SIDA : maladie et médicaments
Drugs, disease, denial. C Farber. NewYork Press 2005 ; 18(25).
Il est actuellement impossible de savoir si les antirétroviraux utilisés contre le VIH « sauvent des vies » comme le clame les orthodoxes du SIDA, ou « tuent les malades » comme l’affirment les dissidents du SIDA. Ne serait-ce qu’à cause des problèmes de langage autour du SIDA. Un exemple de ces problèmes de langage : on peut difficilement dire que ces produits sauvent des vies ; tout au plus peut-on dire qu’ils peuvent la prolonger.
Il semble indiscutablement que ces produits puissent avoir un impact favorable chez certaines personnes. R Giraldo, un expert en pathologies infectieuses spécialisé dans les maladies tropicales, et qui a eu l’occasion de traiter de nombreuses personnes souffrant de SIDA dans le monde entier, a constaté qu’ils pouvaient parfois faire des miracles chez des personnes sévèrement immunodéprimées. Il attribue cet impact aux composantes anti-oxydantes, antivirales et antibactériennes de ces produits. D’après son expérience sur le terrain, le SIDA survient chez les personnes qui souffrent de carences nutritionnelles majeures, et il estime que restaurer le statut immunitaire permet d’inverser le cours de la maladie. Il pense que les inhibiteurs des protéases peuvent être utiles. L’AZT était très toxique, et R Giraldo estime qu’il était inutile. Les inhibiteurs des protéases sont très toxiques également, mais s’ils sont mortels à long terme, ils jouent le rôle d’anti-oxydants à court terme ; ils ont également un impact antibactérien. Giraldo a écrit de nombreux articles sur le traitement nutritionnel des dépressions immunitaires sévères, allié à la prise d’antibiotiques et autres produits en fonction des pathologies présentées par les patients.
Les 26 antirétroviraux qui sont actuellement sur le marché sont potentiellement tous mortels d’après les laboratoires pharmaceutiques qui les commercialisent. Ils induisent des effets secondaires sérieux : troubles métaboliques, insuffisances cardiaques, hépatiques, rénales ; ils sont à l’origine d’au moins autant de décès que le SIDA lui-même, d’après une étude publiée en 2002, et une étude publiée en 2004 faisait état d’un risque de complications potentiellement mortelles liées au traitement 2 fois plus élevé que le risque de décès lié au SIDA. Or, les décès sont enregistrés comme des décès liés au SIDA, y compris lorsqu’ils sont induits par le traitement ; en réalité, les traitements sont au moins aussi « efficaces » que le SIDA pour tuer les malades.
Toutes les statistiques optimistes sur les succès des traitements antirétroviraux du SIDA devraient être mesurés à un phénomène qui n’est à peu près jamais mis en compte : celui des personnes, en nombre inconnu, qui sont séropositives depuis des années, et qui sont en bonne santé et ne prennent aucun traitement. Mais cela risque de soulever la question de quels sont exactement les rapports entre le VIH et le SIDA. Les « orthodoxes » affirment que le VIH et lui seul provoque le VIH, et qu’il est donc capital de se focaliser sur la lutte contre le VIH. Les « dissidents » pensent que le SIDA a des causes multiples, et que l’on peut agir sur plusieurs fronts pour lutter contre la maladie (arrêt des toxicomanies, traitement de la malnutrition, en particulier dans les pays en voie de développement, traitement adapté des infections opportunistes…).
Le VIH est un rétrovirus, à savoir un virus d’une classe dont personne ne pensait qu’elle pouvait avoir un quelconque pouvoir pathogène avant 1984. Et qui se souvient actuellement que les premiers cas de SIDA rapportés dans la littérature médicale portaient sur quelques hommes qui étaient homosexuels, mais qui étaient également toxicomanes, dont certains étaient sans domicile fixe, et qui souffraient de diverses pathologies infectieuses courantes chez les toxicomanes ? Etant donné les caractéristiques de ces cas, il est difficile de comprendre pourquoi les hypothèses fondées sur les causes environnementales (toxicomanies, marginalisation…) ont été aussi rapidement abandonnée au bénéfice d’une cause uniquement virale.
Toute personne remettant en cause les affirmations actuelles concernant le VIH/SIDA sont qualifiées de « criminellement irresponsables », y compris lorsque la contestation est le fait de scientifiques hautement qualifiés. Pourtant, le débat contradictoire a toujours permis de faire avancer la science, et, en matière médicale, de nombreuses hypothèses se sont avérées être fausses avec le temps. En 1984, on estimait qu’une personne séropositive pour le VIH allait mourir dans les 12 à 24 mois. Maintenant, les mêmes spécialistes disent qu’il s’écoule en moyenne 10 à 15 ans avant que la personne décède (sans parler des « survivants à long terme » dont on suppose qu’ils doivent avoir des particularités génétiques leur permettant de résister au virus). Lorsque l’AZT a commencé à être utilisé, on clamait qu’il allait sauver les malades ; or, peu de personnes ont survécu à une année de traitement (un spécialiste allemand du SIDA, K Koehnlein, a dit qu’on avait malheureusement tué toute une génération de patients séropositifs avec l’AZT). Des gens meurent. Il serait beaucoup plus utile d’étudier toutes les hypothèses susceptibles de permettre de lutter contre la maladie que de s’accrocher à une hypothèse unique en refusant d’examiner toutes les autres possibilités.
Traduction : FR