qu'il y avait de l'argent à faire, "dix à quinze fois la mise", selon un témoin de l'époque.
Plusieurs opérations sont réalisées, dont la dernière vire au fiasco. Le gouvernement péruvien met le holà. Plusieurs investisseurs perdent sèchement leur mise. Jérôme Cahuzac, lui, a déjà une petite aura. Il fera partie des clients chanceux qui auraient été remboursés par Lionel Queudot, expliquait il y a quelques jours au Monde un financier, assurant que "l'argent allait ensuite sur un compte UBS".
On a, depuis, beaucoup entendu parler de Lionel Queudot, en raison notamment du rôle qu'il a joué dans la délivrance en 1998, d'un vrai-faux passeport à Alfred Sirven, l'ancien "numéro deux" de la société pétrolière Elf. Curieusement, de l'argent de M. Sirven avait transité sur certains comptes de M. Queudot, découvrent à l'époque le juge genevois Paul Perraudin et son homologue parisien Renaud van Ruymbeke. Celui-là même qui, aujourd'hui, est chargé de l'affaire Cahuzac."
http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/03/les-liens-inavouables-de-cahuzac-avec-les-gudards-de-marine-le-pen_3153182_823448.html

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